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Sécu, placebo, confort et réconfort
Sécu, placebo, confort et réconfort
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30 juillet 2008 | 7 commentaires
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Clostra, 1 article (Rédacteur)

Clostra

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Sécu, placebo, confort et réconfort

Sécu, placebo, confort et réconfort

A l’heure où la Sécurité Sociale dérembourse les médicaments dits « de confort » et en propose 200 à la « vente libre », la décision de « taper » dans les caisses des mutuelles et des assurances complémentaires a de quoi étonner. Les causes de ce déremboursement résultent-elles de l’innocuité voire de l’effet thérapeutique insuffisant de ces médicaments. Ou bien s’agit-il de l’ouverture à la concurrence d’un important marché échappant aux règles des génériques ? Dans ce cadre, le marché des placebos pourrait devenir un créneau prometteur. Le point sur comment marche ces "pseudos médicaments".

Le Bizouscioux

Dans ces temps obscurs, pourquoi ne pas se lancer sur le créneau prometteur du placebo ?

Le placebo est un « médicament », sans principe actif, dont les effets sont cependant mesurables.

Jolie boite (packaging, on dit), jolies gélules vertes pour les écolo, blanches ou bleues pour les accros… et à l’intérieur : du sucre, rien que du sucre ou même du « sans sucre » rien que du « sans sucre » - le sucre est une substance active-, un joli nounours, une promesse de rêves bleus, blancs, verts ou roses pour enfants ayant des difficultés à aller se coucher : « Bisouscioux l’ami du dodo », 1 comprimé le soir à avaler avant d’aller se coucher, effet garanti.

 

L'effet magique

L’« effet placebo » (« je plairai ») est connu et mesuré lors des études cliniques qui précèdent la mise sur le marché d’un médicament. Il peut représenter 30% à plus de 80% de l’effet d’un médicament. Il est étudié en « double aveugle » : ni le médecin, ni le patient ne savent s’ils prescrivent ou reçoivent le principe actif : l’aspect des deux préparations (taille, saveur, couleur) est en tout point identique.

Il existe des personnes « placebo sensibles », « placebo résistantes » et même « placebo neutre ». Pour corser le tout : la même personne peut, selon les circonstances, être tantôt l’un, tantôt l’autre. De là à considérer qu’il s’agit d’un « effet magique » : les auteurs d’un article intitulé « Iatrogénicité des placebos(1) » s’y sont hasardés en attribuant cet effet à l’aspect qualitatif et quantitatif de la relation médecin-malade, celle-ci s’appuyant sur trois dimensions dont les deux dernières sont subjectives : technique, interhumaine et sociale.

Les secrets de la magie du placebo

Une découverte scientifique récente (2) (3), effectuée à la lumière de l’imagerie nucléaire du cerveau (IRM et PET) par des neurologues américains, a permis de mettre en évidence l’« effet magique » du placebo en définissant son support dans le cerveau : le système dopaminergique MFB (Medial Forebrain Bundle), encore appelé « faisceau de la récompense ».

« La stimulation physiologique du MFB donne une sensation de plaisir. Lorsqu’il y a coïncidence entre l’intention (la représentation imaginaire) et le résultat de l’action, le MFB est activé. L’intention fait appel à la mémoire des expériences antérieures. En d’autres termes, le MFB est activé quand l’homéostasie émotionnelle et psychique est rétablie. C’est le circuit dit de la récompense. » Michèle Freud

L’activation du « système de la récompense » suppose l’existence d’une expérience antérieure positive. Lors de l’absorption d’une substance supposée « faire du bien », le testé active son « système de la récompense ».

On peut s’interroger sur l’expérience antérieure, susceptible de donner lieu à l’ « effet magique », aspécifique, d’une substance absorbée, dont l’effet supposé, annoncé, anticipé serait bénéfique. Un effet qui serait commun aux êtres humains ayant survécu aux stresses de la très petite enfance.

De la magie dans les biberons

Le nouveau-né dépend entièrement de sa mère et de sa capacité à la trouver. L’organe olfactif, contrairement aux autres organes sensoriels, est directement lié aux structures du cerveau mises en jeu dans les phénomènes de mémorisation (l’hippocampe). Le nez du nourrisson trouve vite la tétine qui va lui permettre d’assouvir sa faim. Son action (téter) est récompensée (satiété). Rapidement la seule présence de sa maman va stimuler le système de la récompense, avant même qu’elle le nourrisse et qu’il éprouve la satiété. On pourrait dire que l’effet récompense se suffit à lui-même, il procède de la « joie de vivre ». En contre partie, si les appels du nourrisson sont inefficaces pour « faire apparaître » sa maman, l’enfant dépérit et peut aller jusqu’à se laisser mourir par « manque de motivation ».

Les personnes victimes d’addiction stimulent le faisceau de la récompense en absorbant des substances et ne peuvent plus s’en passer. (4)

La sophrologie intervient sur le faisceau de la récompense, notamment par la « visualisation positive » d’une action à mener (lutter contre une maladie, lever une inhibition…).

