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Le neurofeedback, vous connaissez ?
Le neurofeedback, vous connaissez ?
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20 août 2008 | 2 commentaires
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Emmanuel Renauld-Dehlinger, 2 articles (Rédacteur)

Emmanuel Renauld-Dehlinger

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Le neurofeedback, vous connaissez ?

Le neurofeedback, vous connaissez ?

Le neurofeedback ou biofeedback EEG est une technologie qui a vu le jour dans les années soixante aux Etats-Unis.

Ce qu'il aurait fallu à Zidane pour garder son calme pendant la finale ?

 

Quatre joueurs de football de l'équipe nationale italienne ont bénéficié d'un entraînement intensif de neurofeedback avant la coupe du monde de 2006.
Alessandro Nesta, Alberto Gilardino, Gennaro Gattuso et Andrea Pirlo ont reçu des séances de neurofeedback afin d'accroître "leur capacité de concentration et de résistance psychologique au stress", dans une salle spécialement équipée pour le AC Milan appelée "Mind room".

Le Washington Post a classé Gennaro Gattuso parmi les meilleurs joueurs de la coupe du monde de football 2006 et a prédit que le duel entre Gattuso et Zidane serait un élément clé de la finale, ce qu'il fut. Quant à Andrea Pirlo, il a été élu " homme du match " lors de cette finale, pour la troisième fois lors de cette coupe, devant tous les autres joueurs. Et comme chacun sait, c'est l'Italie qui l'a emporté.

Alors, à quand du neurofeedback pour l'équipe de France ?

 

Qu’est-ce que le neurofeedback (ou biofeedback EEG) ?

 

En posant des capteurs sur la tête, il est possible de lire les signaux électriques émis par le cerveau. Ces signaux sont caractéristiques de l'état mental dans lequel on se trouve. Par exemple en état de relaxation les yeux fermés, la fréquence dominante des signaux émis par le cerveau sera généralement entre 8 et 13 Hz (signaux "alpha").

Si l'on informe le cerveau de la dynamique des signaux qu'il émet, selon certains scientifiques, il pourrait apprendre à les corriger spontanément grâce à un logiciel très sophistiqué et ainsi parvenir à émettre des signaux stables et équilibrés, adaptés aux besoins du moment. Cela pourrait aider à retrouver un fonctionnement harmonieux et optimum.

Il n'est pas nécessaire d'avoir des problèmes neurologiques, psychologiques, ou psychosomatiques pour bénéficier du neurofeedback même si plus l'aspect fonctionnel de ces problèmes est prononcé, plus les résultats pourront être convaincants.

Chaque fois que le cerveau est impliqué dans un problème fonctionnel, le neurofeedback peut aider à y remédier car il constitue un entraînement à produire et à maintenir la "Réponse de relaxation" étudiée par le Dr Herbert Benson et son équipe à l' Ecole Médicale de Harvard.

On peut aussi parler du neurofeedback en termes positifs en disant qu'il peut aider à améliorer l'attention, la capacité de concentration, la mémoire, le quotient intellectuel (les processus de réflexion devenant plus fluides), la créativité, l'intuition, etc. C'est pourquoi le neurofeedback est utilisé pour l'entraînement des professionnels de haut niveau (artistes, sportifs, cadres d'entreprise...).

 

Une brève histoire du neurofeedback

 

En 1875, le médecin britannique Richard Caton constata sur des animaux que l'activité électrique du cerveau était liée à l'activité mentale.

Dans les années 20, le neuropsychiatre allemand Hans Berger enregistra le premier électro-encéphalogramme humain. Plus tard, il découvrit la relation entre certaines activités mentales et les variations du signal électrique émis par le cerveau dans certaines bandes de fréquence. Il pensait déjà que certains signaux anormaux reflétaient des désordres cliniques.

En 1958, Joseph Kamiya, professeur à l'Université de Chicago, entraîna un volontaire à émettre des ondes alpha (8-13 Hz) et confirma ainsi la capacité de contrôler ses propres ondes cérébrales.

