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Addictologie : une nouvelle unité à l’hôpital René- Muret
Addictologie : une nouvelle unité à l'hôpital René- Muret
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1er février 2011
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Addictologie : une nouvelle unité à l’hôpital René- Muret

Addictologie : une nouvelle unité à l'hôpital René- Muret

Depuis le début de l’année, une nouvelle unité accueille des patients aux profils divers pour traiter des addictions sévères pris en charge par trois addictologues et un psychiatre. Le cadre serein de l’hôpital gériatrique René-Muret se prête favorablement à l’accueil de cette population en grande souffrance. Au programme : sevrage mais aussi soins de suite et de réadaptation afin de retrouver une vie sociale et professionnelle. Retour sur ce projet avec le Docteur Anne Borgne qui dirige cette unité.

Comment est née l’unité d’addictologie que vous dirigez à l’hôpital René-Muret ?

Les trois établissements hospitaliers AP-HP de Seine-Saint-Denis, Avicenne, Jean-Verdier et René-Muret, travaillaient déjà de façon liée sur certaines thématiques, en particulier dans le cadre d’une unité de coordination tabacologique depuis 2000. Pour la prise en charge des autres addictions, d’autres équipes s’occupaient d’alcool et de toxicomanie. En 2007 est entré en application le plan national sur les addictions, dont le premier objectif était de regrouper la prise en charge pour une approche globale et non scindée par type de produit. Nous avons alors créé une unité fonctionnelle d’addictologie à l’hôpital Jean-Verdier début 2007, en regroupant et en mutualisant les équipes qui s’occupaient de toxicomanie, de tabacologie et d’alcool. Puis nous avons répondu aux appels à projets du plan addictologie et obtenu des renforcements de moyens au cours des années suivantes. Ainsi nous avons ouvert en 2008 les premiers lits de sevrage à Jean-Verdier, un hôpital de jour, et obtenu l’agrément niveau 2 qui signifie que l’unité regroupe les consultations et des lits d’hospitalisation dédiés au sevrage, avec une équipe multidisciplinaire de prise en charge qui comprend psychologues, éducateurs, assistantes sociales et propose des ateliers thérapeutiques, etc.

Pourquoi avoir transféré l’unité de Jean-Verdier à l’hôpital gériatrique René-Muret ?

La réflexion sur le regroupement des trois hôpitaux était engagée et nous avons présenté un projet de niveau 3, intégrant l’enseignement et la recherche, et complétant la filière par une offre de soins de suite et de réadaptation (SSR) en addictologie. Nous avions proposé que les SSR se fassent à René-Muret car c’est un site un peu décentré, qui possède un grand parc, propice à la sérénité, et un plateau technique de rééducation performant. Notre modèle était le service d’addictologie de l’hôpital Emile-Roux et le projet a séduit. Puis il est apparu qu’il serait plus logique de transférer au même endroit l’ensemble de la filière, à savoir les lits d’hospitalisation de sevrage complexe, l’hôpital de jour et les SSR. L’hôpital René-Muret nous a octroyé une aile complète et redéployé du personnel pour réaliser notre projet comprenant 10 lits de sevrage, 16 lits de SSR et 4 places en hôpital de jour.
Nous avons pu lever les craintes du personnel et des usagers de l’hôpital René-Muret vis-à-vis de la population que nous allions accueillir, qui sont simplement des personnes en grande souffrance. La première journée a été une journée d’intégration et d’échanges et les premiers patients ont été accueillis dès le 4 janvier. Nous sommes très contents de l’accueil qui nous est fait et de l’aide qui nous est proposée par le personnel de René-Muret : kinésithérapeutes, diététiciennes, psychomotriciens …

Combien de patients accueillez-vous aujourd’hui et pour quels types de problèmes ?

Nous avons 16 patients à ce jour. La patiente la plus âgée a 73 ans, le plus jeune a 20 ans. L’objectif est de rester à 16 patients jusqu’en mai/juin mais nous allons probablement monter en puissance plus vite pour pouvoir faire face à une demande importante. Nous prenons en charge les dépendances aux produits psycho-actifs (tabac, alcool, drogues illicites, médicaments) mais aussi au jeu, au sexe, ainsi que la dépendance des jeunes aux « écrans », sous toutes leurs formes.
Les soins de suite et de réadaptation consistent en une prise en charge médico-psychologique et sociale. Beaucoup de patients ont perdu leur emploi du fait de leurs conduites addictives. Nous les réadaptons à reprendre une vie sociale et professionnelle. Ils réapprennent à faire une lettre de motivation, à préparer un entretien, etc.
Enfin, nous avons gardé à l’hôpital Jean-Verdier une équipe de consultation et de liaison, un temps infirmier et de secrétariat afin poursuivre la prise en charge ambulatoire et celle des patients hospitalisés initiée depuis plusieurs années sur ce site.

Propos recueillis par Jocelyn Morisson
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Mots-clés :
Addiction Sevrage Hôpital