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La pilule : quand sert-elle de médicament ? Pour quelles pathologies ?
La pilule : quand sert-elle de médicament ? Pour quelles pathologies ?
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29 juin 2009
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David Elia, 34 articles (Gynécologue)

David Elia

Gynécologue
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La pilule : quand sert-elle de médicament ? Pour quelles pathologies ?

La pilule : quand sert-elle de médicament ? Pour quelles pathologies ?

La pilule peut aussi se révéler médica­ment et avoir pour ambition de soigner certaines affections gynécologiques. Notons que seules deux indications lui sont officiellement reconnues : la contra­ception bien entendu, mais aussi pour certaines d’entre elles les douleurs de règles. Les indications dont je vais vous parler maintenant ne sont donc pas offi­cielles même si elles sont d’utilisation quotidienne dans l’exercice de la gyné­cologie.

La pilule : quand sert-elle de médicament ? Pour quelles pathologies ?Les ovaires micro-kystiques

Certaines femmes développent, en géné­ral dès la puberté, un ensemble de symp­tômes résultant d’une anomalie de l’ovula­tion : le syndrome des ovaires micropoly­kystiques. Il s’agit de jeunes filles qui n’ont pratiquement jamais leurs règles ou à des intervalles extrêmement longs (1 ou 2 fois dans l’année parfois), une tendance à avoir de l’acné, une hyperpilosité, une sébor­rhée et pour beaucoup d’entre elles un surpoids non expliqué par le mode ali­mentaire. À l’échographie les ovaires sont gros, hérissés de multiples petits kystes de l’ordre de 1 ou 2 cm de diamètre. Les dosages hormonaux montrent une ano­malie de la sécrétion de L.H. (l’ordre de commande hormonale que lance l’hypo­physe aux ovaires afin de déclencher l’ovu­lation au 14e jour du cycle). Les ovaires ne recevant plus d’ordre pré­cis n’ovulent plus ou pratiquement plus (expliquant l’absence ou la rareté des règles), fabriquent trop d’hormones oestro­gènes et d’hormones mâles (expliquant le surpoids, l’acné, l’hyperpilosité, la séborrhée). Viennent s’ajouter à ce tableau de fréquentes douleurs de ventre : les ovaires, parce qu’ils sont gros et parce qu’ils ne parviennent pas à fina­liser une ovulation, provoquent des dou­leurs variables dans leur intensité et dans leur survenue.
 
La pilule est ici la thérapeutique de pre­mier choix : en bloquant les ovaires, elle leur permet de recouvrer un volume nor­mal et stoppe leur fonctionnement anar­chique leur permettant enfin de se « reposer ».
 
L’hyperproduction d’hormones estro­gènes et d’hormones mâles cesse : les signes de virilisation (acné, hyperpilo­sité, séborrhée) diminuent tandis que le poids est moins sollicité à la hausse. Les douleurs de ventre sont annulées. Les règles surviennent, bien entendu, dans chaque intervalle d’arrêt de 7 jours. Dans les cas où les signes de « trop d’hormones mâles » sont présents, le médecin choisit en général la pilule au progestatif « anti­hormones mâles » éventuellement complémentée du progestatif anti­hormones mâles, l’ acétate de cyprotérone.

Les kystes « fonctionnels » de l’ovaire

Parfois, sous l’effet d’un choc, d’une émotion, d’une agression, le cycle se dérègle et en particulier l’activité ova­rienne : un ovaire peut alors développer ce que l’on appelle un kyste fonctionnel. Ces kystes peuvent parfois atteindre un volume considérable de l’ordre de 10 à 15 cm de diamètre. Ils s’accompagnent de symptômes attestant du trouble hor­monal ovarien tels que douleurs de seins, gonflement, ... Ces kystes fonctionnels ne sont pas de vraies tumeurs au sens propre du terme, mais de simples « bulles », bien visibles en échographie, remplies sous tension de liquide. Leur durée de vie est en général éphémère : quelques semaines.
 
La prescription d’une pilule peut accélérer la mise à plat de ce kyste (et surtout empêcher que d’autres se développent dans un contexte émo­tionnel particulièrement favorable). Une ou deux plaquettes de pilules suffisent en général, ce qui sera attesté par l’échogra­phie qui ne retrouvera plus trace du kyste. Dans ce cas, l’arrêt de la pilule (si la contraception n’est pas nécessaire) peut être décidé. Ces kystes fonctionnels sont fréquents et l’on doit toujours ten­ter un traitement test d’épreuve par la pilule avant de se décider à intervenir chirurgicalement. Porter d’emblée le bis­touri sur ces « faux kystes » est une atti­tude injustifiée.

Les douleurs de règles

Certaines femmes ont de telles douleurs, et malaises, pendant leurs règles qu’elles vivent un véritable handicap qui leur portent un préjudice aussi bien social, professionnel que conjugal. L’on comprend que dans ce contexte, même si une contraception n’est pas dési­rée et lorsque tous les autres moyens tra­ditionnels ont échoué (médicaments contre la douleur, antiprostaglandi­niques) la pilule puisse être prescrite dans cette seule indication. Il faut savoir néan­moins que 10 % des femmes conserve­ront quand même des douleurs, cepen­dant parfois de moindre intensité malgré la prise de la pilule.
 
Ce sont pour ces femmes particulière­ment gênées que l’allongement de la durée de prise de la pilule au-delà des 21 jours traditionnels peut être envisagé avec, pour but, de rendre plus rare les épisodes menstruels.
Tous les articles du docteur David Elia sur www.docteurdavidelia.com
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