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TOCs : Un nouveau traitement pour les troubles obsessionnels compulsifs ?
TOCs : Un nouveau traitement pour les troubles obsessionnels compulsifs ?
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14 novembre 2008 | 3 commentaires
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Pr. Antoine Pelissolo, 41 articles (Psychiatre)

Pr. Antoine Pelissolo

Psychiatre
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TOCs : Un nouveau traitement pour les troubles obsessionnels compulsifs ?

TOCs : Un nouveau traitement pour les troubles obsessionnels compulsifs ?

Un traitement par électrostimulation du cerveau s’est avéré efficace sur des patients souffrant de troubles obsessionnels compulsifs, les fameux tocs. Le point avec le Docteur Pelissolo qui a participé à l’étude.

Une étude française impliquant 10 hôpitaux et coordonnée par le Dr Luc Mallet de la Pitié-Salpêtrière, l’INSERM et l’AP-HP vient d’être publiée dans le prestigieux New England Journal of Medicine et montre l’efficacité de la "stimulation cérébrale profonde" dans les troubles obsessionnels-compulsifs, les fameux TOC.

Il s’agit d’une procédure exceptionnelle ayant nécessité 4 ans de recherche et la collaboration de plus d’une cinquantaine de psychiatres, neurologues, neurochirugiens, radiologues, etc. Les 16 patients qui ont participé à cette étude souffraient de TOC très sévères, très handicapants, et n’ayant pas été correctement soignés par les traitements habituels que sont les thérapies comportementales et les antidépresseurs. Ils étaient malades en moyenne depuis 18 années.

L’opération consiste à implanter de fines électrodes dans le cerveau des patients, dans une zone de quelques millimètres que l’on sait impliquée dans les obsessions et les rituels, le noyau sous-thalamique. Ces électrodes sont reliées à l’équivalent d’un pacemaker, une pile elle-même implantée sous la peau en dessous de la clavicule. Ce dispositif permet de délivrer en continu, jour et nuit, un courant électrique de très faible intensité qui module l’activité biologique des neurones de cette zone. Le courant électrique peut être éteint, diminué ou augmenté à l’aide d’une télécommande réglée par le médecin. Cette technique est utilisée depuis environ 15 ans pour traiter certaines formes de la maladie de Parkinson, qui implique en partie les mêmes structures cérébrales que les TOC.

Les résultats de notre étude montrent que cette méthode de stimulation cérébrale améliore notablement les symptômes de la plupart des malades, quelques-uns d’entre eux voyant leurs troubles disparaître presque en totalité. Ceci a été vérifié en comparant une période d’activation à une période d’inactivation des électrodes, de manière "aveugle" (l’évaluateur et le patient ne sachant pas à quel moment la stimulation était active) pour écarter un effet placebo.

En dehors parfois de quelques modifications psychologiques transitoires en début de traitement, notamment des signes d’inversion de l’humeur (gaîté ou hyperactivité anormales mais modérées), aucune altération intellectuelle ni de personnalité n’a été observée chez les patients traités.

Si ces résultats sont très encourageants pour le traitement des TOC graves, et peut-être pour d’autres troubles psychiatriques dans l’avenir, plusieurs points doivent être pris en compte :
- il s’agit d’une
technique lourde qui comporte certains risques, notamment du fait de l’intervention neurochirurgicale qui peut occasionner des accidents vasculaires et infectieux ; elle doit donc être réservée à des patients extrêmement handicapés et ayant échappé aux autres possibilités de traitement ;
- beaucoup de choses restent encore à
préciser en ce qui concerne les zones cérébrales à cibler, les modalités de la stimulation, les symptômes les plus sensibles, etc.
- même en rémission, les malades opérés nécessitent un suivi médical et un
accompagnement psychologique durable ultérieurement, du fait d’éventuels autres problèmes associés et d’une réinsertion dans la vie normale rarement facile.

Pour toutes ces raisons, le traitement des TOC par électro-stimulation profonde doit rester aujourd’hui une technique réservée à des protocoles de recherche très encadrés et précis, conduits par des équipes expertes et multi-disciplinaires.


