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Des ateliers d’éducation thérapeutique pour les insuffisants cardiaques
Des ateliers d'éducation thérapeutique pour les insuffisants cardiaques
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4 juin 2012
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Des ateliers d’éducation thérapeutique pour les insuffisants cardiaques

Des ateliers d'éducation thérapeutique pour les insuffisants cardiaques

A l’Institut de cardiologie de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), un petit nombre de patients atteints d’insuffisance cardiaque bénéficie d’une démarche d’éducation thérapeutique dont l’objectif est de réduire le nombre de réhospitalisations et d’améliorer le quotidien des patients.

Depuis 2006, l’Institut de cardiologie de la Pitié-Salpêtrière propose des ateliers d’éducation thérapeutique aux personnes atteintes d’insuffisance cardiaque. Il s’agit d’une pathologie chronique qui se traduit par une incapacité du cœur à avoir un débit cardiaque suffisant pour satisfaire aux besoins de l’organisme.

Pour cette maladie, les hospitalisations sont fréquentes pour décompensation (grande difficulté à respirer du fait d’un engorgement des poumons), avec une durée moyenne de séjour de 10,5 jours. Cependant, une bonne connaissance de la maladie peut souvent les éviter, d’où l’intérêt d’une démarche d’éducation thérapeutique auprès des patients pour les sensibiliser à leur maladie, leur apprendre à mieux la gérer au quotidien et donc améliorer leur qualité de vie.

« Le patient est placé au centre de la démarche, nous lui donnons les éléments pour qu’il vive au mieux sa maladie. Nous ne souhaitons pas imposer la prise en charge de la maladie mais au contraire, faire en sorte que le patient y adhère  », explique le Dr Françoise Pousset, cardiologue à la Pitié-Salpêtrière. La démarche comporte plusieurs étapes. Tout d’abord, un diagnostic éducatif est établi (questionnaire pour évaluer les connaissances du patient sur sa maladie et entretien avec la cardiologue). Deux séances d’éducation thérapeutique sont ensuite prévues, d’une durée de deux heures, à deux semaines d’intervalle. La démarche se termine sur un entretien de synthèse individuel et les acquis sont évalués 6 mois plus tard lors de consultations avec la diététicienne et la cardiologue.

Six patients maximum participent à chaque séance, afin que l’interactivité et l’échange soient possibles. Les séances se déroulent en hôpital de jour et comportent chacune deux ateliers, un centré sur la maladie, animé par le Dr Françoise Pousset et le second sur le régime pauvre en sel, animé par la diététicienne Catherine Coz. Toutes deux ont le souci de rendre le patient actif au cours de l’atelier en l’interpellant sur son ressenti face à la maladie ou sur ses habitudes.

Les ateliers sensibilisent les patients à leur maladie, en leur expliquant notamment le fonctionnement du cœur. Les échanges portent sur les signes qui les conduisent à consulter, la pratique sportive, les voyages…mais aussi sur les médicaments, la nécessité d’avoir toujours sur soi son ordonnance. Des mises en situation permettent de mettre le patient face à des exemples concrets.

Les ateliers de diététique ont « pour objectif de dédramatiser le régime pauvre en sel », souligne Catherine Coz. Les patients sont amenés à reconstituer leurs repas sur une journée type afin de se rendre compte de leur consommation en sel *. Les échanges portent également sur le respect du régime à l’extérieur. L’objectif : faire prendre conscience aux patients qu’ils ont le droit de se faire plaisir en mangeant, à partir du moment où ils savent répartir la quantité de sel autorisée. « Nous leur donnons les outils pour vivre au mieux leur régime, à eux de les utiliser, poursuit la diététicienne. J’encourage également les patients à venir avec leur conjoint, d’autant plus si celui-ci cuisine pour eux. »

D’autres ateliers devraient être intégrés dans la démarche. « En mai 2012, nous allons mettre en place deux ateliers de réentrainement à l’effort physique », annonce le Dr Françoise Pousset.

La démarche d’éducation thérapeutique de l’institut de cardiologie de la Pitié-Salpêtrière s’inscrit initialement dans le programme ICARE**, mis en place en 2003 pour former des centres à l’éducation thérapeutique pour les insuffisants cardiaques. Une étude menée par ce programme montre que le risque de réhospitalisation est réduit de 40 % pour des patients ayant suivi une démarche d’éducation thérapeutique.

* les insuffisants cardiaques doivent se limiter à 5 à 6 g de sel par jour (contre 10 à 12 g en moyenne pour les personnes non malades)

** mené par le Pr Yves Juillière du service de cardiologie du CHU de Nancy, parrainé par la fédération française de cardiologie et le laboratoire pharmaceutique AstraZeneca

Charlène Catalifaud

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