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Du déremboursement à la désertification médicale, les réponses concertées de la filière optique
Du déremboursement à la désertification médicale, les réponses concertées de la filière optique
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3 novembre 2014
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Juliette Relad, 1 article (Rédacteur)

Juliette Relad

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Du déremboursement à la désertification médicale, les réponses concertées de la filière optique

Du déremboursement à la désertification médicale, les réponses concertées de la filière optique


 

Si dans le paysage de la santé visuelle, quelques mesures ponctuelles et initiatives isolées ont fleuri, les enjeux de fond ont souvent été laissés sur le bord de la route, au profit de débats sur le prix des équipements. En septembre dernier, de nombreux acteurs de la filière optique, réuni en Comité Filière d’excellence, se sont lancé le défi de répondre aux problématiques de la santé visuelle des Français. Un document socle intitulé « Qualité et santé visuelles » formule des propositions concrètes afin de mettre en place une stratégie d’excellence optique pour tous.

Répondre ensemble à un constat inquiétant

Aujourd’hui, 60 % des Français sont équipés de lunettes ou de lentilles de contact. L’initiative du Comité Filière Optique entend répondre à des besoins croissants en matière de santé visuelle. Les risques sanitaires voire économiques et sociaux relatifs à la « mal vision » sont conséquents. Malgré ces constats avérés, la filière optique semble être l’une des premières sacrifiées sur l’autel de la santé publique. En réponse à ce désintérêt relatif des pouvoirs publics, le document socle « Qualité et santé visuelles » se veut un espace de dialogue, entre les différents acteurs de la filière optique d’une part, mais aussi et surtout avec le gouvernement. Dans un contexte pollué par des débats stériles, il ne s’agirait pas que la maîtrise des dépenses supplante une réflexion de fond sur l’avenir de la santé visuelle des Français.

Et les problèmes sont nombreux. Déjà les déserts médicaux posent la question, non pas du nombre, mais bien de la répartition territoriale des praticiens en France. 34 départements sont potentiellement en danger en dépit du plan lancé en 2012 par Marisol Touraine. De plus, les débats se cristallisent autour du remboursement (ou plutôt du déremboursement) des prestations optiques. L’évolution de la réglementation (consacrée par la loi Leroux et la loi de financement de la Sécurité sociale) et les montants des remboursements accordés par l’assurance maladie inquiète la profession.

Le patient/porteur au cœur d’un dispositif d’excellence

Le document socle consacre une stratégie où le patient/porteur retrouve sa place centrale. Yves Guénin, secrétaire général d’Optic 2000, l’a rappelé tout au long de la matinée de présentation du Livre Blanc, aux côtés de quelques-uns des premiers signataires dont Ludovic Mathieu, directeur général d’Essilor France, Xavier Subirana, ophtalmologiste, Eric Guignard, directeur Market Access et Relations Institutionnelles chez Alcon et Jean-Philippe Guilbert, directeur France pour Lunettes Morel : « On ne parle pas assez de la santé visuelle, du patient » précise Yves Guénin qui ajoute « on défend trop souvent des intérêts corporatistes et on oublie la finalité essentielle ». En trame de fond du document socle, le message est clair. Il s’agit de lutter contre une filière éclatée et de s’unir pour devenir un interlocuteur de référence, aussi bien pour le patient que pour les pouvoirs publics.

C’est autour d’une exigence de qualité que s’articulent les propositions des professionnels de la filière optique, visant à «  faire progresser la qualité de la filière [qui] aujourd’hui est insuffisante  » explique le comité dans son ensemble. Ainsi, l’effort est mis tant sur la qualité des dispositifs médicaux que sur la qualité de service. Le document socle propose ainsi de clarifier les normes (notamment celle du made in France) et de mieux les contrôler, par exemple en sortant de l’auto certification de la norme CE, jugée « minimaliste » par le directeur général d’Essilor France.

Pierre angulaire de la santé visuelle, l’accessibilité aux soins optiques pour tous les Français est également martelée par les signataires du socle de propositions « Qualité et santé visuelles ». La télémédecine et le Dossier Médical Partagé sont remis au cœur des débats, parmi d’autres proposition, car « il n’y a pas de solution miracle, il y a des solutions » précise Xavier Subirana, ophtalmologiste. Le Comité souhaite également devenir un interlocuteur privilégié des patients, car c’est bien l’accompagnement qui fait le plus défaut aujourd’hui. Une manière aussi de riposter face au développement de l’offre internet et de sensibiliser les Français sur la dimension médicale des lunettes ou lentilles, qui tendent à être assimilées à de banals produits de consommation.

Une évolution nécessaire de la filière optique 

Cette proximité promue par le Livre Blanc implique un changement de posture des acteurs. Force est de constater que face à la désertification médicale et au déclin du nombre d’ophtalmologistes (selon l’INSEE leur nombre aura chuté de 35% d’ici 2030), les cartes méritent d’être rebattues. Le socle de référence propose également de renforcer le rôle des opticiens afin de profiter d’un maillage territorial avantageux. Souvent l’opticien est le seul professionnel de santé facilement accessible. Depuis 2007 déjà, la délégation de tâches permet aux opticiens, dans le cadre d’un renouvellement, de renouveler les équipements optiques dans le cadre d’une ordonnance datant de moins de trois ans. Mais il est possible d’aller plus loin. En ce sens, le document socle défend la refonte de la formation initiale des opticiens afin de renforcer son rôle de professionnel de santé. « La formation doit être complétée, nous militons pour une licence » témoigne Yves Guénin qui assume « le rôle de santé publique de la filière ». Ces délégations de compétence s’articuleraient en bonne intelligence en préservant la place des médecins spécialisés au cœur du parcours de soins. L’idée est de mieux coordonner les rôles de chacun dans une synergie participant de l’intérêt général.


Le Comité espère ainsi rallier d’autres professionnels de l’optique autour de ce Livre Blanc, démarche ouverte à tous ceux qui souhaitent s’y associer. Si la filière optique semble avoir choisi sa stratégie, reste à savoir si les pouvoirs publics entérineront ces propositions.

 

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Mots-clés :
Optique