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Ablation hybride d’une fibrillation atriale permanente ancienne à l’hôpital Henri Mondor
Ablation hybride d'une fibrillation atriale permanente ancienne à l'hôpital Henri Mondor
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25 janvier 2013
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Ablation hybride d’une fibrillation atriale permanente ancienne à l’hôpital Henri Mondor

Ablation hybride d'une fibrillation atriale permanente ancienne à l'hôpital Henri Mondor

Le Dr Eric Bergoënd du service de Chirurgie cardiaque (Pr Jean-Paul Couëtil), le Dr Nicolas Lellouche et le Dr Nathalie Elbaz du service de cardiologie (Pr Jean-Luc Dubois Randé) de l’Hôpital Henri Mondor ont réalisé avec succès le 28 Novembre dernier une ablation hybride d’une fibrillation atriale (FA) persistante de longue durée, à l’aide d’un nouveau système de vidéo-péricardoscopie.

La fibrillation atriale (FA) est le plus fréquent des troubles du rythme cardiaque, sa prévalence augmente avec l’âge, jusqu’à atteindre 10% de la population à 80 ans. Elle se caractérise par une action non coordonnée des cellules auriculaires aboutissant à des battements irréguliers et rapides des oreillettes cardiaques. En cas de FA, le nœud sino- auriculaire – ensemble de cellules situé dans la paroi supérieure de l’oreillette droite du cœur dont la dépolarisation commande le rythme cardiaque normal, dit « rythme sinusal » – n’exerce plus de contrôle sur le rythme cardiaque. La FA détériore donc la fonction cardiaque et empêche le cœur de pomper efficacement le sang vers les organes. Cette fibrillation peut se manifester de différentes manières : par des palpitations (arythmie), de la fatigue (asthénie) ou encore un essoufflement (dyspnée). Pour certains patients les symptômes sont plus graves et se déclarent par un caillot dans le cœur, qui peut entraîner une embolie cérébrale.

Pour les patients souffrant de FA, l’approche thérapeutique recommandée consiste aujourd’hui essentiellement à maintenir les patients en rythme sinusal et à empêcher la formation de caillots sanguins pour réduire le risque d’accident vasculaire cérébral, au détriment du traitement de l’arythmie : administration d’anticoagulants (ex : warfarine) et/ou d’inhibiteurs plaquettaires (ex : aspirine). L’ablation endocavitaire de la FA est une thérapeutique importante pour le maintien des patients en rythme sinusal. Cette procédure est particulièrement efficace pour le traitement des patients ayant une FA paroxystique (fibrillation survenant de temps en temps), mais son efficacité est moindre pour les patients souffrant de FA persistante.

Pour traiter un patient présentant une FA ancienne symptomatique, avec échec d’une 1ère tentative d’ablation endocavitaire, l’équipe de l’hôpital Henri Mondor a utilisé une technique dite « vidéo-pericardoscopie ». Cette technique, développée dans plusieurs centres européens et américains, permet de réaliser un traitement efficace de la fibrillation atriale de longue durée. Il s’agit d’une procédure dite « hybride » qui associe le même jour un geste chirurgical mini-invasif (ablation épicardique) sous contrôle vidéoscopique et un geste complémentaire par cathétérisme (ablation endocavitaire). L’ablation chirurgicale consiste à introduire un tube souple (ou trocard) dans la cavité qui entoure le cœur pour isoler par la chaleur les zones de tissu à l’origine des signaux électriques anormaux. Elle est réalisée sous anesthésie générale ; le temps opératoire dure environ 1 heure. Le geste par cathétérisme a lui une durée variable, en général inférieure à 2 heures. Le taux de succès (retour en rythme sinusal) est supérieur à 90% à un an, ce qui est très supérieur pour ces patients aux techniques endocavitaires seules.

L’intervention réalisée à Henri Mondor, une première à l’AP-HP, a été un succès. Le patient est sorti deux jours après son opération, en rythme sinusal

« Cette technique permet de traiter avec succès des patients qui jusque-là étaient condamnés à vivre avec leur arythmie, avec la gêne fonctionnelle inhérente, et le risque de voir leur fonction cardiaque se dégrader » précise le Dr Bergoënd.

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Mots-clés :
Hôpital