Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
La dépendance à l’alcool peut-elle être guérie avec des médicaments ? Non
La dépendance à l'alcool peut-elle être guérie avec des médicaments ? Non
note des lecteurs
date et réactions
16 mars 2011 | 1 commentaires
Auteur de l'article
Frédéric Duval-Levesque, psychopraticien et hypnothérapeute, 156 articles (Psychopraticien certifié)

Frédéric Duval-Levesque, psychopraticien et hypnothérapeute

Psychopraticien certifié
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
156
nombre de commentaires
2
nombre de votes
83

La dépendance à l’alcool peut-elle être guérie avec des médicaments ? Non

La dépendance à l'alcool peut-elle être guérie avec des médicaments ? Non

La dépendance à l’alcool (alcoolisme) peut-elle être traitée avec des médicaments ?

Le site de l’Institut national français de la santé et de la recherche médicale (INSERM) présente les réponses du Pr Aubin (Unité Inserm 669/Groupe hospitalier Emile Roux) lors d’une rencontre débat « Alcool et recherche » organisée par la Mission Alcool Addiction de l’Institut Santé publique (Aviesan), la Mission Inserm Associations et les 6 mouvements d’entraide aux personnes en difficulté avec l’alcool (8 déc. 2010, Paris) :

« Le traitement de la dépendance alcoolique n’est pas obligatoirement médicamenteux,

mais quand il est prescrit, il doit être associé à des changements environnementaux et sociaux.

Les médicaments disponibles sont peu nombreux et d’une efficacité peu satisfaisante.

La psychothérapie cognitive et comportementale a fait ses preuves avec succès

et doit être suivie avec un psychopraticien certifié. »

 

Quels sont les médicaments commercialisés en France ?

  • Esperal (disulfirame) : « agit sur le principe de dissuasion. La consommation d’alcool provoque des réactions désagréables. Les avis sont contrastés sur ce produit même si les études montrent un taux de succès de 56 % (contre 39 % chez les témoins sous placebo) »
  • Aotal (acamprosate) : « n’est efficace que dans la recherche d’abstinence (à 12 mois, succès 27 % contre 13 % sous placebo) »
  • ReVia (naltrexone) : « n’est pas efficace pour la recherche d’abstinence mais est intéressant pour éviter les dérapages vers des consommations à risque (> 3 verres) »

Médicaments en cours d’études cliniques :

  • Naltrexone longue durée (Vivitrol) : « administration par injection mensuelle ; ne sera pas commercialisé en France »
  • Nalmefene : « vise les personnes dépendantes qui ne souhaitent pas être abstinentes »
  • Topiramate (Epitomax) : « est un anti-épileptique à l’étude pour évaluer son intérêt dans la réduction de la consommation »
  • Ondansetron (Zophren) : « vise l’alcoolo-dépendance à début précoce avant l’âge de 25 ans »

Recherche sur le Baclofène :

Le « Baclofène (lioresal) a été mis sur le marché en 1974 pour traiter les contractures musculaires d’origine neurologique à des doses de 30-75 mg/j. Dans l’alcoolisme, des études récentes montrent des résultats contrastés et une toxicité importante à forte dose. Parmi ces études, celle de O. Ameisen qui a publié son expérience personnelle de rémission de son envie de boire grâce à la prise quotidienne d’une dose massive de cette molécule (> 200 mg). Ce livre a mis celle-ci sur la sellette et a suscité des espoirs sans une base scientifique solide. »

Un essai clinique, coordonné par le Pr Michel Detilleux est en projet en France. Il comparera l’efficacité du baclofène à la posologie de 90 mg/j à un placebo dans l’aide au maintien de l’abstinence de personnes alcoolo-dépendantes sevrées bénéficiant par ailleurs d’une prise en charge psycho-sociale.

Frédéric Duval-Levesque, psychopraticien et hypnothérapeute. Mon blog: PSYCHOTHERAPIE - SOUTIEN PSYCHOLOGIQUE - COACHING (à Toulouse)

SOURCES

  • psychomédia.qc.ca, Inserm
Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
En savoir plus sur...
Commentaires
1 vote
par Sylvie Imbert (IP:xxx.xx5.198.28) le 4 septembre 2011 a 13H18
Sylvie Imbert, 5 articles (Rédacteur)

Vous expliquez que la dépendance ne peut pas être guérie par les médicaments, mais de façon claire elle ne peut pas l’être par la psychothérapie cognitive et comportementale ..

Ces thérapies permettent au mieux aux personnes dépendantes de tenir l’abstinence un certain temps. Elles ne guérissent donc en rien la dépendance mais permettent à force d’efforts et de volonté de contourner le problème.

Concernant les propos de M. Aubin :

Les résultats des études sur le baclofène auxquelles M. Aubin fait référence, celles de James Garbut , Giovanni Addolorato et leurs collègues, sont en effet contrastées mais portent toutes sur des faibles doses comprises entre 30mg/jour et 60mg/jour de baclofène et donc probablement insuffisantes.

Olivier Ameisen, dans son « case report » publié en 2005 http://www.baclofene.org/?p=239 explique que, comme le montrent les travaux sur les animaux, le résultat est dose dépendant et que si le baclofène diminue le craving à faible dose, il le supprime à forte dose permettant par conséquent la suppression de la dépendance à l’alcool ; voir également sa dernière publication parue dans Alcohol and Alcoholism Vol. 46, No. 4, p. 503, 2011, « Baclofen : What’s in a Word ? A World of Difference »

M. Aubin oublie de mentionner l’article d’Olivier Ameisen et Renaud de Beaurepaire : Suppression de la dépendance à l’alcool et de la consommation d’alcool par le baclofène à haute dose : http://www.baclofene.org/?p=309 qui fait état d’un suivi à 3 mois d’une centaine de personnes et rapporte que 88% des patients ont totalement arrêté ou significativement diminué leur prise d’alcool et, pour la plupart, sont devenus indifférents à l’alcool.

Il ne parle pas non plus de la thèse de Constance Alexandre-Dubroeucq. Un travail d’un an portant sur 132 patients. Ses conclusions : après mise sous traitement, 80% des patients avaient une consommation d’alcool rentrant dans les normes de l’OMS (consommation maximale de 14 verres d’alcool par semaine pour les femmes et 21 verres d’alcool par semaine pour les hommes). http://www.baclofene.org/?p=298

Je serais curieuse de connaître les références sur lesquelles M. Aubin s’appuie pour affirmer une toxicité importante du baclofène à forte dose. Cette molécule est utilisée depuis 40 ans, et contrairement à la banale aspirine, n’a jamais occasionné le moindre décès en prise orale, y compris lors de tentatives de suicide entreprises avec de très fortes doses. Les conclusions du document publié par les centres antipoison en 2009 : http://www.baclofene.org/?p=785 sont claires : pas de décès en prise orale, aucune complication grave irréversible.

Dernier point, il serait sans doute utile, quand il s’exprime dans les médias, que M. Aubin mentionne les conflits d’intérêt qu’il a dans le domaine de l’alcoolisme. En effet H.J. AUBIN est le coordonateur pour la France de l’étude ESENSE 2 (Laboratoire Lundbeck), une étude qui porte sur le nalmefène et avoue une participation prévue à une étude européenne sur l’oxybate de sodium (laboratoire D&A pharma) : http://www.baclofene.org/?p=1185

Sylvie - Association BACLOFENE - www.baclofene.org - www.baclofene.com