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Jérôme Cahuzac : Le sac du chirurgien était-il trop garni par les labos ?
Jérôme Cahuzac : Le sac du chirurgien était-il trop garni par les labos ?
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8 avril 2013
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Patrick Rollo, 495 articles (Rédacteur)

Patrick Rollo

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Jérôme Cahuzac : Le sac du chirurgien était-il trop garni par les labos ?

Jérôme Cahuzac : Le sac du chirurgien était-il trop garni par les labos ?

« Cahuzac 15 millions » est désormais la première occurrence Google en tapant le nom de famille de l’ex-ministre du Budget. Le montant de l’éventuel compte de Jérôme Cahuzac détenu en Suisse suscite pour l’heure toutes les spéculations. Les juges chargés de l’enquête se penchent désormais sur l’activité de consultant pour l’industrie pharmaceutique de l’ancien ministre. C’est une piste compromettante. Il est vrai que Jérôme Cahuzac est issu du monde médical. Médecin, chef de clinique, il a commencé sa carrière en chirurgie viscérale à l’hôpital Beaujon, à Clichy. Et les règlements en espèces auraient été courants. Son avocat, Me Jean Veil, qui entend minimiser les montants éventuels de sommes « provenant de laboratoires » assure aujourd’hui que « l’essentiel des revenus placés en Suisse provenait des activités de chirurgien de Jérôme Cahuzac ».

Jérôme Cahuzac a été mis en examen pour « blanchiment de perception par un membre d'une profession médicale d'avantages procurés par une entreprise dont les services ou les produits sont pris en charge par la Sécurité sociale ». Et les juges veulent tout savoir sur les fonds de l’ex-chirurgien esthétique. A l’heure actuelle, tout le monde parle de lui. Chirurgien de formation, Jérôme Cahuzac a commencé par exercer en cardiologie dans le public, spécialisé en chirurgie thoracique et viscérale. L’intéressé s’est étendu sur cette période de sa vie : « J’enchaînais les grosses opérations. Je travaillais dur, jusqu’à 80 heures par semaine quand j’étais chef de clinique ».
 
Selon Le Figaro, son tempérament « rugueux et peut-être un peu brutal » à la Docteur Jekill et Mister Hyde aurait été forgé à cette époque, « lors des gardes aux urgences où il fallait aller à l’essentiel sans s’embarrasser de fioritures ». Ce qui ne l’empêchait pas d’être sensible et d’avoir « un cœur d’or ». En 1988, le jeune chef de clinique, par ailleurs rocardien, a mis entre parenthèse sa carrière hospitalière pour entrer au cabinet de Claude Evin. Il a alors participé à la politique du médicament. Trois ans plus tard, cependant, Jérôme Cahuzac endosse à nouveau sa blouse, dans la chirurgie esthétique cette fois. Il crée avec son épouse Patricia, qui est dermatologue, la clinique Cahuzac, spécialisée dans les implants capillaires.
 
Celle-ci a ouvert ses portes dans le 8ème arrondissement de Paris. Dans ce type d’établissements, les honoraires sont libres et hors de toute convention avec la Sécurité sociale. En 1993, il a déposé les statuts de "Cahuzac Conseil", une EURL qui travaillera exclusivement pour l’industrie pharmaceutique. Là-dessus, le chirurgien a indiqué : « J’ai gagné beaucoup d’argent en officiant comme conseiller technique de la plupart des laboratoires pharmaceutiques ». Selon Mediapart, l’activité de cette société a atteint 1,9 millions de francs dès 1994.
 
Cahuzac s’est alors spécialisé dans le conseil en lobbying et l’exploitation de brevets. Les laboratoires tels que Fabre, Servier ou Upsa ont fait appel à ses services. Entre-temps, le professionnel à l’ascension fulgurante fait l’objet d’une première enquête fiscale, sans guère de suite certes, concernant un financement politique occulte via les labos pharmaceutiques. Le venin s’est installé, et les envies de politique ne l’ont par ailleurs jamais quitté. Devenu député en 1997 à la faveur d’une victoire de la gauche, Cahuzac veut dissiper les doutes : Il soutient même un amendement imposant une taxation supplémentaire sur les bénéfices des labos.

Un de ses adversaires politiques confie qu’ « en Lot-et-Garonne, ses relations avec les laboratoires pharmaceutiques ont beaucoup choqué. Surtout à l’occasion des municipales de 2001. Nous étions stupéfaits par les largesses dont il bénéficiait ». L’entourage de Cahuzac a bien évidemment riposté : « S'il est une constance dans l'engagement socialiste de Jérôme Cahuzac, c'est qu'il a toujours plaidé contre son intérêt personnel au nom de l'intérêt général : comme par exemple doubler l’ISF ou lutter contre les avantages indus des laboratoires, des radiologues ». L’ex-ministre perdra-t-il à présent son titre de médecin ? La présidente du Conseil des médecins de Paris à demandé à entendre Cahuzac. Pour rappel, il est interdit par l’Ordre des médecins de recevoir des fonds de la part de laboratoires comme il en est accusé.

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