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Médicaments : doit-on accepter de tester un nouveau traitement ?
Médicaments : doit-on accepter de tester un nouveau traitement ?
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28 octobre 2008 | 4 commentaires
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Roseline, 56 articles (Rédacteur)

Roseline

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Médicaments : doit-on accepter de tester un nouveau traitement ?

Médicaments : doit-on accepter de tester un nouveau traitement ?

Vous êtes en cours de traitement pour une maladie. Votre médecin vient à vous suggérer d’essayer un nouveau médicament en faisant partie d’un essai clinique. C’est une décision qui n’est pas toujours évidente à prendre. Alors, comment réussir à faire un choix ?

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Médicament : doit-on accepter de tester un nouveau traitement ?

Tout d’abord, pourquoi être obligé de faire partie d’un groupe test pour avoir le droit à la prescription de ce nouveau remède ?

Avant même de mettre un médicament sur le marché (collyre, anti-migraineux ou traitement contre le cancer,…), l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) et un comité d’éthique indépendant doivent donner une autorisation suite aux résultats d’essais. En fait, ces deux organisations vérifient que les risques du nouveau traitement testé sont assez faibles pour être commercialisés. Ils suivent également l’évolution des essais en cours, afin de les laisser évoluer ou les interrompre immédiatement.

Vous vous demandez comment peuvent bien se dérouler ces essais ?

Ils se déroulent en quatre phases distinctes. Dans un premier temps, le traitement est malheureusement utilisé sur les animaux. Mais c’est la phase qui permet, en fonction des résultats, de passer au test sur les humains.

Donc, dans un second temps, le médicament est prescrit à des personnes en bonne santé pour savoir s’il est bien toléré et si des effets secondaires existent.

Puis, finalement, les professionnels de la santé administrent le produit à un groupe composé de 10 à 40 malades concernés par les promesses supposées du dit traitement. Cette troisième phase permet de définir le dosage optimal et si le médicament est réellement efficace.

La dernière phase est mise au point au niveau international, où des centaines voire des milliers de patients reçoivent une prescription en fonction des derniers résultats et des dossiers médicaux de chacun. C’est à ce niveau que les médecins peuvent valider la liste des effets indésirables, l’action du nouveau médicament et la sécurité d’emploi de ce dernier.

Mais cela ne vous dit pas quels avantages/inconvénients sont liés à l’essai clinique du nouveau produit inconnu…

En fait, si les médecins, les chercheurs et d’autres professionnels de la santé se regroupent pour mettre en place un essai, cela leur permet de développer des traitements plus performants pour des maladies diverses et variées dont la gravité est plus ou moins importante…

En rentrant dans ce programme d’essai, vous aidez la recherche tout en vous donnant accès à des médicaments qui ne sont pas encore sur le marché, et qui représentent les dernières innovations dans la lutte contre la maladie que vous avez.

Cela peut devenir un véritable espoir pour vous si les traitements déjà commercialisés ne fonctionnent pas sur vous et/ou que vous les supportez mal et/ou qu’ils n’en existent pas encore pour soigner vos maux.

Et, c’est un moyen, une opportunité, une chance pour certains d’entre vous de parvenir à obtenir un accès à ce soin prometteur avant sa mise sur le marché.

Qui a la possibilité de vous donner cette opportunité ?

Le plus souvent, c’est le médecin spécialisé qui vous suit pour votre problème de santé. En général, il travaille à l’hôpital. Le tout s’organise le plus souvent par l’intermédiaire d’associations de malades. Par contre, vous serez choisi(e) uniquement si vous répondez à l’ensemble des critères sur lesquels se basent l’étude.

Qui doit vous apporter les informations essentielles à votre prise de décision et/ou au bon déroulement de la suite des évènements ?

