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Déserts médicaux : quelles solutions ?
Déserts médicaux : quelles solutions ?
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14 février 2013 | 5 commentaires
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Jean Lellouche, 21 articles (Rédacteur)

Jean Lellouche

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Déserts médicaux : quelles solutions ?

Déserts médicaux : quelles solutions ?

Le 8 février dernier, le Sénat a rendu public un rapport sur la lutte contre les déserts médicaux en France. Si les mesures proposées peuvent paraître radicales – comme le fait de ne plus conventionner les médecins s’installant dans les zones saturées – il n’en reste pas moins que de nouvelles initiatives sont effectivement à envisager.

C’est un rapport qui a fait du bruit chez les professionnels de la santé. Le groupe sénatorial de travail sur la présence médicale de la Commission du développement durable, des infrastructures, de l’équipement et de l’aménagement du territoire a rendu ses conclusions sur le problème des déserts médicaux français.

La principale mesure préconisée est ainsi d’encadrer la liberté d’installation des médecins, en excluant de l’Assurance Maladie ceux qui montent leur cabinet dans une zone dite « surdotée ». En d’autres termes, un jeune praticien qui s’installe au sein d’une aire géographique où ses confrères sont trop nombreux ne pourrait pas proposer à ses patients le remboursement par la sécurité sociale de leur consultation.

Privé de désert 

La liberté d’installation des médecins serait donc toujours techniquement possible, mas cette mesure serait fortement dissuasive. La volonté de ce rapport sénatorial est ainsi d’inciter les jeunes médecins à privilégier les zones rurales par exemple au détriment des centres-villes. En effet, ceux-ci ont tendance à exercer dans la ville où ils ont étudié. Un comportement somme toute logique. Le problème, c’est que bon nombre de médecins à la campagne partent à la retraite et sont obligés de fermer leur cabinet, faute de successeurs.

Entre une politique coercitive et le statu quo, l’équilibre est délicat à trouver. Pourtant, ces déserts médicaux sont bel et bien une réalité, et concerneraient 5% du territoire métropolitain, soit environ 3 millions de personnes. Le rapport sénatorial propose par ailleurs d’autres pistes de réflexion. Parmi celles-ci, on peut noter la création d’un service médical obligatoire, où des gynécologues et des cardiologues par exemple devraient exercer pendant deux ans après la fin de leurs études dans des hôpitaux situés en zone rurale. La création de pôle de groupement de professionnels de santé est également envisagée, ainsi qu’une réforme du parcours universitaire des étudiants en médecine.

La médecine du XXIe siècle ?

Le développement de la télémédecine est aussi une mesure préconisée par la commission. La ministre de la Santé Marisol Touraine l’avait déjà indiquée dans son plan contre les déserts médicaux présenté en décembre dernier. C’est depuis le décret du 19 octobre 2010 qu'est autorisée la téléconsultation par Internet. Dans les faits, les actes télémédicaux peuvent être envisagés pour des renouvellements d’ordonnance ou pour ajuster le traitement d’un patient déjà suivi. Ils peuvent aussi avoir lieu pour les personnes âgées ou qui ont du mal à se déplacer, les diabétiques, les individus souffrant d’insuffisance cardiaque ou de problèmes de peau.

Avec le développement des nouvelles technologies (comme les tablettes et autres écrans tactiles) et de la vitesse des connexions internet, la télémédecine pourrait à terme constituer une réponse graduée à la désertification médicale. Dans le même ordre d’idées, la mise en place de pharmacies en ligne pour certains médicaments peut constituer une réponse appropriée et adaptée. La responsabilité d’un médecin et d’un pharmacien reste évidemment la même en face d’un patient que derrière un écran.

En France, selon les chiffres du Conseil National de l’Ordre des Médecins, on estime que 41 départements connaissent une faible densité des médecins généralistes, c’est-à-dire moins que la moyenne nationale, qui est de 1,38 médecin pour 1000 habitants.

