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Prozac : un petit séisme ?
Prozac : un petit séisme ?
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14 avril 2008 | 1 commentaires
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Jean-Didier, 24 articles (Pharmacien)

Jean-Didier

Pharmacien
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Prozac : un petit séisme ?

Prozac : un petit séisme ?

Aïe, voilà qui fait mal ! Des millions de patients à travers le monde viennent de se réveiller avec un goût étrange dans la bouche : cette nuit la pilule du bonheur et consoeurs se sont vues révéler leur... inefficacité ! Ou du moins leur piètre efficacité.
L’étude a été publiée par PLoS-Medecine, et a été reprise Outre-Manche par The Independant. Ainsi, le Professeur Kirsch, de l’Université de Hull, a compilé les études antidépresseurs ISRS+Venlafaxine versus placebo parues avant leurs autorisations de mise sur le marché. Sa méthodologie semble avoir été vérifiée par la FDA.
Il en ressort que dans les dépressions légères à modérées, il n’y a pas de différences significatives de l’amélioration de l’état clinique des patients entre le groupe placebo et le groupe antidépresseur. Autrement dit, les ISRS et la Venlafaxine ne seraient pas plus efficaces que le placebo !
Néanmoins, il convient de souligner que le Professeur Kirsch a noté une réponse au placebo pour la dépression bien supérieure aux autres pathologies. En effet, le réponse sous placebo reproduit jusqu’à 80% l’amélioration observée sous antidépresseur (contre 50% dans le traitement de la douleur, par exemple). De plus, pour les dépressions graves, la différence de réponse entre le placebo et les antidépresseurs ne serait pas tant due à une meilleure efficacité des antidépresseurs qu’à une moindre réaction au placebo des patients !
La FDA, l’EMEA et l’AFSSAPS ont toutes jusqu’à présent noté une efficacité de ces antidépresseurs.

Cette étude m’emmène plutôt à formuler trois remarques.
Tout d’abord, il est bon de rappeler que l’AFSSAPS recommande de ne pas traiter les épisodes dépressifs légers par un antidépresseur mais d’encourager à un suivi psychothérapeutique. On s’attaque donc là au mythe de la pilule du bonheur, qui, je suis désolé de vous l’apprendre,... n’existe pas ! On aborde aussi par là même la mauvaise prescription des antidépresseurs en France.
Ensuite, elle me permet de dénoncer tant la pression médiatique réalisée par les laboratoires pharmaceutiques que l’élargissement croissant des indications de ces produits ! Imaginez, nous en sommes venus à pouvoir prendre en charge de manière préventive la dépression !
Enfin, elle me permet d’évoquer l’écrémage réalisé par les laboratoires sur les échantillons statistiques des essais cliniques et sur les questions posées aux patients participants à ces mêmes études lors des entretiens psychologiques afin que les résultats collectés correspondent à leurs attentes !

FDA : Food and Drug Administration, l’organisme de contrôle états-unien des produits de santé
EMEA : European Medicines Agency, l’organisme de contrôle des médicaments pour l’Union Européenne
AFSSAPS : Agence Française de Sécurité Sanitaire et des Produits de Santé

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Commentaires
2 votes
par mr-bienetre (IP:xxx.xx7.214.121) le 27 février 2009 a 10H58
mr-bienetre (Visiteur)

Errêtons de noyer le poisson ! A la grande toxicité des anti-dépresseurs, je préfère encore l’inéfficassité de produits placebo !

Par contre si vous voulez savoir comment on traite vraiment une dépression, ce n’est certainement pas du côté de la médecine allopathique qu’il faut se tourner...

En tant que naturopathe, je soigne mes clients atteins de dépression avec l’aloès, le lycium Chinois en cas de dépression sévère et avec du millepertuis et de la gelée royale en cas de dépression légère. Et dans les deux cas, l’usages des probiotics n’est pas à négliger.

Mais de grâce, ne me parlez pas de prozac !