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A chaque plaie son antiseptique
A chaque plaie son antiseptique
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30 mars 2010
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DR DELEPOULLE A-S, 16 articles (Pharmacien)

DR DELEPOULLE A-S

Pharmacien
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A chaque plaie son antiseptique

A chaque plaie son antiseptique

Qui dit printemps dit activités en plein air (sport, jardinage, bricolage) et dit aussi risque de blessures... On a tous dans notre armoire à pharmacie au moins un antiseptique, mais savez-vous au juste comment l’utiliser ? Peut-être qu’il n’est plus bon même s’il n’est pas encore périmé ? Peut être n’est-il pas adapté à la blessure que vous venez de vous faire... Alors faites le point avant !

Différentes classes d'antiseptiques

Dans les antiseptiques, on distingue : Les antiseptiques majeurs actifs sur : Gram+, gram-, virus, champignons : ce sont les dérivés iodés (povidone : Bétadine®) et les dérivés chlorés (Dakin®, Amukine®) Les antiseptiques mineurs : Bactéricide sauf bactéries sporulées, virucide mais pas ou peu d'action sur les champignons. Ce sont les Biguanides : Clorhexidine (Hibiscrub®, Plurexid®, Septivon®, Biorgasept®, Baseal®, Bisptine®, Cyteal®, Mercryl®...), les ammonium quaternaires : (Sédaplaie®, Stérilène®, Sterlane®), l'hexamidine : Cétrimide (Cétavlon®), Hexomédine, Sédaplaie®, Stérilène® Pour l'antisepsie des plaies et des muqueuses. Pour une plaie propre, on préférera la chlorhexidine ou le dakin. Pour une plaie souillée, on procédera à une détersion préalable avec savon ou "scub" (chlorhexidine, bétadine), puis on rincera à l'eau ; et on séchera par tamponnement avec une compresse (pour ne pas diluer l'antiseptique qui suivra). Pour l'antisepsie de la peau saine (avant une injection et/ou une prise de sang) et/ou pour la désinfection du petit matériel (thermomètre par exemple), on utilisera l'alcool à 70°.

Règles d'utilisation des antiseptiques :

Un antiseptique s'applique sur peau propre, lavée, bien rincée et séchée (pour éviter tout phénomène de dilution). Leur activité est diminuée en présence de sang, de pus, d'exsudats. Bien nettoyer toute plaie avant d'appliquer un antiseptique. Il s'applique toujours de l'intérieur de la plaie vers l'extérieur. Respecter le temps de contact. Chaque antiseptique a un temps de contact minimal à respecter afin d'être efficace ; de 1 minute à 10 minutes pour certaines indications : 3 minutes pour une plaie ou une mycose, 5 minutes pour un furoncle, 10 minutes 3/jour pour un panaris. Un antiseptique ne se rince pas, excepté chez les nourrissons et pour les formes "scrub". Séchage à l'air libre. Renouveler leur application selon les indications données par votre médecin. Pas de mélange d'antiseptiques : risque d'inactivation et/ou de toxicité. Utiliser les mêmes familles d'antiseptiques si plusieurs étapes d'antisepsie sont nécessaires : ex Lavage à la Bétadine® scrub, rinçage, séchage, puis Bétadine® dermique. Attention aux contaminations : ne pas manipuler l'ouverture du flacon avec les doigts ou objets souillés (un nettoyage des mains rigoureux est nécessaire). Ne pas reconditionner. Préférer les unidoses ou les conditionnements en petits flacons (une fois ouverts, les antiseptiques peuvent être contaminés par des germes). Noter la date d'ouverture sur le flacon. En général, une solution alcoolique se conserve 1 mois, 8 à 15 jours pour les autres antiseptiques si le flacon a été bien refermé ! Les conserver à l'abri de la lumière et de la chaleur.

Attention aux "faux" antiseptiques

Les colorants (éosine, soluté de Milian) ne sont pas des antiseptiques ! Ils ont surtout un pouvoir asséchant. Attention avec l'éosine il y a un risque de photosensibilisation. L'eau oxygénée peut servir à nettoyer une plaie et est utile aussi pour son pouvoir hémostatique, mais faire suivre d'un antiseptique. Attention ne pas appliquer dans l'œil (irritation oculaire). Les dérivés mercuriels sont à éviter car ils sont très toxiques. Il peuvent provoquer néphrotoxicité, hypertension artérielle, accidents neurologiques ou syndrome acrodynique. Seul le thiomersal est encore utilisé aujourd'hui à des doses infimes comme conservateur de certains vaccins ou préparations injectables.

Anne-Sophie Delepoulle Pharmacien

POST-SCRIPTUM

  • N’oubliez pas de consulter un médecin

    • en cas de plaies situées à proximité des tendons, des articulations ou d’un orifice naturel
    • en cas de terrain fragilisé (diabète, artériopathie, hémophilie...)
    •  en cas de plaies infectées, profondes
    • en cas d’hémorragie active
    • en cas de plaies causées par une morsure
    • en cas de signe d’infection : douleurs, augmentation de l’œdème, fièvre, mauvaise odeur...
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