De retour à Paris, un médecin de guerre raconte l’horreur en Libye

Le Docteur Pierre Marie Vincent est en charge de la société Denos Health Management, qui gère le Benghazi Medical Center, le centre hospitalier devenu emblématique du soulèvement et de la résistance des rebelles libyens face Mouammar Kadhafi l’an dernier. Témoin des événements, ce médecin urgentiste français a sorti un livre aux éditions Les nouveaux auteurs intitulé "Journal d’un médecin en temps de guerre. Libya Hurra !". Rescapé de l’horreur, l’intéressé s’y confie à cœur ouvert, au travers d’un récit poignant.
Un an après le printemps arabe, le Docteur Pierre Marie Vincent se devait de livrer ses observations sur les événements bouleversants qui ont marqué la Libye en général et l’hôpital de Benghazi en particulier. Affecté au Benghazi Medical Center (BMC) depuis 2009, le médecin se confie ainsi sur la déferlante des événements, sa détermination à protéger son personnel tout en continuant à assurer le service médical pour les malades, bientôt rejoints par les blessés de guerre (à la fois anti et pro-Kadhafi), toujours plus nombreux comme en témoignaient les visions cauchemardesques des salles d’attentes débordées de blessés. Il revient par ailleurs sur les menaces et pressions qu’il a subit en tant que représentant médical français.
Désormais à Paris, Pierre Marie Vincent a offert sa vision du déroulement de la guerre en Libye au site 20minutes.fr, estimant que, somme toute, « la révolution, les Libyens l’ont faite et menée à bien ». Il livre cependant des témoignages de nature plus médicale à la rédaction d’Impact Santé. Le médecin urgentiste affirme ainsi avoir fait du BMC, en piteux état à son arrivée, un pôle d’excellence en moins de deux ans. « Et lorsque les rues de Benghazi se sont embrasées, le 17 février 2011, mes collègues ont été les témoins des premières heures de la révolution. Les urgences du BMC s’emplissaient de blessés, parfois adolescents, et touchés à la tête et à l’abdomen ». Malgré un rapatriement décidé par Paris, Pierre Marie Vincent est resté sur place pour ne pas abandonner les Libyens.
Une médecine de guerre s’est alors mise en place : « Les 16 blocs opératoires ont tourné à plein régime. Le nombre de blessé devenait impressionnant. Les tireurs embusqués visaient le thorax pour entraîner des détresses respiratoires ». Mais ce médecin globe trotteur passionné de médecine internationale en a vu d’autres… Il regrette simplement que les jeunes générations de médecins français n’aient plus cette passion cultivée par leurs aînés qui était d’exercer à l’étranger, en faisant fi des frontières : « Les métiers de la santé offrent pourtant des trajectoires de carrières variées, à l’étranger comme en France ».
POST-SCRIPTUM
"Journal d’un médecin en temps de guerre - Libya Hurra !" est sorti en librairie le 1er mars dernier aux éditions Les nouveaux auteurs. Son prix est de 17,90 euros.
Présentation de l’éditeur :
La révolution libyenne vue de l intérieur. Un témoignage unique et exceptionnel. Quand tous avaient fui les combats, des hommes de terrain sont restés au Benghazi Medical Center pour soigner les victimes de la guerre civile, au péril de leur vie.
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