Sous cette « mécanique » un peu complexe du cerveau sont en jeu des processus vitaux tels que les régulations hormonales et immunitaires et plus généralement, destinés au maintien de conditions intérieures (homéostasie) compatibles avec la vie. Aujourd’hui personne ne conteste le lien entre le psychique et le somatique. (5)

Le paradis existerait-il sans l’enfer ?

Il existe bien sûr un système antagoniste, cholinergique : le « faisceau de la punition » du nom savant de « Peri Ventricular System » PVS (6). Il régule nos comportements en société, mais également les actions mettant en jeu la pérennité de l’espèce ou la survie de l’individu. C’est le faisceau activé lors d’expériences désagréables. Il procure au mieux du déplaisir au pire de la douleur.
Le faisceau de la punition, également situé dans le cerveau, permet de mémoriser les actions désagréables afin de ne pas les reproduire, tout comme le faisceau de la récompense permet de mémoriser les actions agréables afin de les reproduire. Le faisceau de la punition commande l’inhibition de l’action.

En société, lieu où s’affrontent les libertés d’agir, le faisceau de la punition est bien souvent stimulé. L’action envisagée par l’intermédiaire du faisceau de la récompense induit deux types d’action en cas de danger (risque de faire une expérience désagréable voir fatale) : la fuite ou l’évitement et la lutte souvent confondue avec l’agressivité. Lorsque l’homme en situation ne peut ni fuir ni lutter et que la situation perdure, sa santé est en jeu. C’est ce qui se passe lors du harcèlement ou d’un enfermement… En effet, ce système est également lié aux systèmes de régulations hormonales et immunitaires dont la dérégulation fait des ravages : ulcère, déficit immunitaire, troubles cardiaques…et qui laissent des séquelles psychiques et somatiques parfois irréversibles. (7)
 

Le stress, ami ou ennemi

Les signaux envoyés lors des variations des conditions intérieures (exemple : l’hypoglycémie qui détermine la sensation de faim) liées ou non aux conditions extérieures (exemple : la température extérieure qui détermine la sensation de froid ou de chaud) qui stimulent ces deux systèmes complémentaires et antagonistes, sont appelés stress. Le stress est dit positif lorsque les conditions sont réunies pour une action destinée à rétablir l’équilibre. Le stress est dit négatif lorsque l’action destinée à rétablir l’équilibre est impossible.
Il est à noter qu’au final, tout stress devrait aboutir à la stimulation du système de la récompense et au maintien de l’homéostasie, c’est-à-dire, de la santé psychique et somatique.
 

Santé et Liberté

Le support de l’effet placebo (ou nocebo) enfin découvert accrédite la thèse selon laquelle la santé d'un individu dépend avant tout de sa capacité à gérer le stress. Stress positif lorsqu’il pousse à imaginer et entreprendre une action bénéfique y compris pour éviter ou affronter un danger, Stress négatif, lorsque toute action destinée à obtenir satisfaction et/ou éviter le danger est impossible.

L’être humain se construit et survit selon ces mécanismes sous jacents, psychologiques et somatiques, indissociables. Ils sont le support de l’état de santé d'un individu.

 

 

En conclusion

Ceci ouvre un large débat sur les actions à imaginer et à mettre en œuvre pour de vraies économies sur les dépenses de santé et dans bien d’autres domaines.
Ce débat couvre également sur le champ d’action des sectes. A ce titre le débat devrait en démonter les mécanismes qui déterminent l’effet de dépendance ou pire, de destruction progressive de l’individu.
Chaque fois que le libre arbitre, la liberté d’agir et le respect de l’autre sont des stimulants, l’être humain en tire bénéfice pour lui-même et pour la société.
Chaque fois que la dominance détruit la liberté individuelle, la société entière s’en trouve diminuée.

____________________________________________________________
Sources :
(1) Iatrogénicité des placebos – B. Lachaux*, P. Lemoine** : Thérapeutique Tome 97 N°8 – 1990
*Centre psychothérapeutique de l’Ain, 01012 Bourg en Bresse
** Unité clinique de psychiatrie biologique, CHS Le Vinatier, 69677 Lyon Bron
(2) Placebo and nocebo effects are defined by opposite opioid and dopaminergic responses. David J Scott, Christian S Stohler, Christine M Egnatuk, Heng Wang, Robert A Koeppe, Jon-Kar Zubieta - Arch Gen Psychiatry. 2008 Feb ;65 (2):220-31 18250260
Molecular and Behavioral Neuroscience Institute, University of Michigan, 205 Zina Pitcher Pl, Ann Arbor, MI 48109-0720
(3) Individual differences in reward responding explain placebo-induced expectations and effects. David J Scott, Christian S Stohler, Christine M Egnatuk, Heng Wang, Robert A Koeppe, Jon-Kar Zubieta - Neuron.
2007 Jul 19 ;55 (2):325-36 17640532
(4) Hierarchical Control of Dopamine Neuron-Firing Patterns by Nicotinic Receptors - 15 juin 2006 - Monica Mameli-Engvall (1,2), Alexis Evrard (1), Stéphanie Pons (1), Uwe Maskos (1), Torgny H. Svensson (2), Jean-Pierre Changeux (1) et Philippe Faure (1)
1 CNRS URA 2182 " Unité Récepteurs et Cognition ", Institut Pasteur, Paris
2 Karolinska Institute, Department of Physiology and Pharmacology, Stockholm, Suède
(5) ISPO
(6) Faisceau de la punition
(7) Les effets du harcèlement à court, moyen et long terme vus par le CNRS

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Commentaires
1 vote
par eugene wermelinger (IP:xxx.xx3.21.24) le 30 juillet 2008 a 18H23
eugene wermelinger (Visiteur)

Comment comprendre que certaines thérapies décriées comme étant uniquement à effet placebo (homéopathie - acupuncture ...) puissent aussi avoir des effets sur les bébés et ... les animaux ?

