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La pilule, un remède contre le cancer de l’utérus ?
La pilule, un remède contre le cancer de l'utérus ?
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7 août 2015
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Jérôme P, 7 articles (Rédacteur)

Jérôme P

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La pilule, un remède contre le cancer de l’utérus ?

La pilule, un remède contre le cancer de l'utérus ?

Prendre la pilule protège contre le cancer de l’utérus. Une vertu incroyable, révélée par une étude publiée jeudi 6 août, dans la revue The Lancer Oncology Journal. Dans les pays à haut revenu, la prise de la pilule aurait évité à 200.000 femmes un cancer de l’utérus, également appelé cancer de l’endomètre. Pour arriver à ces conclusions, des chercheurs britanniques ont étudié les données de santé d’un panel de 27.000 femmes, résidant dans des pays à haut revenu.

Selon leur étude, en 50 ans, 400.000 cas de cancers sur les 3,4 millions recensés dans ces pays ont été évités grâce à la prise de la pilule, dont 200.000 sur la période 2005-2014. "L’effet protecteur important des contraceptifs oraux contre le cancer de l’endomètre persiste des années après l’arrêt de la pilule", explique le professeur Valérie Beral, de l’Université d’Oxford, qui a coordonné l’étude. La prise de la pilule, seulement pendant quelques années, aurait aussi un effet bénéfique, et se prolongerait bien au-delà de la cinquantaine, âge auquel le cancer apparaît le plus fréquemment.

Dans le détail, la prise d’un contraceptif oral pendant cinq ans réduirait le risque d’avoir un cancer de l’utérus d’environ 25% avant 75 ans, et de 5% s’il est pris pendant 10 ans. Le risque passerait de 2,3 cas pour 100 femmes à 1,3. 

Les auteurs de l'étude affirment également que la réduction du risque n'a pas évolué depuis les années alors même que les dosages en oestrogènes des pilules oestro-progestatives ont fortement baissé à partir des années 1980.

Mais si ces contraceptifs peuvent avoir un effet bénéfique sur le cancer de l'endomètre, ils accroissent le risque de développer certaines maladies cardio-vasculaires (infarctus, accident vasculaire cérébral), rappellent des spécialistes dans un commentaire joint à l'étude.

"Le bénéfice-risque est beaucoup plus favorable pour les formules existantes faiblement dosées en oestrogène, mais le risque de thrombose veineuse (formation de caillots dans les veines) reste plus important chez les femmes qui utilisent des contraceptifs oraux par rapport à celles qui n'en utilisent pas", notent Nicolas Wentzensen et Amy Berrington de Gonzalez de l'Institut de la santé à Bethesda (USA).

Le débat se poursuit également sur les risques accrus de certains cancers qui pourraient être liés à la prise de contraceptifs oraux. En 2005, l'Iarc, l'agence du cancer de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), estimait que la pilule était responsable d'une légère augmentation du risque de cancer du sein, du col de l'utérus et du foie mais avait un effet protecteur contre les cancers de l'ovaire et de l'endomètre.

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