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Le Distilbène serait nocif sur trois générations
Le Distilbène serait nocif sur trois générations
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5 avril 2011 | 1 commentaires
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Patrick Rollo, 495 articles (Rédacteur)

Patrick Rollo

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Le Distilbène serait nocif sur trois générations

Le Distilbène serait nocif sur trois générations

Selon une étude épidémiologique présentée le 4 avril dernier à Montpellier, les petits-enfants des femmes traitées avec du Distilène, une hormone de synthèse interdite en 1977, seraient jusqu’à 50 fois plus exposés au risque de malformations du pénis. Le problème est loin d’être anecdotique puisque, rien qu’en France, 200 000 mères auraient été traitées durant trois décennies par le médicament avant son retrait.

L’équipe du CHRU Lapayronie à Montpellier a dévoilé, le 4 avril dernier, sa dernière étude portant sur les effets du Distilbène sur les garçons in utero. Les conclusions s’apparentent à un véritable problème de santé publique, puisque non seulement les fils (comme on le savait déjà) mais également les petits-fils des mères traitées développeraient davantage de risques de malformations génitales que les autres garçons. Prescrit de 1948 à 1976, le Distilbène (DES) est un œstrogène de synthèse présenté sous forme de comprimé rose ou vert et destiné à prévenir les fausses couches.

En 1953, déjà, une étude clinique américaine aurait montré le peu d’efficacité de ce médicament, qui « favoriserait en outre les accouchements prématurés ». Dans le doute, on a continué à prescrire. Et il aura fallu attendre que les filles des mères qui ont pris du Distilbène développent certaines formes de cancer et des malformations de l’appareil génital pour que le produit soit retiré. Et voilà que cette année le professeur Charles Sultan, à la tête du service d’endocrinologie pédiatrique du CHU de Montpellier, affirme que le DES affecterait les petits garçons des femmes traitées. Ces derniers seraient exposés au risque d’hypospadias dans des proportions 30 à 50 fois supérieures à la moyenne des garçons.

L’hypospadias est, comme le précise aufeminin.com, « une malformation congénitale de l’urètre, dont l'orifice se trouve anormalement sur la face inférieure du pénis au lieu de son extrémité ». Elle nécessite une intervention chirurgicale lorsque l’enfant a un an. Selon Nicolas Kalfa, chirurgien pédiatre, la fréquence de cette malformation, de 0,2 % dans la population, grimperait jusqu’à 8,2 % chez les garçons issus de grands-mères traitées au DES. Mais ce n’est pas tout. Les auteurs de l’étude ont révélé au Parisien que le Distilbène « serait également à l’origine de schizophrénies et de troubles suicidaires ».
 

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par Réseau DES France (IP:xxx.xx6.193.124) le 8 avril 2011 a 10H41
Réseau DES France (Visiteur)

3ème génération Distilbène®* : une mise au point A la suite d’informations récentes dans la presse nous avons reçu de nombreuses questions qui nous amènent à faire le point sur ce sujet.

1 L’augmentation du nombre d’hypospadias (ouverture de l’orifice urinaire sous la verge et non à l’extrémité) chez les « petits fils DES » nés de femmes exposées au DES in utero est déjà bien connue, puisque rapportée dans 5 études depuis 2002.

2 Cette anomalie bénigne est évidente dès la naissance et se traite par une intervention chirurgicale.

3 Une mise à jour sur les conséquences de l’exposition au DES a été faite lors du colloque qui s’est tenu à Paris le 19 novembre 2010, sur les trois générations : mères, fils et filles, et petits-enfants (y compris les risques d’hypospadias).

4 Cela a été l’occasion de publier un ouvrage, diffusé par les éditions Vigot-Maloine, dont nous vous proposons aujourd’hui de télécharger deux chapitres : le Dr Epelboin a rédigé celui consacré à la 3ème génération, le Pr Fénichel celui à la recherche.

5 Le point principal à garder en mémoire est que, les éléments connus sont rassurants : les « petits-enfants DES » ne sont pas touchés de la même manière que les « filles DES », ni en termes de gravité, ni en termes de fréquence, comme vous pourrez le lire sur notre site.

Réseau D.E.S. France s’est engagé à diffuser une information juste, complète, sans inquiéter plus que de raison. Pour cela, l’association s’est dotée dès 1999 d’un Conseil Scientifique. www.des-france.org