1 vote
par clostra (IP:xxx.xx4.17.79) le 30 juillet 2008 a 19H04
clostra (Visiteur)

Des études ont été menées tendant à prouver l’efficacité de l’homéopathie. De plus en plus de médecins l’utilise pour eux-mêmes.

L’effet placebo ne s’appliquerait pas plus à l’homéopathie qu’aux autres médicaments. Tous montrent un effet placebo (ou nocebo).

3 votes
par marionnah (IP:xxx.xx7.227.226) le 31 juillet 2008 a 04H35
marionnah (Visiteur)

au vue de cet article il semble evident que les gens s’interessent au sujet ce qui est déjà important ...ensuite que les medecines douces sont peut etre plus utiles qu’il n’y parait en tout cas dans certains cas , malheureusement n’etant pas remboursées elles restent un luxe pour les patients les plus démunis , et ensuite , sincèrement si on voulait vraiment combler le trou de la sécu il existe des moyens efficaces , j’ai soigné avec cela tous mes animaux et ils ont tous gueris ....l’homéopathie , sous diverses formes et meme en isotherapique (sorte d’auto vaccin ) j’ai soigné 2 chats d’un cancer , 1 lymphosarcum , l’autre leucémie , grace a un isotherapique a base de leur urine ...moi meme lorsque j’etais ado j’avais un staphylocoque doré que l’on a réussi à éradiquer avec un isotherapique a base de mon sang et de pu ... 1 mois apres je n’avais meme plus de trace du staphylo dans mon sang apres 3 ans de souffrance et de visites chez des dermatos incompétents qui ma traitaient pour de l’acné ... ce qu’il faut savoir c’est qu’un isotherapique pour un mois coute environ 20 euros et que ce n’est plus autorisé en France depuis 2000 je crois bien ...trop de réussite et pas assez d’argent dans les caisses ...si demain on soigne un cancer en 3 mois avec un peu d’urine du patient et que cela coute 60 euros pôur le guérir ...c’est toute la medecine qui va se casser la figure , et les fabricants de medicaments , et les hopitaux ...etc alors on laisse crever les gens dans la souffrance et puis franchement si on ne meurt pas un peu de toute façon on sera bientot trop nombreux ... cela remplace bien les guerres d’antan ...

1 vote
par eugene wermelinger (IP:xxx.xx6.10.8) le 31 juillet 2008 a 09H54
eugene wermelinger (Visiteur)

pour Marionnah : à quelle dilution pour l’urine svp ? Moi j’ai déjà confectionné du 9 K qui a donné un bon résultat. Coût : 0 Euro ! Bravo à Clostra pour cet article. J’aimerais vous avoir dans mon carnet d’adresse, tous les deux. Vous trouverez un lien courriel dans ma page perso. Merci, si vous le sentez. Eugene Wermelinger (cherchez sur Google)

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par clostra (IP:xxx.xx3.176.120) le 31 juillet 2008 a 10H26
clostra (Visiteur)

Avec votre commentaire s’ouvre un 2ème volet qu’on pourrait appeler "la culture de santé", celle qui peut s’élaborer à partir de l’expérience de chacun. il ne s’agit pas, c’est mon point de vue, d’ouvrir un forum d’échange sur les pratiques/médecines alternatives mais bien de trouver une voie "scientifique" pour rassembler des expériences sur un sujet précis, peut-être sous forme d’une enquête, les apports de chacun pourraient être analysés et validés à la lumière des connaissances fondamentales, les résultats communiqués. C’est une proposition que je fais à Carevox.

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par clostra (IP:xxx.xx4.17.69) le 31 juillet 2008 a 10H41
clostra (Visiteur)

J’ajouterais pour être très précise que cet article touche un sujet très délicat : celui du potentiel d’autoguérison de chacun avec sa dimension individuelle et collective, psychique et somatique.

2 votes
par wermelinger eugene (IP:xxx.xx6.53.107) le 31 juillet 2008 a 11H08
wermelinger eugene (Visiteur)

à Mme Clostra : autoguérison ? Oui, il faut s’aider soi-même ou demander autour de soi. L’ère de la communication a du bon. Ne restons pas cloîtrer, Clostra. Il y a urgence d’Agir Pour Survivre, individuellement ou collectivement. Regroupons des bonnes volontés et de bonnes connaissances pour nous mettre au service des autres, et de nous-mêmes par la même occasion. Qu’en pensez-vous les uns et les autres ?