Les médecins en charge de l’essai doivent obligatoirement vous expliquer tout dans les moindres détails : comment se déroule l’étude, l’objectif réel de l’essai, le temps pendant lequel se déroule les tests, les effets secondaires éventuels, où vous allez intervenir, les avantages potentiels,…

Vous devez recevoir un document écrit où est stipulé toutes les informations essentielles pour vous.

Ne prenez pas une décision précipitée !

Il est vrai que cela peut devenir terriblement tentant surtout si vous ne parvenez pas à obtenir un traitement ou qu’aucun ne répond à votre pathologie.

Seulement, c’est une aventure à ne pas prendre à la légère. Si après réflexion, vous estimez que vous souhaitez participer, il faut que vous sachiez que vous devrez apposer votre signature sur un document attestant de votre « consentement éclairé ».

En clair, vous donnez votre accord en ayant pris connaissance de tous les risques, dangers, déroulements, examens et procédures à suivre (ou protocole dans la bouche des médecins),…

Mais, quelles seront les contraintes à suivre ?

Je ne pourrais pas vous en faire une liste, car tout dépend de l’essai que vous allez suivre et du traitement que vous allez prendre.

C’est d’ailleurs pour cela que les médecins ont l’obligation de vous informer sur tous les points importants ou non. Vous devez savoir que vous n’aurez pas seulement la possibilité d’avoir accès à un produit qui n’est pas encore présent sur le marché.

Vous devez prendre conscience que vous aurez des examens, des analyses à faire au minimum, ainsi que vous rendre à l’hôpital où se déroulent les essais (même si vous habitez loin) et peut-être y séjourner.

Il ne faut pas prendre ces contraintes comme des supplices. En effet, elles vous permettent d’être suivi(e) et de vous faire soigner sous haute surveillance.

A quels risques êtes-vous exposés ?

Vous devez vous faire à l’idée qu’à partir du moment où vous prenez un médicament, vous prenez un risque.

Le risque est encore plus grand au moment des essais, car le produit prescrit n’a pas reçu son autorisation de mise sur le marché et se trouve encore en phase de test.

L’important est de garder à l’esprit que le bénéfice que vous retirez de la prise de ce traitement doit toujours être supérieure aux risques que vous prenez en testant ce produit.

Ce n’est pas vous qui allez le définir. Rassurez-vous ! Vous serez surveillé(e) par des instances de santé.

Il est certain que certains effets secondaires peuvent vous sembler très désagréables (maux de tête, nausées,…). Mais, il faut toute de même savoir que vous n’effectueriez pas ces tests si les risques graves étaient importants. Ils sont rares même s’ils ne sont pas inexistants.

Essayez également de garder à l’esprit que le traitement peut fonctionner pour soigner votre voisin, mais pas pour vous malgré le fait que vous semblez la personne idéale pour effectuer ces tests et donc pour recevoir ce traitement !

De ce fait, si votre espoir de guérison s’envole par l’échec du traitement, vous pouvez aussi devoir encaisser le second choc engendré par le souhait des médecins d’arrêter votre participation.

Pouvez-vous dire « STOP » à tout moment ?

Oui ! Vous restez maitre de la situation. Vous pouvez refuser dès le départ ou en cours de participation. Vous restez libre de votre corps et votre esprit.

Vous pouvez aussi continuer à être traité(e) avec des médicaments déjà commercialisés s’il en existe pour votre pathologie.

Pouvez-vous avoir la certitude que le traitement sera efficace ?

Il est vrai que normalement un nouveau produit qui souhaite se présenter sur le marché, est obligatoirement fait pour apporter des intérêts supplémentaires.

Les médecins ne peuvent cependant pas vous assurez que ce traitement soit efficace pour vous personnellement.

Vous ne pouvez pas non plus avoir la certitude que les médecins ne vous prescrivent pas un placebo (un produit qui a le même aspect que le médicament testé, mais qui contient une substance inactive) à la place du traitement, afin de renforcer les résultats.

