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Douleurs : traiter au cas par cas
Douleurs : traiter au cas par cas
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23 novembre 2012
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Bien-être et santé, 172 articles (Magazine Santé)

Bien-être et santé

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Douleurs : traiter au cas par cas

Douleurs : traiter au cas par cas

L’éventail des armes antidouleur, médicamenteuses et techniques, est très large et efficace. Encore faut-il que celles-ci correspondent au type et à l’intensité des douleurs ressenties. Exprimez-vous !

Mal de tête ou migraine, douleurs articulaires, dentaires, musculaires… le pharmacien est le premier professionnel de santé à qui l’on réclame « quelque chose pour ne plus avoir mal » et, dans 96% des cas, à prendre tout de suite. C’est ce que montre une récente enquête réalisée pour les laboratoires Boehringer-Ingelheim. Une fois sur deux, on demande des conseils au pharmacien par la même occasion. Pourtant, en France, les antalgiques sont toujours pris en excès ou à tort et à travers, déplore-t-on dans 63% des officines.
Cela dit, il n’est pas toujours facile d’évaluer l’intensité de sa douleur et de la décrire. Les manifestations de la douleur sont très diverses  : vive ou lancinante, en coup de poignard, sensation de brûlure, de resserrement ou d’écrasement, fourmillements, décharge électrique… Certains minimisent leur douleur de peur de paraître douillets. L’âge modifie aussi l’attitude face à la douleur.
Les signes de souffrance sont différents et trompeurs aux âges extrêmes de la vie. Un tout-petit qui a mal est trop calme et ne bouge pas. Une personne âgée en fin de vie ou souffrant d’une maladie d’Alzheimer, apparemment indifférente, qui refuse de manger ou dont le front reste plissé, a souvent très mal. Quelle que soit la raison, c’est un constat  : en France, en 2012, les douleurs sont encore insuffisamment soulagées.
 

Pas une, mais des douleurs

Aujourd’hui, le circuit de la douleur qui va des terminaisons nerveuses jusqu’au cerveau, est bien connu. Mais il y a toutes sortes de douleurs, aux mécanismes très différents, qu’il est impossible de traiter de la même façon. On les classe en trois catégories.
 

Douleurs aiguës

En général provoquées par des lésions (brûlure, piqûre, chute), une carie, une infection, une inflammation, les règles, elles déclenchent des signes physiques typiques : cris, pleurs, agitation, accélération du pouls, augmentation de la fréquence respiratoire, transpiration, nausées… mais aussi parfois, de manière paradoxale, comportement d’évitement. Mieux vaut les soulager rapidement pour qu’elles ne laissent pas de traces majeures sur le psychisme ou le comportement (chez les petits surtout) ou même qu’elles ne deviennent chroniques.
 
SUCETTE ANALGÉSIQUE :
Bien pratique et réutilisable (10 doses), la « tutute » Pacidol à réservoir de saccharose, à donner au nouveau-né ou au nourrisson 2 minutes avant un vaccin ou une prise de sang ; lui laisser le temps de la piqûre, pour qu’il ressente moins la douleur.

Un cran au-dessus

  • Douleurs chroniques
Elles persistent au-delà de 3 mois, sont plus fréquentes qu’on ne croit (1 adulte sur 5) et leurs répercussions sont lourdes sur le plan personnel, familial, professionnel, et coûteuses pour le système de santé. Elles peuvent être provoquées par un grand nombre de maladies, de la polyarthrite rhumatoïde au cancer, en passant par le diabète et la hernie discale. Malheureusement, en dépit de trois Plans douleur entre 1998 et 2010 et la création de consultations antidouleur, les douleurs chroniques, en particulier cancéreuses, sont encore mal soulagées. Selon une enquête BVA-Institut national du cancer (INCa), 63% des cancéreux sont encore sous-traités.
  • Douleurs neurogènes ou neuropathiques
Elles sont causées, comme leur nom l’indique, par une lésion des nerfs périphériques, par exemple après un accident, une coupure, mais aussi une maladie infectieuse comme un zona ou un diabète. Ou une lésion du système nerveux central  : sclérose en plaques, tumeur, traumatisme au cerveau, etc. Leurs manifestations sont particulières  : sensations de brûlure, fourmillements, picotements, décharges électriques…
 

Fibromyalgie, mieux traitée

Longtemps niée par les médecins, la fibromyalgie occupe une place à part.
  • Symptômes nombreux
C’est un ensemble de symptômes (fatigue, sommeil perturbé, troubles dépressifs), dont le principal est une douleur chronique diffuse et fluctuante.
  • Causes incertaines

Plusieurs hypothèses, notamment un dysfonctionnement central du système de perception de la douleur et une anomalie de la réponse au stress excessif, peuvent expliquer son origine, mais plusieurs facteurs sont vraisemblablement en cause. Aujourd’hui, les médecins, rhumatologues le plus souvent, savent mieux la diagnostiquer et la traiter.

