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Antidépresseurs : en début de traitement, évitez le volant
Antidépresseurs : en début de traitement, évitez le volant
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30 août 2012
Auteur de l'article
Henri de Miebenthal, 476 articles (Kinésithérapeute)

Henri de Miebenthal

Kinésithérapeute
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Antidépresseurs : en début de traitement, évitez le volant

Antidépresseurs : en début de traitement, évitez le volant

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) appelle les automobilistes sous antidépresseurs à une vigilance particulièrement accrue. Selon les résultats d’une nouvelle étude, en effet, la prise de médicaments contre la dépression augmenterait les risques d’accidents au volant d’au moins 34%. Et deux périodes seraient sensibles, le démarrage du traitement (surtout) et les changements de prescription.

Ce n’est pas pour rien que l’ANSM fait passer le feu à l’orange, voire au rouge. L’agence du médicament a analysé les résultats d’une étude portant sur 72 685 conducteurs impliqués dans un accident de la route entre 2005 et 2008. En croisant les fichiers de police sur les accidents et ceux de l’Assurance maladie pour les médicaments prescrits, les spécialistes ont ainsi trouvé un risque aggravant d’accident de plus de 34% pour les 2 936 conducteurs qui avaient pris au moins un antidépresseur la veille de l’accident. Est-on bien certain que le risque est dû à l’antidépresseur et non à la dépression elle-même ? Les chercheurs assurent que « la méthode statistique employée a permis de se débarrasser des effets de la pathologie ».
 
Dans son dernier bulletin, l’ANSM y va par conséquent de sa recommandation bienveillante : « Une attention toute particulière doit être portée aux périodes d’initiation [où le risque est maximal, avec une probabilité d’accident de la route accrue de 49%] ou de modification du traitement. Celles-ci sont en effet associées à une vulnérabilité accrue des patients conducteurs ». Emmanuel Lagarde, épidémiologiste à l’ISPED (Université Bordeaux SegalenInserm) et co-auteur de l’étude, insiste également sur la phase hautement dangereuse du démarrage de la prise des produits : « Il faut vraiment faire attention sur des périodes courtes, de deux semaines environ, au début du traitement, par exemple en évitant de prendre le volant ou en réduisant la vitesse ».
 
Il est vrai que les nouveaux antidépresseurs, à l’image des IRSS (inhibiteurs de recapture de la sérotonine) entraînent moins de somnolence que les premiers antidépresseurs qui ont été mis sur le marché. Mais, à l’exemple des anxiolytiques ou des somnifères, ils provoquent une diminution de l’attention et des réflexes chez le conducteur.

Des pictogrammes figurent sur les boites de médicaments pour aider les automobilistes à juger du bien fondé d’une reprise du volant. Ils sont associés à trois niveaux de risque. Un triangle jaune, pour le niveau 1, indique : « Soyez prudent. Ne pas conduire sans avoir lu la notice ». Un triangle orange, pour le niveau 2, mentionne : « Soyez très prudent. Ne pas conduire sans l’avis d’un professionnel de santé ». Et enfin un triangle rouge, pour le niveau 3, souligne un risque maximum : « Attention, danger. Ne pas conduire. Pour la reprise de la conduite, demandez l’avis d’un médecin ». L’étude, publiée dans la revue Journal of Clinical Psychiatry, pourrait en annoncer une autre du même acabit. Emmanuel Lagarde envisage en effet de quantifier les risques d’accidents chez, cette fois, les piétons sous antidépresseurs.

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