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L’hôpital de l’horreur à Tripoli : les malades ont été abandonnés
L'hôpital de l'horreur à Tripoli : les malades ont été abandonnés
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29 août 2011
Auteur de l'article
Henri de Miebenthal, 476 articles (Kinésithérapeute)

Henri de Miebenthal

Kinésithérapeute
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L’hôpital de l’horreur à Tripoli : les malades ont été abandonnés

L'hôpital de l'horreur à Tripoli : les malades ont été abandonnés

Des sources convergentes, recoupées par la BBC, font état de plus de 200 cadavres abandonnés sur les brancards. Ce chiffre s’était amplifié au fil des jours : un premier décompte faisant état de cadavres en décomposition de quelque 80 personnes, découverts le 26 août dernier à l’hôpital d’Abou Salim. Ce complexe est situé dans le quartier sud de Tripoli, un bastion pro-Kadhafi finalement conquis par les rebelles. S’il est encore trop tôt pour établir les faits, il semblerait bel et bien que les malades aient succombé faute de soins. Âmes sensibles, n’allez pas plus loin dans la lecture de l’article.

Le quartier populaire d’Abou Salim a été le théâtre, tout au long de la semaine dernière, de violents affrontements à l’arme légère entre rebelles et forces loyalistes. Dans ce contexte, et dès le 20 août, les kadhafistes ont tenu à l’écart toute personne qui souhaitait se rapprocher de l’hôpital du quartier, déserté de son personnel soignant et investi par des snipers, embusqués aux abords de quelques fenêtres. Dans l’hôpital fantôme, la plupart des patients, laissés à l’abandon, allaient ainsi mourir au fil des jours, à priori faute de soins. Le 26 août au matin, dans le quartier, les fumées des affrontements se dissipent. Les libérateurs venus de Benghazi ont finalement réussi à déloger les pro-Khadafi. le grand hôpital est quasiment vide et sa façade est recouverte d’impacts de balles.

Une poignée de rebelles pénètre dans le complexe hospitalier, et c'est une première vision cauchemardesque qui surprend : une vingtaine de cadavres, entassés, pourrissent sur la pelouse de l’hôpital. Un autre est encore fixé à un brancard ensanglanté, gonflé de gaz de décomposition, à l’entrée des urgences. En investissant les trois étages de l’immense bâtiment, où règne un silence d’outre-tombe, le petit groupe de rebelles suffoque. La morgue de l’établissement est pleine, et des dizaines de corps gisent dans les chambres, parfois à côté des lits et le tube intraveineux encore dans le bras. La climatisation ne fonctionne plus, et le sol est recouvert de débris, de boites de médicaments, de bouteilles d’eau vides et de tissus ensanglantés. L’atmosphère est trouble. On distingue à peine les portraits du guide suprême à l’entrée des chambres.

Les rebelles prennent subitement peur et lèvent leur arme : ils entendent tousser et voient une ombre s'approcher d'eux. Il s'agit en fait d'un infirmier, Abdel Abdelrahman, resté enfermé dans le bâtiment tout au long de la semaine. Ce dernier leur confie qu’il était seul à être resté dans les lieux, avec un autre infirmier et un seul médecin. Devant cette scène apocalyptique digne d’un film d’épouvante, le groupe de combattants rebelles fait marche arrière, laissant la place à un convoi de la Croix-Rouge. Rapidement dépêchés sur les lieux, les médecins n’ont trouvé que 17 survivants, rapidement chargés et évacués des lieux. Une infirmière de l’organisation a confié aux journalistes que « les blessés ont été transportés vers l’hôpital central de Tripoli, où ils sont soignés en urgence ».
 

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