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Le réseau OphDiaT récompensé par le Prix du manager public de l’année 2012
Le réseau OphDiaT récompensé par le Prix du manager public de l'année 2012
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21 mars 2012
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Le Webzine de l'AP-HP, 323 articles (AP-HP)

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Le réseau OphDiaT récompensé par le Prix du manager public de l’année 2012

Le réseau OphDiaT récompensé par le Prix du manager public de l'année 2012

Le jeudi 8 mars 2012, le Pr Pascale Massin, chef du service d’ophtalmologie du groupe hospitalier Saint-Louis – Lariboisière – Fernand-Widal et le Dr Agnès Chabouis, responsable de la télémédecine à la direction de la politique médicale de l’AP-HP, ont reçu le Prix du manager public de l’année pour le réseau OphDiaT. L’occasion de revenir sur ce réseau de télémédecine dédié au dépistage de la rétinopathie diabétique, une complication oculaire du diabète pouvant entraîner la cécité. Près de 15 000 dépistages ont été réalisés en 2011.

Le 8 mars 2012, le Pr Pascale Massin et le Dr Agnès Chabouis, respectivement responsable et coordinatrice du réseau OphDiaT (Ophtamologie Diabète Télémédecine), se sont vu remettre le Prix du manager publicde l’année, catégorie Établissements de santé, par deux membres du jury, Rose-Marie Van Lerberghe, membre du conseil supérieur de la magistrature, et Alain Hériaud, président de la conférence des directeurs généraux de CHU. Cet événement annuel, organisé par Bearing Point et la Direction générale de la modernisation de l’État, récompense les projets innovants de modernisation du service public.

« Nous espérons que ce prix permettra de faire connaitre le réseau et son organisation », affirment le Pr Massin et le Dr Chabouis. Le réseau OphDiaT est un réseau de télémédecine pour le dépistage de la rétinopathie diabétique. Cette pathologie est une complication oculaire du diabète qui peut conduire à la malvoyance voire la cécité si elle n’est pas prise en charge. « Il s’agit d’une maladie qui est asymptomatique avant que les complications ne surviennent, d’où l’intérêt d’un dépistage régulier de tous les patients diabétiques de façon à la diagnostiquer au moment où la vue est encore normale. D’autant plus que les traitements comme la chirurgie au laser sont extrêmement efficaces », explique le Pr Pascale Massin.

Cependant, alors que les recommandations médicales préconisent d’effectuer un fond d’œil par an, un certain nombre d’obstacles fait que la réalité est toute autre : le grand nombre de diabétiques pour des ophtalmologistes pas assez nombreux, la difficulté d’accès aux soins, le manque de sensibilisation auprès des patients… De plus, l’examen du fond d’œil nécessite une dilatation de la pupille, ce qui empêche de travailler et de conduire pendant quelques heures.

Le réseau OphDiaT a été développé dès les années 2000 par l’AP-HP pour répondre à ces enjeux. Actuellement, il est composé de 33 sites de dépistage (hôpitaux AP-HP et hors AP-HP, centres de santé…) qui disposent d’appareils ne nécessitant pas de dilatation pupillaire, des rétinographes non mydriatiques. « L’idée est de réaliser non pas un examen ophtalmologique par un ophtalmologiste, mais une prise de vue du fond d’œil par un orthoptiste ou un infirmier », indique le Pr Massin. La photographie et les données médicales et administratives du patient sont alors envoyées à un centre de lecture virtuel grâce à un accès Internet sécurisé. Le centre de lecture, dirigé par le Dr Ali Erginay, est composé de neuf ophtalmologistes qui peuvent accéder au serveur depuis n’importe quel ordinateur. Ils gèrent à tour de rôle, par demi-journée, la réception des dossiers et renvoient un compte-rendu avec leur diagnostic au site de dépistage concerné, qui se charge alors d’informer le patient et son ophtalmologiste référent des résultats. « En une matinée, un ophtalmologiste peut ainsi voir 45 dossiers contre 12 sans la télémédecine », déclare le Dr Chabouis. « Plus de 90 % des dossiers sont traités en moins de 48 heures », ajoute le Pr Massin.

Autre avantage, le site de dépistage est souvent implanté au sein du service de diabétologie, ainsi le dépistage se fait dans la continuité du bilan diabétique et le patient n’a pas besoin d’attendre trois heures dans le service d’ophtalmologie », précise le Dr Chabouis. Le patient bénéficie donc d’un dépistage rapide, non contraignant et d’une technique très performante, alors que du temps médical est libéré pour les ophtalmologistes. Effectivement, grâce au réseau, ceux-ci ne reçoivent en consultation que les patients qui présentent une rétinopathie diabétique, soit 25,6 % des dépistés en 2011.

Afin de veiller au bon déroulement du réseau, des procédures d’assurance-qualité ont été mises en place dont le but est notamment d’assurer que le taux de clichés non interprétables reste faible. Par ailleurs, tous les professionnels ont été préalablement formés. L’orthoptiste Nathalie Robert se charge de la formation des orthoptistes et des infirmiers à l’utilisation des rétinographes alors que le Dr Erginay forme les ophtalmologistes à la lecture.

En 2011, 14 477 dépistages ont été réalisés au sein du réseau OphDiaT. Une évaluation dans quatre services de diabétologie a montré que le taux de dépistage est passé de 50 % avant OphDiaT à 73 % un an après sa mise en place.

Actuellement, le développement du réseau est freiné par l’impossibilité d’intégrer des ophtalmologistes libéraux au centre de lecture. En effet, ce type d’organisation n’entrant pas dans la liste de la Classification commune des actes médicaux (CCAM), l’Assurance maladie ne permet pas à ces ophtalmologistes de facturer leurs actes et ils ne peuvent donc pas participer au réseau. Dans ces conditions, il est difficile d’augmenter le nombre d’ophtalmologistes lecteurs et donc d’accueillir de nouveaux sites de dépistage au sein du réseau OphDiaT. « On a mis en place un réseau qui fonctionne, qui est utile et qui a le soutien de la Haute autorité de santé, cependant pour pouvoir étendre le réseau, on manque de soutien de la part des pouvoirs publics », conclut le Pr Massin

Charlène Catalifaud
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Mots-clés :
Opthtalmologie