 

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Commentaires
2 votes
(IP:xxx.xx0.175.34) le 14 février 2013 a 12H46
 (Visiteur)

Tout le monde connait la solution mais personne ne veut se mettre à dos les médecins ,leurs lobbies très présents dans nos institutions .La liberté d’exercice est une catastrophe car elle aboutit à une pénurie de médecins dans les zones rurales en particulier et à une surabondance de professionnels dans des zones urbaines de la Cote d’Azur .Nos gouvernements successifs ont failli car ils n’ont jamais anticipé sur cette évolution de la population médicale .Pour les infirmiers ,une réglementation stricte a été mise en place pour les IDE libéraux concernant leur installation .ON fait appel en toute hypocrisie à des médecins étrangers qui quittent leur pays natal souvent déficitaire en terme de professionnels de santé .Nos élus préfèrent piller les maigres ressources de certains pays déshérités au lieu d’avoir le courage d’avoir une politique responsable .

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par jef88 (IP:xxx.xx8.252.89) le 14 février 2013 a 14H08
jef88 (Visiteur)

Ne pas oublier le numérus clausus dans les FAC de médecine...

0 vote
par Tménicologue (IP:xxx.xx9.154.74) le 14 février 2013 a 17H42
Tménicologue (Visiteur)

Faire comme pour d’autres professions par ratio et par département soit une population de 120 000 habitants 1 médecin pour 1500 habitants soit 80 médecins + ou - 5. Une fois ce nombre atteint plus aucune plaque à visser dans le mur et ainsi de suite pour les autres territoires. Il faut ouvrir un peu plus le numérus clausus car il faut compter avec le temps de formation long pour combler les carences du passé.

0 vote
par denzo (IP:xxx.xx9.150.51) le 15 février 2013 a 10H07
denzo (Visiteur)

Une piste à creuser : Forcer les patients à plutôt faire la queue chez leur médecin de proximité plutôt qu’aux urgences (sauf nécessité absolue !) . Solution faire payer les consultations aux urgences de complaisance et sans aucun remboursement de la sécurité sociale ......Tapons là ou ça fait mal : le porte-monnaie !

0 vote
par cassios (IP:xxx.xx5.167.130) le 15 février 2013 a 11H34
cassios (Visiteur)

Faut faire gaffe. Souvent le fait le médecin ne veuille pas s’installer à la campagne vient du fait qu’il n’y a pas de boulot pour son compagnon ou sa compagne (qui sont souvent beaucoup diplomés aussi). C’est une situation vécue par moi et ma femme médecin et aussi par beaucoup de collègues de ma femmes dont le fait de partir dans une petite ville ou la campagne signifiait la mise à la poubelle des études ou du métier du conjoint.

En effet, les médecins sont très souvents mariés de nos jours avec des personnes rencontrées à la Fac et qui ont minimum un BAC + 4.

C’est fini l’époque où la femme du médecin était femme au foyer. Maintenant un couple avec un médecin est souvent complété par un BAC+4 qui est un actif et non au foyer.

Du coup, les médecins se concentrent sur les bassins d’emplois pour leurs conjoints.

Dernière chose, quand on examine le parcours d’études d’un médecin, il est en couple stable bien avant d’avoir fini ses études (vers 30 ans). Du coup, le conjoint/e non médecin a déjà commencé sa vie professionnelle. Fatalement, une fois les études du médecin finies, si le couple a le choix entre aller à la campagne (et donc chomage pour le membre du couple qui est non médecin) et aller vivre à l’étranger pour que le conjoint ait du boulot, le choix sera vite fait et finira avec un visa...

Ce n’est pas du chantage, c’est du vécu. Le fait de restreindre la liberté d’installation des médecins était en cours de discussion avant que ma femme finisse ses études et s’installe. Quand on a regardé les offres d’emploi pour moi dans les zones en sous effectifs de médecins, on a compris que mes études d’informatique et mon expérience professionnelle étaient finies si elle allait s’installer dans ces zones. Donc nous étions en train de regarder les différents pays avec du boulot pour les médecins et les informaticiens.....