L’Académie de médecine propose une pratique du sport prescrite et prise
en charge par la Sécurité sociale au même titre qu’un médicament… Et
c’est désormais vraiment le cas à Strasbourg, où les habitants souffrant
de certaines maladies chroniques peuvent se faire prescrire
une activité physique auprès de leur médecin traitant. Cette
expérimentation, qui durera un an, associe la ville de Strasbourg,
l’Assurance maladie, l’Agence régionale de santé et plusieurs
associations. Le dispositif, qui permet aux patients de pratiquer
gratuitement l’aviron, l’athlétisme ou encore le vélo, fera l’objet
d’une évaluation concrète des bienfaits du sport sur la santé.
Le maire socialiste de Strasbourg, Roland Ries, a prévenu son auditoire lors d’un point presse : L’opération lancée par sa ville, "Sport-santé sur ordonnance", en collaboration avec la caisse du Régime local d’Assurance maladie, l’Agence régionale de santé et quelques associations, « n’est pas du tout dans l’idée de créer une dépense supplémentaire pour la Sécurité sociale », mais, assure-t-il d’« ouvrir la voie à des ordonnances moins médicamenteuses ». L’expérimentation, à laquelle sont partie prenante 50 médecins de Strasbourg, est d’ailleurs entièrement prise à charge par la ville. Et les coûts, à la fois humains et matériels, sont estimés à 129 000 euros.
Les personnes à qui s’adresse la "solution sportive" sont en priorité des patients atteints de maladies chroniques telles que l’obésité, le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. Ceux-ci pourront accéder gratuitement à des équipements sportifs et pratiquer le vélo, la marche à pied, la gymnastique, l’athlétisme ou encore l’aviron, après en avoir discuté et suite à une évaluation avec leur médecin et un éducateur sportif. Michel Cimes, médecin et animateur d’émissions de télévision sur la santé, affiche un soutien enthousiaste à l’opération strasbourgeoise, rappelant que « la marche et le jogging augmentent l’espérance de vie et stimulent l’activité du cerveau ».
L’Académie de médecine rappelle de son côté que la pratique régulière d’un sport « est un moyen de prévenir le diabète et les maladies cardiovasculaires, de normaliser la pression artérielle et d’optimiser la santé mentale et le sommeil ». Cette initiative pourra-t-elle un jour s’étendre à la France entière ? Si l’on en croit l’Imaps, une société rattachée à la Mutualité française, la Sécurité sociale ferait une économie annuelle de 56,2 millions d’euros en permettant à certains patients de bénéficier d’activités sportives, ceci grâce au bénéfice du sport et de la moindre consommation de médicaments.