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Comment les Anglais choisissent-il leur médecin traitant ?
Comment les Anglais choisissent-il leur médecin traitant ?
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8 novembre 2012
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Pharmacie innovante, 9 articles (Rédacteur)

Pharmacie innovante

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Comment les Anglais choisissent-il leur médecin traitant ?

Comment les Anglais choisissent-il leur médecin traitant ?

En France, pour bénéficier du taux de remboursement optimal, il n’existe aucune contrainte quant au choix de son médecin traitant. Tout assuré peut opter pour un médecin généraliste ou spécialiste, de secteur 1 ou 2, dans la zone géographique qu’il souhaite. Mais, hormis le bouche à oreille, l’annuaire de l’Ordre National des Médecins ou les Pages Jaunes, l’assuré ne dispose pas de critères de choix. Qu’en est-il outre-manche ? Dans un pays réputé pour son libéralisme, le système de santé y est-il aussi souple que le nôtre ? Sur quels critères peut-on choisir son médecin traitant ? Pour cela, il suffit de se rendre sur le site du NHS, la « sécu » britannique, si fièrement célébrée lors de la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques de Londres. Le système de santé public anglais est-il confronté à des abus ? Et le rôle du pharmacien dans tout cela ?

En Angleterre, l’assuré a le choix entre le secteur privé et le secteur public. S’il veut une prise en charge, il doit, tout comme en France, déclarer un médecin traitant. Pour cela, il lui faut remplir le formulaire GMS1. A noter que ce formulaire permet non seulement de donner les coordonnées du médecin précédent pour permettre la transmission de son dossier médical mais aussi d’indiquer ses souhaits en matière de don d’organes et/ou de sang.

Quant au choix du médecin à proprement parler, le NHS met à la disposition des usagers un nombre impressionnant de données et de statistiques sur son site NHS Choices. Rappelons qu’en France, aucune information n’est communiquée par et sur les médecins, en dehors de la spécialité, des coordonnées et des honoraires. On se souvient de l’apparition en 2008 de quelques sites de notation qui ont rapidement été condamnés par la justice et la CNIL.
 
Le moteur de recherche propose, dans un premier temps, des critères de localisation géographique et de services :
- parking sur site
- parking adapté aux handicapés
- accès sans marche
- rendez-vous possibles avant 8:00 et après 18:30
- rendez-vous possibles le week-end
 
Pour chaque médecin ou cabinet médical de secteur trouvé, des données et des statistiques sont proposées. Sont notamment indiqués le nombre de médecins hommes et femmes que comporte le cabinet médical, les langues parlées et plus étonnant encore les éventuels commentaires laissés par les patients ainsi qu’une note sur 10 d’appréciation générale. En effet, dans le but d’améliorer la qualité du service, le NHS encourage les usagers à évaluer leur médecin et à faire part de leurs commentaires : un formulaire en ligne est mis à leur disposition. La publication des messages est encadrée : intervention d’un modérateur et droit de réponse du médecin. Les règles sur le contenu accepté sont précises (utilisation impérative de l’anglais, interdiction d’écrire en majuscule, d’être nominatif, etc.).
 
Outre cette note globale, l’attente, les heures d’ouverture, les médecins et les infirmiers font aussi l’objet d’une évaluation. On peut également consulter des données sur le nombre de patients orientés vers les urgences, etc. Enfin, les performances en matière d’organisation, de traitement de diverses pathologies, telles que l’asthme et le diabète, sont dument répertoriées.
 

Certes les critères sont vastes, mais les Anglais ont-ils vraiment le choix ?

 

D’une part, le médecin ou le cabinet de médecins choisi doit se trouver dans un secteur géographique restreint et accepter de nouveaux patients. L’Angleterre commence à manquer cruellement de généralistes : en 2011, pour 52 millions d’habitants, ils étaient 25 000 dont 1 sur 8 annonçait partir en retraite dans les deux ans1. Il n’est pas rare que la patientèle de certains médecins dépasse 3 000 personnes. Comme le système de santé l’y autorise, les cabinets ont recours à des infirmiers pour traiter les pathologies les moins graves (sevrage tabagique, contraception, petites blessures).
 
Et selon une enquête commanditée par le NHS en 20102, 21 % des sondés éprouvaient des difficultés à obtenir un rendez-vous chez leur généraliste…à moins de se tourner vers des médecins du secteur privé. La question principale n’est alors plus when, mais how much.
 
En France comme en Angleterre, les lignes se rejoignent sur la responsabilisation des usagers : selon une enquête du NHS, 51 millions de rendez-vous par an pourraient être évités si les Anglais s’orientaient vers d’autres ressources, tels que les pharmaciens. L’enquête révèle que 40 000 consultations sont consacrées aux pellicules capillaires, 20 000 au mal des transports et 5,2 millions aux rhumes… des « pathologies » qu’un pharmacien est tout à fait en mesure de prendre en charge. Ce professionnel de santé saura aussi vous orienter vers votre généraliste si votre cas l’exige.
Pharmacie Innovante

SOURCES

  • 1. Enquête de la British Medical Association. Juin 2011
    2. Enquête de l’institut IPSOS Mori. Janvier à novembre 2010.
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