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Gardasil nous protège-t-il réellement ?
Gardasil nous protège-t-il réellement ?
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25 octobre 2011
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Dr Yen BUI, 5 articles (Rédacteur)

Dr Yen BUI

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Gardasil nous protège-t-il réellement ?

Gardasil nous protège-t-il réellement ?

Gardasil est le vaccin contre le cancer du col de l’utérus. Est-il vraiment efficace ?

Le journal 20 min (1) ainsi que plusieurs médias (8) commencent à parler des effets secondaires graves de Gardasil, un vaccin anti papillomavirus qui est à l’origine des cancers du col de l’utérus. Le député Gérard Bapt, après le Médiator, s’intéresse désormais à ce médicament selon cette source.

Rappelons que c’est un vaccin. Selon le principe de tous les vaccins, on injecte soit une petite quantité de toxine, soit un lot de virus affaiblis pour stimuler la sécrétion d’anticorps et/ou les cellules de défense qui seraient prêts à nous protéger contre une éventuelle agression des virus en question. Les risques habituels sont une réaction inflammatoire que le corps s’opère contre ces toxines et virus dont œdème, rougeurs locales jusqu’à fièvre, frisson, céphalée… Les réactions neurologiques suite aux vaccins sont connues, tel le Guillain Barré avec le vaccin contre la grippe A H1N1, ou très discutés, comme dans le cadre du vaccin de l’hépatite B qui serait à l’origine des maladies graves comme la sclérose en plaque où la gaine protégeant les neurones sont détruites. Il peut également relater, parmi d'autres effets, des attaques cérébrales et des épilepsies qui seraient secondaires aux vaccins. Ces EIG (effets indésirables graves) sont tolérés quand ils sont minimes, mais pour le vaccin très connus DT polio, ce taux atteint 10.7%, il a par conséquent fait l'objet d'un retrait, en 2008. Il ne faut pas tomber dans l’excès de sinistrose. Car les vaccins nous ont bien protégé contre les décès massifs de rougeole, de rubéole, de grippe…Tout est une question de balance bénéfice-risque.

Justement, quel est le bénéfice de ce vaccin ? Nous protège-t-il réellement contre le cancer du col, et justifie ainsi le remboursement de la sécurité sociale à un coût exorbitant ?

Selon l’institut Pasteur, ce vaccin n’est dirigé que contre quatre souches de virus (16, 18, 6, 11) sur les deux cents existants (2). Les deux premiers virus sont les plus importants. Le premier est responsable de 55% des cas, et le deuxième 12%. Au mieux, nous serons protégés à hauteur de 91% des infections, en estimant que les souches 6 et 11 soient responsables de 12% des infections, soit autant que la deuxième souche la plus importante. 90% des cancers du col sont dus à une infection. Nous avons alors une probabilité d’être protégés des cancers du col de : 91%X90%=81.9%

Par ailleurs seules 1/3 des femmes s’infectent entre 14 et 20 ans. Ce vaccin n’est efficace que pendant 5 et 10 ans ! Donc seules 81.9%x34%= 27.85% seraient protégées. En plus, au maximum 10% des femmes ayant eu une infection de Papillomavirus développeraient un cancer. Par conséquent, ce vaccin protégeraient tout au plus 27.846x10%=2.8% des femmes.

D’après un cours de médecine (3) : suite à une infection, la plupart se guérissent, un petit nombre développeront tout d’abord une dysplasie, une lésion précancéreuse puis un cancer. 90% des lésions précancéreuses se développent entre 2 et 20 ans, très lentement. Nous avons en l’occurrence environ 10 ans pour dépister une lésion cancéreuse débutante nécessitant un traitement local par laser très simple. C’est pour cette raison que la fréquence des frottis vaginaux est de 3 ans, ce qui permet de diminuer l’incidence de cancer du col de 91%. S’il est réalisé tous les ans, la diminution est de 93%.(4)

Les facteurs de risque sont connus dans les cours de médecine : premier rapport sexuel précoce, nombreux partenaires sexuels, maladie sexuellement transmissible, infection à Chlamydia, multiparité et première grossesse à terme précoce, tabagisme (5). Y ajoutent le stérilet, les états de diminution immunitaire.(6)

En résumé, nous prenons des risques neurologiques graves pour éviter 2.8% des cancers du col que nous pouvons éviter à 93% grâce aux frottis vaginaux réalisés systématiquement en France tous les ans ! 93%x 2.8= 0.2%. Notons que le vaccin de dispense pas de frottis vaginaux tous les ans.

Dès la sortie de ce vaccin en 2006, de nombreux médecins se levaient déjà contre cette aberration, notamment le très bon Docteur Martin Winckler, auteur du livre « La maladie de Sachs » (7). Il a été licencié de France Inter apparemment pour avoir été trop virulent contre l’industrie pharmaceutique. L’Afssaps a même crée un plan de gestion de risque rapidement après sa commercialisation.

En lisant un article très intéressant sur les enjeux économiques de ce vaccin, nous comprenons mieux les raisons des conditions de son autorisation de mise sur le marché, ses publicités et pourquoi il est remboursé par la sécurité sociale malgré les risques encourus par le consommateur français pour un bénéfice très faible (8).

Dr Yen BUI
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