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Après la e-ordonnance, la e-pharmacie ?
Après la e-ordonnance, la e-pharmacie ?
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13 avril 2012
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Pharmacie innovante, 9 articles (Rédacteur)

Pharmacie innovante

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Après la e-ordonnance, la e-pharmacie ?

Après la e-ordonnance, la e-pharmacie ?

L’assurance maladie prend désormais en charge le supplément pour archivage numérique des actes et prestations d’examens scanographiques ou remnographiques.

Un encouragement à la numérisation ?

En effet, confortée par la « réussite » de la télétransmission des feuilles de soins par les pharmacies, l’assurance maladie, selon son directeur de l’offre de soins Philippe Ulmann, va faire disparaître progressivement les ordonnances papiers. L’objectif étant de dématérialiser un processus long et coûteux, au profit de la prescription médicale électronique.
Suite à l’expérimentation sur la numérisation des ordonnances lancée en 2010, plus de 900 pharmacies scannent à ce jour les prescriptions médicales quand les patients viennent récupérer leurs traitements à l’officine. Ces scans d’ordonnances sont ensuite gravées sur des CD Rom qui sont envoyés par quinzaine à la Sécurité Sociale.

D’ici la fin de l’année, les trois quarts des officines devraient avoir adopté ce système, pour une généralisation effective début 2013. L’objectif étant de supprimer l’envoi du CD Rom, la télétransmission des ordonnances se fera directement de la pharmacie à la Sécu via un serveur informatique sécurisé.
Cette télétransmission va, à partir de 2014, s’étendre aux médecins. Ces derniers vont être encouragés à passer eux aussi à l’ordonnance électronique. L’idée est que tous les professionnels de santé : pharmacies, IDE libéraux, kinésithérapeutes, labos… puissent avoir accès à l’ordonnance du médecin via un seul et même portail internet professionnel.

Hormis, les économies monétaire et humaine d’un tel système à terme, est également mis en avant la lutte contre les fraudes et falsifications d’ordonnances papiers, mais également l’apport d’une réponse à un certain nombre d’exigences réglementaires, de sécuriser et optimiser les processus de prescription, d’analyse pharmaceutique et d’administration.
Via le numérique, les prescriptions sont en effet plus lisibles et exhaustives. Les pharmaciens et autres acteurs de santé pourront valider en temps réel la prescription dans son intégralité et éviter les retranscriptions. Cela permettrait de générer automatiquement la commande de médicaments tout en ayant une analyse « pharmacoéconomique » des prescriptions.
Cette adaptation aux nouvelles technologies et la réorganisation qu’elle incombe n’est pas toujours bien perçue et déclenche une certaine réticence, voir un refus de professionnels de santé. Dans tous les cas, l’informatisation demande une réorganisation des pratiques de tous les acteurs de santé.

Pourtant, à l’heure de la désertification de prescripteurs en zone rurale, de la numérisation de la majorité des supports, de la loi HPST et celle des holdings, de la vente d’OTC sur Internet, des directives européennes, de la télémédecine, des départs en retraite de pharmaciens, des économies sur les médicaments par les pouvoirs publics… le monde pharmaceutique vit un basculement de son économie et du métier officinal.
Dès aujourd’hui, des défis majeurs d’adaptation et d’évolution du métier s’imposent pour que le pharmacien préserve son rôle professionnel d’acteur de santé, sa déontologie et son pouvoir de marché et qu’il puisse ainsi saisir les opportunités nouvelles qui se profilent.

Comment se positionner en tant que pharmacien face à la pharmacie virtuelle ?
Pour lui, la complexité réside dans le respect de la déontologie, de la réglementation de sa profession mais également de la vente de produits au centre de nombreuses règles souvent contradictoires.
En discutant de part et d’autre, il est attendu un positionnement clair par l’Ordre des Pharmaciens, qui a fait peau neuve de son site internet pour plus de « pertinence, transparence et réactivité ».
Il existe pour les médecins un livre blanc « La déontologie médicale sur le Web » publié par le Conseil de l’Ordre des Médecins (consultable sur ce lien : http://www.conseil-national.medecin... )

A l’heure où l’araignée mondiale tisse son immense « toile » , il devient urgent de protéger la profession, le circuit du médicament et le patient internaute, souvent amalgamés ou pris dans les filets de sites marchands malhonnêtes ou de contrefaçons. Il suffit de taper dans un moteur de recherche : pharmacie en ligne et de regarder les résultats fleurir.
Il devient donc urgent pour la protection de tous de légiférer en souhaitant qu’une pharmacie virtuelle soit rattachée obligatoirement à une officine physique.
Le Forum des Droits sur l’Internet s’est prononcé tout à fait favorablement au développement de la vente de médicaments en ligne par des pharmaciens dès lors que ce moyen permettrait de lutter contre la vente de produits contrefaits et dangereux vendus par des sites étrangers non contrôlés.
Les experts conseillent en l’état de la jurisprudence de considérer le site internet comme la vitrine virtuelle de la pharmacie.

A ce jour, les pharmaciens peuvent vendre en ligne des produits cosmétiques, d’hygiène corporelle, des compléments alimentaires… et quant aux médicaments délivrables sans ordonnances… que dit la loi ?
En France, rien n’a été légiféré. Pourtant la jurisprudence communautaire a clairement établi le principe suivant lequel « l’interdiction de vendre certains produits ne peut être justifiée que par leur dangerosité, caractérisée par la subordination de leur délivrance à une prescription médicale » (CJCE 11 décembre 2003, aff.C-322/01).
Ainsi, rien ne s’oppose à la vente sur internet de médicaments non soumis à prescription médicale obligatoire par un pharmacien.

Et le Conseil de l’Europe va plus loin en autorisant la vente en ligne des médicaments soumis à prescription médicale « dès lors qu’un dispositif permettrait la communication sécurisée et un contrôle de fiabilité des ordonnances médicales en ligne ».

CQFD. La boucle est bouclée. De l’e-ordonnance à l’e-pharmacie, une suite programmée ?

M-A. Beauvieux

Pharmacie Innovante
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