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Psychotropes, attention à l’auto-médication
Psychotropes, attention à l'auto-médication
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16 avril 2008
Auteur de l'article
Pr. Antoine Pelissolo, 41 articles (Psychiatre)

Pr. Antoine Pelissolo

Psychiatre
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Psychotropes, attention à l’auto-médication

Psychotropes, attention à l'auto-médication

L’automédication a été évoquée ces derniers temps dans les médias, notamment après un rapport officiel préconisant son développement.

Deux objectifs positifs sont mis en avant :
 - la responsabilité des patients dans leurs soins,
 - des économies liées à une réduction du nombre de consultations.

En ce qui concerne les problèmes psychologiques, cette solution est difficilement applicable : la quasi-totalité des médicaments psychotropes actifs ne sont vendus que sur ordonnance, il faut donc consulter un médecin pour se les procurer. Ceci est justifié car le diagnostic des problèmes psychologiques et la décision de les traiter par des médicaments sont des questions complexes, pour lesquelles l’avis d’un professionnel est fondamental. Par ailleurs, tous les psychotropes peuvent avoir des effets secondaires, une surveillance médicale, tout au long du traitement, est donc essentielle.

Il reste cependant que la responsabilisation des patients dans leurs soins est un objectif très important, et c’est celui que je défends. Cela peut se faire, au cours d’un traitement, par l’information et une certaine réflexion sur soi-même, et dans certains cas par des psychothérapies. 

Pour les personnes dont l’état ne nécessite pas ou qui ne souhaitent pas prendre un traitement psychotrope vendu sur ordonnance (antidépresseurs, benzodiazépines, etc.), il n’existe malheureusement pas beaucoup d’alternatives en France. Les solutions psychologiques "naturelles" restent les meilleures si elles s’appuient sur une meilleure connaissance de soi et un apprentissage utile pour le futur : méthodes de relaxation, gestion du stress, méditation thérapeutique, thérapies comportementales et cognitives, autres psychothérapies. Il faut cependant se renseigner en détail sur les praticiens qui proposent ces méthodes car le statut des "psy" est encore très flou en France : leur demander quelles sont leurs formations et leurs méthodes, leurs objectifs, et privilégier les professionnels formés à l’université (médecins ou psychologues essentiellement). Par ailleurs, la plupart de ces méthodes ne sont pas remboursées par la sécurité sociale et les mutuelles, ce qui les rend parfois difficilement accessibles. S’adresser aux associations de patients ou lire certains ouvrages d’information peut être très utile pour s’y retrouver.

Enfin, les médicaments "psy" vendus sans ordonnance peuvent représenter une autre option. Il ne faut pas en attendre de changement radical, et ne pas compter que sur eux. Ils peuvent parfois réduire certaines tensions, faciliter le sommeil, et globalement rassurer par l’idée que l’on fait quelque chose de bien pour soi. C’est surtout le cas quand il s’agit de substances présentées comme naturelles et diététiques par exemple : dérivées de plantes, de vitamines, etc. Tout cela est vrai en général, même si tout ce qui est naturel n’est pas forcément sans danger (pensez à certains champignons, au tabac, ...). Ces produits n’ont en général pas d’effets secondaires, mais il est toujours bon de s’en assurer en lisant la notice ou auprès de son pharmacien. De l’autre coté, l’efficacité de ces produits n’a jamais été démontrée, elle est donc aléatoire et dépend principalement des propres attentes et croyances de la personne qui les prend.

Conclusion : oui à l’auto-thérapie, attention à l’auto-médication !

Pr Antoine PELISSOLO, psychiatre
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