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La santé publique est-elle sacrifiée par nos élites ?
La santé publique est-elle sacrifiée par nos élites ?
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15 mars 2013 | 4 commentaires
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raisonsanté, 5 articles (Rédacteur)

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La santé publique est-elle sacrifiée par nos élites ?

La santé publique est-elle sacrifiée par nos élites ?

Multiplication des scandales sanitaires, logique mercantile des laboratoires décriée… Des statines au tristement célèbre Mediator en passant par des plans de licenciements, le secteur pharmaceutique vit des heures difficiles. Derrière chaque nouvelle reprise en boucle à défaut d’être analysée avec calme et rigueur intellectuelle par les médias, se cachent 100 000 personnes qui sont le fer de lance d’un fleuron de l’industrie française. Un fleuron en danger…

Véritable atout d’une balance commerciale française bien mal en point, l’industrie du médicament connaît un excédent commercial d’environ 25 milliards d’euros par an. Malgré un chiffre d’affaires évalué à 51 milliards d’euros et le fait que ce secteur soit d’une importance stratégique pour un Etat qui se veut réellement fort et indépendant au XXIe siècle, le secteur souffre d’un déficit d’image criant en raison de quelques scandales tragiques mais parfois abusivement passés sous les fourches caudines de médias en quête de sensationnel.

Comme pour les trains, on ne parle jamais de ceux qui arrivent à l’heure et toujours de ceux qui ont du retard. Le monde de la santé n’échappe pas à cette dure règle et les laboratoires sont généralement associés à des médicaments qui ont parfois causé de graves effets secondaires et dans une proportion infinitésimale, (au regard du volume de médicaments administrés chaque année) des décès. Ainsi, le laboratoire Servier sera pour longtemps associé au Mediator quand bien même les autres médicaments développés par l’entreprise permettent de soigner des millions de personnes depuis plusieurs décennies.

Peu importe alors que les principaux laboratoires français et étrangers présents sur le sol de l’hexagone entrent dans une période de turbulences qui peut être très dommageable. Peu importe que des milliers d’emplois aient déjà été supprimés ces derniers mois et que de milliers d’autres ne tiennent qu’à un fil. Des chercheurs obligés de quitter leur laboratoire ? Malheureusement cela se vérifie de plus en plus souvent malgré les efforts réels des groupes pharmaceutiques qui dégagent entre 15% et 20% de leur chiffre d’affaires annuel uniquement pour alimenter la recherche et trouver les médicaments qui soigneront le monde de demain.

L’idée n’est pas de présenter une industrie victime d’une concurrence, notamment asiatique, de plus en plus féroce et de passer sous silence les nombreux reproches qu’on peut légitimement lui adresser (lancement de fausses nouveautés afin de préserver leurs brevets, mise sur le marché parfois trop rapide, une pharmacovigilance en partie inefficace…). Il s’agit uniquement de faire contrepoids à un mainstream idéologique qui pousse à la défiance des malades et présente les laboratoires comme d’horribles capitalistes capables du pire pour quelques euros de plus. Les laboratoires ne sont certes pas des entreprises à vocation philosophique, leur but comme toute entreprise, est de dégager des bénéfices.

Le problème devient alors philosophique. Peut-on gagner de l’argent grâce aux malheurs des gens ? En d’autres termes, la santé est-elle un business comme un autre ? Certains pays où le libéralisme économique est affirmé avec vigueur répondent à cette question par l’affirmative. Le fameux Obama Care est à des années lumières du système de protection sociale français et serait décrié par l’ensemble des Français si un tel dispositif venait à remplacer notre système vieillissant mais auquel nous sommes attachés. La France tend à répondre par la négative à la question de la réelle nature économique du secteur de la santé. Force est toutefois de constater que même si la santé relève d’enjeux différents et vitaux, les entreprises privées sont nécessaires. « L’Etat ne peut pas tout » comme le soulignait Lionel Jospin en 2000, c’est particulièrement vrai dans le domaine des médicaments. L’Etat peut-il se permettre de remplacer les laboratoires et mettre sur la table les milliards engagés chaque année dans la recherche ?

Il est donc indispensable de composer avec des entreprises privées, lesquelles doivent répondre à d’innombrables règles et qui sont encadrées par de multiples autorités de tutelle (ANSM, HAS, CEPS, Ministère des Affaires Sociales et de la Santé…). Parmi ces règles indispensables, nombreuses sont celles qui touchent à la pharmacovigilance. Il s’agit de vérifier que les médicaments commercialisés n’ont pas d’effets secondaires imprévus ou ne portent d’aucune manière à l’intégrité physique des utilisateurs.

Au sein de la longue et complexe chaîne qui assure une pharmacovigilance de grande qualité, les autorités françaises peuvent s’appuyer sur les visiteurs médicaux. Ces derniers sont salariés des groupes pharmaceutiques et sillonnent le pays avec deux missions principales. La première est d’assurer une publicité auprès des médecins et de les convaincre de l’efficacité et de la supériorité de leurs produits face à la concurrence des autres laboratoires. Mais l’Etat entre dans la ronde et oblige les visiteurs médicaux à faire remonter les informations susceptibles d’assurer une pharmacovigilance accrue. Dès qu’un médicament (ses effets ou ses usages) pose un risque, il est signalé et des études approfondies sont alors menées afin de décider ou non de son retrait du marché.

Les visiteurs médicaux ont donc une double casquette qui n’est en rien contradictoire. En effet, vaut-il mieux pour un laboratoire de renoncer à un médicament potentiellement à risque ou de tenter le diable et de faire face à un scandale sanitaire aux retombées d’image et commerciale catastrophiques ? Il est alors curieux de voir la profession de visiteur médical péricliter jusqu’à entrevoir une lente agonie qui mettra les 16 000 employés de ce secteur au chômage. Déjà, la spirale infernale a entraîné la suppression de 8 000 postes depuis 2004. La crise qui touche la France et l’Europe en général n’explique donc pas tout.