En effet, pour le bien fondé de ces derniers, le groupe de la totalité des malades sera scindé en deux. La première partie recevra le véritable nouveau traitement. La seconde partie prendra soit un placébo, soit un médicament existant sur le marché qui est fait pour traiter habituellement vos symptômes. Vous ne saurez pas de quel groupe vous êtes. Les médecins résume cette situation par l’expression : « Essai en double aveugle ».

Aurez-vous le droit de connaître les résultats de l’essai ?

Oui ! Les entreprises du médicament ont eu l’idée de créer un site dédié aux essais cliniques. L’adresse est la suivante : www.ifpma.org/clinicaltrials
C’est à cet endroit que vous trouverez les informations sur les résultats des essais en cours ou terminés même si ces derniers sont négatifs.

Maintenant, si vous vous trouvez dans la situation d’accepter un nouveau traitement, prenez le temps de réfléchir avant de vous lancer. Des personnes se sont retrouvées à l’hôpital dans un état grave suite à des essais positifs qui avaient eu lieu sur des animaux. Peser le pour et le contre lorsque nous mettons l’espoir dans la balance, cela devient un véritable calvaire. Gardez en tête que vous prenez des risques et que vous pouvez tomber dans le groupe qui n’a pas la prescription du médicament testé !

Courage à toutes et à tous,

___________________________________________________
Sources : Maxi n° 1143 du 28 septembre 2008

Roseline Buarotti
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Commentaires
1 vote
par chantecler (IP:xxx.xx3.237.30) le 28 octobre 2008 a 12H37
chantecler (Visiteur)

Il me semble que ces essais de nouveaux traitements sont indispensables mais que les médecins ne devraient pas en tirer d’avantages matériels, pour rester parfaitement objectifs.:-/

0 vote
par janequin (IP:xxx.xx6.113.14) le 28 octobre 2008 a 13H29
janequin (Visiteur)

A ce sujet, on lira avec intérêt le commentaire suivant :

http://pharmacritique.20minutes-blo...

qui reprend une étude Kirby et al puliée dans la revue Plos.

0 vote
par Le Furtif (IP:xxx.xx3.25.231) le 28 octobre 2008 a 14H53
Le Furtif (Visiteur)

Il y a une vingtaine d’années , un mal nouveau me rendit visite ....Des médicaments nouveaux à la délivrance très compliquée me furent proposés par une sorte de contrat appelé Protocole. Je m’engageais à prendre le traitement que l’on s’engageait à m’administrer....

Ce furent de grands moments.

Les coprs médical semblait un peu désemparé alors en parallèle j’apprenais par mon information personnelle. 2/3 des patients ne guériraient pas et sur le tiers qui s’en sortait 2/3 rechuteraient ...

L’entretien avec le docteur en charge de mon cas me confirma ma situation....Comme l’époque était à la bienpensance et à l’humanitaire je me trouvais une oeuvre à la dimension mondiale : mon propre cas....

Peu à peu , mois après mois , le médecin convint que le traitement était somme toute plus dur à subir que les malaises dûs à la seule maladie ; je vécus de grands moments...C’était du gagnant gagnant ce truc ....Je m’accrochais comme un chancre à mon travail et en avant jusqu’à ...on verra bien ...

Aujourd’hui où le mal ne peut pas être déclaré éteint mais seulement "caché" selon la médecine...il est un bilan à tirer de ces événements : Oui il est bon de tester sur les malades certains médicaments quand tout se passe en conscience , en association patient/ medecin. Ce ne fut pas , ce n’est pas une partie de plaisir ... Mais ... Et alors ???;-))

0 vote
(IP:xxx.xx2.43.140) le 28 octobre 2008 a 19H35
 (Visiteur)

Bien souvent les tests d’une nouvelle molécule donne l’occasion à un interne de se faire payer la thèse qu’il fera sur la-dîte molécule. L’interne y gagne un peu de sous. je crois que le deal est honnête, il faut bien vivre. @+