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La musicothérapie à Robert Debré (AP-HP)
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24 février 2011
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La musicothérapie à Robert Debré (AP-HP)

La musicothérapie à Robert Debré (AP-HP)

A l’hôpital Robert-Debré (AP-HP), le service pédiatrique d’hématologie du professeur André Baruchel accueille des enfants atteints d’hémopathies sévères. Mener à bien leurs traitements exige des conditions d’hospitalisation très contraignantes qui nécessitent un environnement stérile, ou tout du moins aseptisé.

 

 

Enfant hospitalisé

 

Le temps de leur traitement, parfois de plusieurs mois, les enfants restent dans une chambre stérile où seul peut rentrer du matériel propre et qui supporte la désinfection. Aussi, outre la prise en charge médicale, intervient auprès de l’enfant et du parent présent, une équipe socio-pédagogique constituée de deux psychologues, de deux assistantes sociales, d’enseignants et d’une éducatrice formée à la musicothérapie.

A la demande du service, l’éducatrice prend en charge les enfants âgés de quelques mois à trois ans. A cette fin, elle utilise des outils Bébé hospitalisé ©Photothèque numérique AP-HP musicothérapeutiques qui s’intègrent parfaitement dans le cadre des prises en charge éducatives, certes non ordinaires, en raison des conditions hygiéniques du lieu de travail, de l’état physique et psychique l’enfant.

Le travail de l’éducatrice s’oriente sur deux axes dont les objectifs visent :
- à créer un espace physique et psychique qui permet à l’enfant de développer sa créativité, son potentiel ludique malgré les contraintes nécessaires au traitement ;
- à accompagner l’enfant vers un apaisement de ses douleurs physiques et /ou psychiques.

En musicothérapie, c’est le son sous toutes ses formes qui est utilisé pour faciliter ou rétablir la communication dans une situation d’isolement.

Aussi, dans le cadre stérile des chambres d’isolement, l’utilisation de la voix et des sons émis par le matériel déjà présent dans la chambre (le lit, la perfusion…) est un moyen à favoriser. Découvrir les sons qu’émettent les objets permet à l’enfant de s’approprier sa chambre, de se sentir un peu moins en milieu étranger et de détourner l’utilisation première du matériel, ce qui stimule la créativité et le contact. L’usage de la voix favorise une adaptabilité immédiate aux besoins de l’enfant tant au niveau du volume sonore que du contenu mélodique, harmonique, sémantique et rythmique.

Sur le chemin de l’accompagnement à l’apaisement, l’éducatrice module dans un premier temps son expression vocale de manière à rejoindre le mode d’émission de l’enfant. Les pleurs, les geignements, les cris, sont alors compris comme un mode de communication potentiel de l’enfant. Cette mise à niveau de l’adulte envers l’enfant permet à ce dernier de se reconnaître, au niveau sonore, dans l’adulte présent qui se met sur « la même longueur d’onde » que lui. A ce stade, une forme de communication va émerger et évoluer. C’est à ce moment que le musicothérapeute parviendra progressivement à conduire l’enfant vers un apaisement ou une décharge sonore. Ce travail musical se mène avec la voix ou à l’aide d’instruments dont le choix s’avère très important car ils possèdent tous des caractéristiques différentes, tant au point de vue de leur sonorité que de leur texture et des souvenirs auxquels ils font appel.

L’utilisation d’outils musicothérapeutiques contribue donc à favoriser l’éveil et le développement de l’enfant. C’est surtout un moyen de créer un pont entre l’adulte et l’enfant pour lui permettre de se ré-assurer et de soulager la douleur physique et psychique induite par la maladie et l’hospitalisation. Ainsi, grâce à la musicothérapie, le service d’hématologie pédiatrique de l’hôpital Robert Debré tente d’apaiser la douleur des petits enfants hospitalisés.

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Mots-clés :
Enfants Hôpital