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Grèce : Hôpitaux à l’agonie, médecins en fuite
Grèce : Hôpitaux à l'agonie, médecins en fuite
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6 décembre 2012
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Henri de Miebenthal, 476 articles (Kinésithérapeute)

Henri de Miebenthal

Kinésithérapeute
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Grèce : Hôpitaux à l’agonie, médecins en fuite

Grèce : Hôpitaux à l'agonie, médecins en fuite

En Grèce, l’austérité ne s’arrête pas aux portes des cliniques. Les coupes budgétaires font des ravages dans les établissements de santé : Les hôpitaux du pays et l’approvisionnement en médicaments et en matériel de base sont dans une situation catastrophique qui rappellent un climat de guerre. On compte de moins en moins de personnel, et les experts redoutent une prolifération des maladies infectieuses. Pourtant, il y a trois ans encore, l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) avait jugé que le système de santé grec était « relativement efficace ».

Se penchant sur la précarité surprenante qui s’abat sur le système de santé en Grèce, le journal Le Monde a fait paraître un témoignage anonyme édifiant émanant d’un homme ressortant d’un hôpital de Thessalonique (la deuxième ville du pays) qui traduit un exemple extrême des mésaventures dont on peut désormais être victime dans les établissements de santé grecs : « Les médecins ont prescrit un traitement à ma femme, qui souffre d’un cancer du mélanome, mais comme les dépenses engagées étaient potentiellement lourdes, celui-ci devait désormais être validé par une commission de médecins et de responsables de l’administration. Cette commission a refusé le traitement, et quand je suis allé chercher les résultats, l’un de ses membres m’a pris à part : "Nous avons dû faire un choix, et nous allons garder l’argent pour soigner des enfants. Votre femme a 62 ans, laissez-là donc mourir à la maison" ».
 
Dans l’ensemble, les hôpitaux grecs comptent de moins en moins de médecins et d’infirmières, alors que les patients s’y entassent dans des proportions toujours plus élevées. La trésorerie manque. Et c’est pourquoi ces établissements prennent désormais des risques y compris sur l’hygiène de base. Marc Sprenger, directeur du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), s’est rendu dans des dispensaires à Athènes. Il en témoigne : « Il y a des endroits où la situation financière ne permet même plus de pourvoir aux besoins fondamentaux tels que les gants, les blouses et les lingettes désinfectantes ».
 
Un journaliste, de passage, a même rapporté avoir vu sur la porte d’une salle d’un hôpital des infirmières accrocher une affichette : « N’apportez pas de chocolats à vos proches, achetez-leur du papier toilette ». Car absolument tout vient à manquer. Il en va de même pour les gants en latex, les compresses, les cathéters… Et le personnel déserte. Le personnel de l’hôpital général de Kilkis, en Macédoine centrale, au nord de Thessalonique, -qui avait été déclaré en autogestion en janvier dernier- ne compte plus que 125 praticiens sur 160. Enfin, l’argent viendrait à manquer pour l’achat de médicaments, un problème à peine compensé ici et là par l’utilisation de génériques. Deux laboratoires pharmaceutiques allemands, Merck et Biotest, ont ainsi suspendu leurs livraisons de produits aux hôpitaux grecs pour cause d’impayés.
 
Certes, les caisses d’assurance-maladie grecques étaient déjà déficitaires avant le début de la crise. Mais elles étaient renflouées par l’Etat… ce qui n’est plus le cas depuis 2009 (le système de santé grec accuserait désormais une dette de deux milliards d’euros). Et avec l’explosion du chômage (qui est de l’ordre de 25% à l’heure actuelle), les cotisations ont accusé une forte baisse. Quant aux chômeurs eux-mêmes, ils doivent s’acquitter de la totalité des frais médicaux après les douze mois ayant suivi leur perte d’emploi. Ce qui explique pourquoi ils ne se font soigner que lorsque des pathologies atteignent un fort niveau de gravité… quand ils n’ont pas la chance d’être examinés par des médecins bénévoles de Médecins du monde. Et des maladies que l’on croyait disparues font leur retour à l’échelle du pays (menaçant en premier lieu les enfants), comme le paludisme ou la tuberculose (cette dernière faisant de la résistance en raison du manque de traitement).
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