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La biologie médicale, une réforme en profondeur au bénéfice des patients
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15 novembre 2012
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La biologie médicale, une réforme en profondeur au bénéfice des patients

La biologie médicale, une réforme en profondeur au bénéfice des patients

La biologie médicale constitue une discipline cruciale dans le parcours de soins et la prise en charge des patients, déterminante pour le diagnostic et le suivi de la majorité des pathologies et de leur thérapeutique.
Les 57èmes journées internationales de biologie des 7, 8 et 9 novembre sont l’occasion de revenir sur la réforme en profondeur de cette discipline formalisée en 2010 à travers un dossier spécial « La biologie médicale à l’AP-HP » avec le Dr Ballereau, auteur du rapport « pour un projet de réforme de la biologie médicale » et dont l’ordonnance porte aujourd’hui le nom.

Pourquoi les pouvoirs publics ont-ils souhaité réformer la biologie médicale ?

Trente-trois ans après la dernière réforme, la réforme instaurée en janvier 2010 repose sur plusieurs constats tant sur la discipline qu’est la biologie médicale, que sur ses acteurs, les laboratoires.
Un des premiers points est que les laboratoires n’ont pas progressé aussi vite que l’évolution des connaissances scientifiques et techniques l’aurait exigé. En effet, la fiabilité des examens de biologie médicale est un impératif de santé publique et une exigence de l’ensemble des acteurs. Par ailleurs, certains laboratoires n’ont pas une activité suffisante leur permettant de s’adapter aux techniques d’analyses les plus modernes. Enfin, il est temps aujourd’hui de passer de la biologie dite « analytique » qui est plus coûteuse et moins efficace à la biologie pleinement médicale, qui s’attache à la pertinence des examens biologiques pratiqués, à la fiabilité de l’ensemble des phases de ces examens et à l’efficience de la discipline, notamment en maîtrisant les volumes de prescription.

Quelles réponses la réforme apporte t-elle quant à la fiabilité et la qualité des examens ?

Cette réforme est une réforme globale de la discipline. Elle entend d’abord harmoniser les règles de fonctionnement des laboratoires de biologie médicale, hospitaliers et de ville et les soumettre aux mêmes exigences, afin d’offrir un même niveau de fiabilité, quelque soit l’endroit où sont réalisées les examens. Ainsi, afin de garantir la fiabilité des examens, de nouvelles modalités de preuve de la qualité et des conditions de suivi permanent de cette qualité ont été mises en place au travers de l’accréditation obligatoire pour tous les laboratoires de biologie médicale et pour tous les examens de biologie médicale qu’ils réalisent dans un délai de 6 ans (qui pourrait être repoussé à 2018).
La procédure nationale d’accréditation des laboratoires par le Cofrac a été mise en place pour garantir la qualité des examens de biologie médicale. C’est un des outils de vérification de la compétence, de la qualité des pratiques et des résultats, et c’est l’outil majeur de la sécurité des pratiques Elle est déjà une obligation pour tous les laboratoires qui sont inclus dans des travaux de recherche clinique internationaux.

La réforme a redéfini le rôle médical du biologiste. Le biologiste médical, un acteur à part entière de la prise en charge des patients ?

Effectivement, la réforme a réaffirmé toute l’importance du biologiste médical dans le parcours de soins du patient. Les connaissances et les techniques en biologie médicale évoluant très rapidement, nous avons souhaité renforcer les conditions de dialogue entre biologistes médicaux et les cliniciens.
Cette collaboration accrue intervient en amont pour le choix et la pertinence des examens à pratiquer, et en aval pour garantir une analyse et une interprétation des résultats la plus fiable possible. Tout biologiste doit avoir accès à l’ensemble du dossier médical. Cette plus forte implication du biologiste dans la pratique clinique et l’engagement de sa responsabilité sur la qualité de toute la chaîne de production de l’examen – du prélèvement au rendu du résultat validé et interprété – garantit pour le patient une prise en charge de meilleure qualité et plus efficace : délais d’attente réduits, juste prescription des examens…
Cette réforme vise par ailleurs à augmenter l’efficacité des dépenses de biologie médicale et à contribuer ainsi à l’équilibre de notre système de santé. L’efficacité des dépenses de santé passe notamment par l’adaptation des volumes d’examens. Une vraie marge de progrès existe sur des prescriptions mal adaptées, sur des doublons, encore trop nombreux. Ce gain dans la diminution du nombre d’examens injustifiés doit favoriser l’introduction d’examens innovants utiles pour le patient, examens qui doivent être introduit dans la nomenclature qui permet le remboursement par l’assurance-maladie. Le biologiste médical peut, de par son expertise et sa vision globale, jouer un rôle majeur dans la bonne prescription au juste coût.

La réforme de la biologie médicale tient-elle compte des territoires …

En effet, au-delà des deux aspects marquants, l’accréditation et le rôle du biologiste médical, la réforme conduit au regroupement des laboratoires de biologie médicale qui doivent devenir multi sites pour s’adapter aux évolutions scientifiques et techniques. Néanmoins, afin de garantir la maîtrise de l’ensemble de l’activité du laboratoire par le biologiste et une proximité clinicien-biologiste nécessaire à un dialogue et une collaboration efficace pour obtenir un diagnostic fiable, ils doivent s’inscrire dans un même territoire de santé tel que défini par les schémas régionaux d’organisation des soins (SROS). Afin de s’adapter aux situations frontières, la règle est que chaque laboratoire ne peut pas être installé sur plus de 3 territoires de santé, avec, toujours, l’obligation de rendre les résultats dans les délais que permet l’état de l’art.

… ou de particularités publics ou privées ?

Tous les laboratoires publics ou privés doivent s’inscrire dans un même cadre. Ils doivent ainsi apporter la même garantie de qualité et de sécurité mais aussi présenter les mêmes services à leurs patients. Nous pouvons ainsi très bien imaginer demain venir en consultation à l’hôpital et y faire réaliser ses examens de biologie médicale en ambulatoire. Le laboratoire de biologie médicale peut, voire doit, même être ouvert aux patients qui ont consulté un médecin extrahospitalier. Cela constituerait une ressource supplémentaire de recettes pour l’hôpital public dont on sait aujourd’hui les difficultés financières. Les hôpitaux ont en interne la compétence nécessaire. Ils sont capables de travailler au même coût que le privé, comme le confirme la base d’Angers. Pourquoi un laboratoire de biologie médicale privé est-il considéré, à juste titre, comme une structure de profit tandis qu’un laboratoire de biologie médicale publique serait considéré comme une structure qui coûte voir qu’il faut externaliser ?

Propos recueillis par Clémence Rémy et Aude Chaboissier-Vicherat

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Mots-clés :
Biologie Médecine