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Des tuberculeux de l’est affluent dans les hôpitaux parisiens
Des tuberculeux de l'est affluent dans les hôpitaux parisiens
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25 janvier 2013
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Patrick Rollo, 495 articles (Rédacteur)

Patrick Rollo

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Des tuberculeux de l’est affluent dans les hôpitaux parisiens

Des tuberculeux de l'est affluent dans les hôpitaux parisiens

Depuis quelques mois, des dizaines de tuberculeux de l’est, très souvent sans papiers et sans ressources, souvent Russes, Tchétchènes ou Georgiens, viennent en France pour tenter de sauver leur peau. Ils sont atteints de formes graves et ultrarésistantes de la tuberculose et viennent pousser la porte des hôpitaux parisiens. Si leur prise en charge présente un coût élevé, les autorités sanitaires sont préoccupées par un risque de contagion important. A la Pitié Salpêtrière, par exemple, ces malheureux sont confinés en chambre de pression négative pour bloquer la contamination.

Si Gérard Depardieu trouve son salut fiscal en Russie, un groupe d’"exilés tuberculeux" a fait le chemin inverse. Comme le rapporte le quotidien Le Figaro, les hôpitaux français, et tout particulièrement ceux de la capitale, sont confrontés à un phénomène qui a pris de l’ampleur depuis l’an dernier : Ils reçoivent en nombre croissant des malades originaires des pays de l’est atteints de tuberculose XDR (extensive drug resistant), une forme très résistante de la maladie. Ils sont en grande majorité Georgiens, Tchétchènes et Russes... et sont peut-être arrivés en France par le biais de filières mafieuses. Ils n’ont pas de papiers, et encore moins de ressources. Ils se rendent dans l’hexagone dans l’espoir de pouvoir se faire soigner de façon adéquate.
 
Le premier cas, un Tchétchène, s’est manifesté il y a tout juste un an à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, à Paris. Aux dires des soignants, dont les témoignages ont été publiés, « il expliquait qu’il avait été torturé. Il avait les doigts des deux mains entièrement nécrosés, il était squelettique et toussait ». Verdict : Il avait contracté la plus grave des formes de tuberculose connue à ce jour, celle de type XDR. Cette tuberculose ultra-résistante a été identifiée en Afrique et s’est répandue dans près d’une cinquantaine de pays, y compris les Etats-Unis. Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 40 000 nouveaux cas émergent chaque année à travers le globe.
 
A la Pitié Salpêtrière, l’hôpital doté du plus important service de traitement des maladies infectieuses de France, le Tchétchène a été confiné cinq mois par les médecins en chambre à pression négative pour endiguer toute contamination. D’autres cas semblables se sont manifestés dans divers hôpitaux de la capitale tout au long de l’année. Devant ces malheureux, les soignants sont stupéfaits. Certains observent « un drain thoracique qui expulse pus et mucosités pulmonaires » quand d’autres font état de pathologies connexes, tels que diabète de type 1, hépatite C ou dénutrition.
 
Le Professeur François Bricaire, médecin et chef de service des maladies infectieuses à la Pitié Salpêtrière, le note avec une certaine inquiétude : « Ce sont des bombes ambulantes, et leur prise en charge est difficile. Ces tuberculoses multirésistantes sont la conséquence des thérapeutiques antérieures mal conduites, inadaptées, ou arrêtées trop tôt ». Et comme si cela ne suffisait pas, la communication étant rendue problématique en l’absence d’un russophone dans l’équipe soignante, ces patients de l’est se livrent à un comportement parfois anarchique, sortant des chambres à pression négative pour déambuler dans les couloirs et même à l’extérieur de l’hôpital (l’un d’entre eux aurait même été aperçu dans le métro).

Outre les problèmes de santé publique que pourraient engendrer ces débarqués de la tuberculose, les finances de l’hôpital en prennent un coup. Car ces migrants d’un genre particulier, sans le sou et en situation irrégulière, doivent être pris en charge d’une manière ou d’une autre. Et ce sont bien souvent des dossiers d’aide médicale d’Etat (à l’attention des migrants malades qui résident en France depuis trois mois au moins, légalement ou non) qui sont ouverts à leur bénéfice. Le problème est tel que le gouvernement a tenu une réunion de crise pour esquisser des solutions possibles.

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