L’industrie du médicament accumule les handicaps et risque de perdre rapidement de sa puissance si des évolutions majeures ne sont pas initiées par les pouvoirs publics. Le principal problème réside dans l’environnement politico-économique beaucoup trop mouvant. Les laboratoires n’ont pas de réelle visibilité à moyen et long termes en raison d’une politique pharmaceutique qui change au rythme des gouvernements. Le long terme est essentiel dans une industrie qui nécessite entre 10 et 12 ans de travail pour mettre au point une molécule utilisable et commercialisable.

Une fois cette étape passée, la fiscalité peu avantageuse pénalise fortement les entreprises du médicament avec des taxes élevées et spécifiques à cette industrie. Pas étonnant alors que le gros des effectifs des laboratoires soit menacé à l’image des 900 emplois qui devraient être supprimés d’ici 2015 par le géant français Sanofi. Parmi les victimes, se retrouvent les visiteurs médicaux, victimes d’un environnement économique dégradé et d’une image tronquée qui oublie généralement leur rôle important dans le domaine de la pharmacovigilance.

Syndicats et organismes professionnels travaillent d’arrache-pied afin de transformer cette situation bien peu favorable. On ne peut que se réjouir d'initiatives de groupes tel que le LEEM, qui regroupe les entreprises du médicament et qui milite pour une refonte importe du système. L'appel de son président, Hervé Gisserot, à des Etats Généraux de la santé doit être relayé et entendu par tous les acteurs du secteur. Ce n'est qu'en se posant de vraies questions de fond et en s'attaquant non pas à des professions mais à certains dysfonctionnements que la santé publique en France échappera au sacrifice dont elle est l'objet depuis trop longtemps. La route est longue pour changer la vision des leaders politique mais le chemin doit être parcouru jusqu'à destination : un système de santé efficace et pérenne.

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Commentaires
2 votes
par gérard34 (IP:xxx.xx9.100.16) le 16 mars 2013 a 07H54
gérard34 (Visiteur)

je ne dirait pas sacrifier mais plutôt ruiné serait le terme plus exacte ? pendant des décennies les caisses de sécurité sociales qui aux départ étai prévue uniquement pour la santés , petit a petit ont été utilisé pour bien d’autre chose comme les cures sans compte les soins gratuits , les renflouement d’entreprise en difficulté , ou l ’état lui même qui c’ est servis dans la caisse pour boucher des déficits et bien d’autres chose encore ,ne soyons pas étonner aujourd’hui de cette situation l’état a ruiné la sécurité sociale , mais bien sur c’ est surement de la faute des ouvriers qu’elle idée de ce faire soigné ???

2 votes
par denzo (IP:xxx.xx9.150.51) le 16 mars 2013 a 09H15
denzo (Visiteur)

Vous faites fausse route la santé des Français est sacrifiée par les Français eux-même !!!! A trop ingurgiter de médicaments (Champions du Monde), A croire que tout symptôme a une pilule miracle inoffensive, A ne pas se prendre en "main" :hygiène de vie, manger équilibrer, bouger, A délaisser la vaccination, etc...

1 vote
par tatielily (IP:xxx.xx6.51.52) le 18 mars 2013 a 13H04
tatielily (Visiteur)

avec mes pauvres connaissance en terme de pharmaceutique, cet article me cause un certain embarra car c’est comme si l’on faisant un plaidoyer pour que l’on puisse protéger ces industries qui ne nous veulent pas toujours du bien et qui ne font que de la recherche sur des médicaments chimiques tout en négligeant les produits plus naturels et sans effets secondaires ! nous devons comprendre que même l’OMS, qui parait-il a été crée de toutes pièces par les plus grandes entreprises pharmaceutiques recherche et protège ces mêmes cartels comme l’on a vu avec la fameuse crise du virus H1N1 et qui a couté pas mal d’argent de contribuable et qui finalement nous n’avons pas vu réellement la pandémie tant annoncé et le nombre de victimes n’avait pas dépassé celui des grippes annuelles saisonnières alors à la question de savoir si notre santé est-elle sacrifié par nos élites je dirais que oui tant que l’on ne permettrais pas l’expansion des produits naturels phytosanitaires !

1 vote
par schuss (IP:xxx.xx2.212.103) le 18 mars 2013 a 22H52
schuss (Visiteur)

Vous avez raison ! Des entreprises qui gagnent beaucoup d’argent sur le dos des malades doivent être sanctuarisées afin que les profits qu’elles dégagent ne s’effondrent pas. Vous vous rendez pas compte 25 milliards qui rentrent dans la caisse de l’état chaque année ça se refuse pas ! Comment, les 25 milliards restent dans la poches des actionnaires ? Si les gens consommaient moins de merdicaments peut être que les 25 milliards n’existeraient plus ! Vous vous rendez compte de ce qu’on peut faire avec 25 milliards non dépensés en produits inutiles et dangereux pour la santé. On peut construire des écoles, inventer la voiture électrique, développer l’agriculture biologique, développer la santé sans effet secondaire, bref tout ce qui ne serait pas dépensé dans ces petites pilules toxiques pourrait être investi dans le développement d’une société plus juste. Non décidément les pauvres ne méritent pas qu’on s’intéresse à eux. Ils n’ont qu’ a devenir riches en fraudant l’état, en volant leurs voisins, en produisant des choses inutiles et chères qui remplaceraient les choses gratuites et utiles. En bref ils n’ont qu’à faire comme nous qui sommes devenus riches en spoliant les pauvres, les naïfs, les idéalistes, les rêveurs, les honnêtes gens.