Références de l’étude  :
Subthalamic Nucleus Stimulation in Severe Obsessive Compulsive Disorder. Mallet L, Polosan M, Jaafari N, Baup N, Welter ML, Fontaine D, Tezenas du Montcel S, Yelnik J, Chéreau I, Arbus C, Raoul S, Aouizerate B, Damier P, Chabardès S, Czernecki V, Ardouin C, Krebs MO, Bardinet E, Chaynes P, Burbaud P, Cornu P, Derost P, Bougerol T, Bataille B, Mattei V, Dormont D, Devaux B, Vérin M, Houeto JL, Pollak P, Benabid A-L, Agid Y, Krack P, Millet B and Pelissolo A.
New England Journal of Medicine,2008, 13 nov. 359:2121-2134.


Pr Antoine PELISSOLO, psychiatre
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Commentaires
0 vote
par ptitemena (IP:xxx.xx6.127.120) le 28 novembre 2008 a 19H05
ptitemena (Visiteur)

Vous ne parlez pas des effets indésirables graves de ce traitement : hémorragie intracérébrale, infection...

1 vote
par badr eddine (IP:xxx.xx7.105.153) le 3 février 2009 a 21H28
badr eddine (Visiteur)

je souffre de tocs sévères depuis 7ans qui se manifestent, par exemple qd je lis quelque chose et ca me fatigue vite l’esprit ,ca me déclenche une obsession idéative dégoutante(un os de poulet muni de viande de poulet cuite ou bien l’idée agacante de poisson,les médicaments que je prène anafranil,médizapine,équanil,dépakine ; 3 fois par jour. la maladie m’a commencé après que j’ai eu mon bac avec mention passable(sciences expérimentales)car j’avais des tracas de maths reliés à un manque de confiance .Après, jai fait l’optique,et jai eu quelques notes décevantes et j’ai abandonné l’optique et comme ca j’ai fait une année blanche.l’année prochaine ,j’ai fait l’informatique mais j’ai abandonné à la fin d’année lorsque j’ai trouvé que c’est dur.Et après, j’ai fait l’économie et de temps à l’autre j’ai des remords de l’année précédente.Ma grande dépression,c’était en janvier2002 lorsque j’étais hospitalisé a la clinique du CHU DE RABAT pendant trois mois à laquelle je me suis rétabis,mais j’ai continué à suivre le traitement qui est à la base de l’anafranil et équanil.Maintenant ce que je veux savoir ,est ce que le nouveau traitement à base d’électrostimulation va servir a plus de chances que l’ancien traitement à base de comprimés et merci pour votre intéret.

1 vote
par MOREAU (IP:xxx.xx5.141.153) le 24 août 2010 a 14H15
MOREAU (Visiteur)

J’’ai eu plusieurs RV avec Dr Mallet et vu brievement DR PELISOLLO et ses confreres a l’hopital PITIE-SALPETRIERE lors d’une journée complète de TEST divers.Bien que les anti- dépresseurs n’ai aucuns effets sur mes Tocs. Ce traitement n’a pas été envisagé . LE RV POUR CES DIFFERENTS TESTS S’EST PASSE EN JUILLET 2008. J’ai revu le Dr Mallet entre temps et toujours des anti-depresseurs à haute dose qui ne changent rien à mes tocs(agissent peu etre sur mon etat depressif).Mes TOCS = Peur de ne pas dormir et plus particulièrement de ne pas se rendormir).Pour celà,des outils divers et pervers:Cela à commencer avec mes acouphenes,puis des crackements dans oreilles coté oreiller ou drap,attention à ma respiration de jour comme de nuit ,et autres formes de TOCS diverses au niveau du corps ; langue contre les dents + salivation ;Blanc dans les yeux quand yeux fermés style TV déréglé. Ect......Je sais que je ne suis pas fou ,mais anormalement anxieux et sensibles à des phénomènes que tout le monde ignorent . Pour info ,j’ai chopé le TOC sur ma respiration alors que j’étais en clinique PSY en decembre 2006 et apres 3 semaines.Je suis resté 1 mois. Celà me laisse dubitatif sue l’intéret des séjours en clinique PSY. J’espere que les medecins mentionnés ci dessus et à l’origine de mon message pourront en avoir connaissance et qu’ils auront la gentillesse d’y répondre.C’était mon petit témoignage et le SOS d’un Terrien en Stress.