  • Infos utiles
- À lire : La fibromyalgie, Dr Charley Cohen, éd. J. Lyon, 2011, 17 €.
- Association de malades. Fibromyalgie France, Tél.  : 01 43 31 47 02, site Internet  : www.fibromyalgie-france.org
- Cures thermales. Les cures spécifiques Fibromyalgie proposées aujourd’hui ont une efficacité certaine sur les douleurs. Dans les Hautes-Pyrénées, entre Pic du Midi, cirque de Gavarnie et Réserve naturelle de Néouvielle, deux stations pleines de charme, Bagnères-de-Bigorre et Barèges-Barzun* ont mis au point le programme Fibro’Therm qui se greffe sur une cure conventionnée de 18 jours Rhumatologie ou Affections psychosomatiques, prise en charge par l’Assurance maladie. Ce programme complémentaire (avec participation forfaitaire) comprend des séances collectives (groupe de paroles, relaxation et/ou sophrologie, réadaptation à l’effort) et des prestations individuelles  : baignoire innovante assurant des soins relaxants très doux, massages spécifiques en piscine thermale avec un kiné… L’accent est mis sur l’éducation thérapeutique pour rendre le patient autonome vis-à-vis de son affection et lui apprendre à mieux contrôler les accès douloureux. Hors saison, des cures relais Fibro’Therm de 5 jours, non remboursées.

* www.thermes-bagneres.com ou Tél. 05 62 95 00 23 et www.thermes-bareges.com ou Tél. 05 62 92 68 02.

La recherche

- Une équipe de l’hôpital Raymond-Poincaré (Garches) a confirmé que les douleurs persistant parfois des années après une opération dans une zone différente de celle qui a été opérée étaient neuropathiques. Elle cherche maintenant à savoir quelles lésions nerveuses évoluent vers une douleur chronique et pourquoi.
- Après avoir compris pourquoi la morphine provoque tant d’effets secondaires alors qu’elle mime l’action des endorphines produites par le cerveau, des chercheurs franco-américains travaillent sur une molécule conservant les effets bénéfiques de la morphine sans en avoir les inconvénients.
- Des scientifiques anglais et australiens ont isolé dans le venin d’un serpent, le mamba noir, un composé antidouleur puissant, comparable aux opiacés actuels mais sans effets indésirables, et l’ont testé avec succès chez la souris. À suivre.

 

Traitements médicamenteux

Si la douleur peut être bénéfique quand elle nous avertit que quelque chose ne va pas ou qu’il y a un danger, elle perd son utilité une fois la cause identifiée. Souffrir en silence ne sert à rien, mais surdoser non plus.

Médicaments antalgiques

Donnez le plus de précisions possible à votre pharmacien (type de douleur, intensité, origine, âge, autres maladies). Il sera à même de juger si un antalgique sans ordonnance suffit et à quelle posologie, ou si vous devez consulter.
  •  Niveau I, douleurs légères ou modérées
Ce sont céphalées, douleurs dentaires, musculaires, etc. : paracétamol, aspirine et ibuprofène (anti-inflammatoire non stéroïdien ou AINS).
  • Niveau 2, douleurs un peu plus fortes
Comme mal de dos ou maladies rhumatismales : opioïde léger, codéine, dihydrocodéine, tramadol ou néfopam, souvent associé à un antalgique de niveau 1 dans le même comprimé pour réduire son dosage et diminuer ses effets indésirables. Sur prescription.
  • Niveau 3, douleurs intenses ou très vives
Douleurs postopératoires ou dues au cancer, à une maladie grave  : opioïdes forts dont le chef de file est la morphine. Par voie injectable ou orale, ou plus pratique en patchs, comprimés sublinguaux (à laisser fondre sous la langue), applicateurs buccaux (à placer dans la joue) ou spray nasal.
 
CENTRES ANTIDOULEUR :
Il en existe une centaine en France. Leur vocation  : traiter les douleurs chroniques persistantes et rebelles.

 

Autres médicaments

  • Douleurs chroniques
Les douleurs neuropathiques surtout sont difficiles à traiter.
Les antalgiques classiques, morphiniques compris, sont inadaptés ou sans effet. Les médecins recourent alors à d’autres classes de médicaments a priori surprenantes, mais qui marchent  :
- certains anticonvulsivants à petites doses,
- antidépresseurs tricycliques,
- benzodiazépines,
- patchs à la capsaïcine (dérivé du piment).
  • Douleurs courantes
Pour elles d’autres médicaments sont utiles pour renforcer l’action des antidouleur ou améliorer le confort en agissant sur les symptômes  :
- myorelaxants pour réduire les contractions ou les douleurs musculaires,
- antispasmodiques en cas de coliques, de règles douloureuses, de contractions utérines au cours de la grossesse ou à l’accouchement,
- corticoïdes dont l’effet antalgique passe par leur action anti-inflammatoire,
- bisphosphonates pour les douleurs osseuses.
 

Solutions non médicamenteuses

La prise en charge de la douleur peut faire appel, en complément ou à la place des médicaments, à des techniques variées.
  • Application de froid ou de chaud pour les douleurs inflammatoires (poches, sprays froids, etc.).
  • Massages de kinésithérapie.
  • Acupuncture, relaxation, sophrologie, hypnose.
  • Thermalisme.
  • Thérapies cognitivo-comportementales (avec un psychiatre ou une psychologue) quand le stress et l’anxiété sont intriqués.
  • Électrostimulation transcutanée (petits appareils à courant basse fréquence).
  • Neurostimulation implantable pour les douleurs chroniques insupportables (de dos, sciatique).
 
Lucile Dautrement

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Cet article est extrait en exclusivité du magazine Bien-être & Santé - Tous droits réservés
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