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Alzheimer : déremboursement en vue pour les médicaments ?
Alzheimer : déremboursement en vue pour les médicaments ?
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30 septembre 2011
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Lisaravine, 3 articles (Rédacteur)

Lisaravine

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Alzheimer : déremboursement en vue pour les médicaments ?

Alzheimer : déremboursement en vue pour les médicaments ?

Le 21 septembre 2011 se tenait la journée mondiale Alzheimer. Quasiment au même moment, on apprenait par des bruits de couloir que les quatre principaux médicaments utilisés dans la lutte contre la maladie pourraient progressivement être déremboursés. Qu’on se le dise, l’heure semble être aux restrictions budgétaires et non à la préservation de la dignité des malades.

En France plus de 800 000 personnes sont touchées par la maladie d'Alzheimer ou une maladie apparentée. Malgré les progrès accomplis, plus de la moitié des malades ne sont pas diagnostiqués et 2/3 ne sont pas traités. 

Ces données devraient être suffisamment alarmantes pour faire de la prise en charge des malades une priorité de santé publique. Cependant, la Commission de la transparence (CT) de la Haute autorité de santé (HAS) a tenu il y a une semaine une réunion sur 4 médicaments anti-Alzheimer. Selon de nombreuses sources, elle envisagerait de revoir à la baisse leurs notes de service médical rendu (SMR) et d'amélioration du service médical rendu (ASMR). En d’autres termes, la HAS estime que ces molécules ne combattent pas assez efficacement la maladie. Cette décision pourrait être un prélude à leur déremboursement.
 
Cette nouvelle serait plutôt inquiétante dans la mesure où ces quatre médicaments – le donépézil, la galantamine, la rivastigmine et la mémantine – sont plébiscités aussi bien par les spécialistes que par les malades et leurs proches. Et pour cause :
« Si ces médicaments n’enrayent pas l’évolution de la maladie, ils agissent sur les symptômes et sur la qualité de vie des patients. Bien que modeste, leur efficacité est réelle. Il y a danger à ne se fonder que sur la seule rationalité économique » explique ainsi le Pr Bruno Dubois du groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière à Paris.
 
Ces médicaments agissent en effet sur les "troubles cognitifs et comportementaux" des malades afin de leur offrir une plus grande autonomie. En clair, ils ne soignent pas mais améliorent la qualité de vie du malade et de ses accompagnants. Ces molécules permettent de prolonger la lucidité et l’autonomie des patients. "Il n’y a pas de bagarre entre les spécialistes à ce sujet" ajoute le professeur Jean-Pierre Ollier, psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris.
 
Le déremboursement annoncé des traitements anti-Alzheimer devrait faire économiser 200 millions d'euros par an aux caisses de la Sécurité Sociale. L’économie est donc minime au regard des déficits de la Sécurité Sociale. Or, le déremboursement créerait des inégalités. Il y aura ceux qui pourront continuer à prendre des médicaments présentés comme indispensables quoi qu’en disent les pouvoirs publics et il y aura tous les autres. Cette inégalité sera d’autant plus grande qu’en l’absence de remboursement, les fabricants et les pharmaciens peuvent pratiquer une politique de prix libres. 
 
A l'heure où la maladie d'Alzheimer gagne du terrain, alors que notre société vieillit et que les capacités financières des familles s'érodent, dérembourser des médicaments qui ne guérissent certes pas mais qui soulagent et ralentissent la maladie serait une décision inadmissible. Le gouvernement entendra-t-il ces arguments ?
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