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Demain j’arrête… les somnifères
Demain j'arrête… les somnifères
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30 juin 2011
Auteur de l'article
Pr. Antoine Pelissolo, 41 articles (Psychiatre)

Pr. Antoine Pelissolo

Psychiatre
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Demain j’arrête… les somnifères

Demain j'arrête… les somnifères

L’AFSSAPS vient d’annoncer que le somnifère Noctran sera retiré de la vente le 27 octobre prochain. Les autorités ont jugé que ce vieux médicament crée plus de problèmes qu’il n’apporte de solutions, notamment car il est composé de trois produits différents, chacun pouvant avoir des effets secondaires (somnolence dans la journée, troubles de la mémoire, chutes, dépendance, etc.).  Comme les autres somnifères, le Noctran ne devrait être prescrit que sur des durées courtes, mais en fait beaucoup de personnes en prennent pendant des mois voire des années. C’est le cas surtout des personnes âgées, qui sont les plus fragiles par rapport aux effets secondaires.

Dès aujourd’hui, la consigne donnée aux médecins est donc de ne plus prescrire de Noctran à des nouveaux patients, et surtout de commencer à préparer un « sevrage » chez ceux qui sont traités depuis plusieurs années et qui ont de bonnes chances d’être dépendantes. Ceci est tout à fait possible, avec un peu de temps et de patience. Le défi principal est de parvenir à arrêter le médicament, sans en prendre de nouveaux qui risqueraient de créer les mêmes problèmes.

Voici quelques règles de base pour faciliter ce sevrage, même s’il est essentiel d’être guidé par son médecin :

- chercher et corriger toutes les causes qui peuvent perturber le sommeil (bruit, chaleur, douleurs, angoisses, dépression, etc.)

- choisir le bon moment pour arrêter : en dehors d’une période de stress, de préférence à un moment où le fait de mal dormir ne sera pas catastrophique (vacances par exemple) ;

- programmer une diminution progressive des doses sur une période d’un mois environ : si vous prenez un comprimé, coupez le en deux pendant 2 semaines, et n’en prenez que 2 ou 3 fois par semaine (un demi comprimé) lors des 15 jours suivants ; si vous en preniez plus d’un, procédez de la même manière sur 2 mois ;

- se préparer à affronter une période de turbulence potentielle (tout peut très bien se passer en fait), pendant quelques jours au moins : insomnie, nervosité, fatigue, etc. ; rien de très grave, mais si on n’est pas prévenu, l’inquiétude pousse très rapidement à reprendre le somnifère et donc à revenir au point de départ ;

- une fois le sevrage complet obtenu, se débarrasser de tous les comprimés restant, afin de ne pas être tenté d’en reprendre, même ponctuellement ;

- privilégier ensuite les traitements « naturels » de l’insomnie : activités physiques  dans la journée, détente le soir, horaires fixes de coucher et de lever, suppression des excitants, tisanes, etc.

Si ce programme ne fonctionne pas bien, des médecins spécialistes du sommeil peuvent proposer d’autres solutions plus complexes. Mais, dans tous les cas, ne tardez pas car le 27 octobre arrivera vite ! Et sachez que d’autres hypnotiques sont dans le collimateur des autorités et risquent de subir le même sort que le Noctran dans les prochains mois. Donc, plus que jamais, dormez « bio », sans somnifère !

Pr Antoine PELISSOLO, psychiatre
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