Dix ans plus tard, en 1968, Barry Sterman de l'Université de Los Angeles qui venait d'entraîner des chats à augmenter l'amplitude des signaux du rythme sensorimoteur (12-15 Hz) fit une découverte inattendue. La NASA qui s'intéressait aux effets de l'hydrazine (un combustible de fusée) sur l'être humain lui demanda d'examiner le lien entre ce combustible et le déclenchement de crises d'épilepsie. Sterman utilisa pour cela 50 chats dont il se trouvait que 10 avaient participé au préalable à l'expérience d'accroissement des signaux du rythme sensorimoteur. Il injecta de l'hydrazine à ces 50 chats et constata avec surprise que ceux qui n'avaient pas participé à l'expérience de neurofeedback firent une crise d'épilepsie dans l'heure qui suivit tandis que les 10 autres se montraient beaucoup plus résistants. Il venait de découvrir une application médicale du neurofeedback avant la lettre. En 1971, Sterman commença à utiliser le neurofeedback pour réduire avec succès le nombre de crises d'épilepsie chez des sujets humains. Une vingtaine d'études scientifiques effectuées par douze centres de recherche ont depuis confirmé ses résultats.

Dans les années 70 et 80 apparurent les bases de données normatives qui permettent de comparer les signaux cérébraux d'un individu à l'autre afin d'établir un lien entre signaux cérébraux particuliers et symptômes divers. En 1989, Eugène Peniston et Paul Kulkosky définirent un protocole de neurofeedback spécifique qu'ils appliquèrent à des vétérans du Viêtnam pour traiter le syndrome de stress post-traumatique. Deux années plus tard Peniston et Kulkosky utilisèrent ce protocole avec d'autres vétérans du Viêtnam devenus alcooliques. Ces deux études furent un succès.

C'est durant cette même période que furent conçus les premiers équipements de neurofeedback informatisés. On en compte actuellement une douzaine sur le marché pour environ 6000 utilisateurs professionnels dans le monde.

Aujourd'hui les applications du neurofeedback sont multiples et ses modalités de mise en œuvre sont très diverses. Cela va du médecin, du neurologue ou du psychiatre, experts en neurofeedback qui utilisent les systèmes complexes d'ancienne génération pour traiter des symptômes spécifiques - aux thérapeutes et aux particuliers qui utilisent les systèmes de nouvelle génération (largement automatisés et beaucoup plus sûrs) pour entraîner le cerveau à mieux fonctionner globalement. L'Association pour la diffusion du Neurofeedback en France se classe dans cette deuxième catégorie. Elle a rendu le neurofeedback accessible à tous en France depuis l'année 2004.

 

Le neurofeedback dans tous les foyers : un peu de prospective

 

Les premiers jeux vidéo directement contrôlés par les ondes cérébrales du joueur sont déjà disponibles sur le marché. Le secteur est en développement et plusieurs start-up américaines parient sur cette technologie. Il est prévu que le grand public y accède en 2008.

Contrôler un jeu vidéo à l'aide de ses ondes cérébrales n'est pas anodin. Les réactions du jeu constituent un "feedback" qui aura en retour une influence sur le cerveau du joueur. Il s'agit donc, sans dire son nom, d’une forme de neurofeedback.

Le neurofeedback thérapeutique fait des merveilles aujourd'hui mais comme il rapporte relativement peu d'argent à ses promoteurs ceux-ci n'ont aucune puissance marketing. Le neurofeedback reste de ce fait assez méconnu du grand public.

En revanche, la puissance marketing des compagnies Microsoft (Xbox), Sony (Playstation), etc, est telle qu'elles devraient réussir en quelques années à imposer le neurofeedback dans les foyers. Les jeunes, moins timorés que leurs aînés, accepteront sans résister qu'un jeu vidéo puisse avoir une influence sur leur cerveau – surtout que l'objectif affiché sera que ce soit leur cerveau qui ait une influence sur le jeu. Et il sera dans l'intérêt des producteurs de ces jeux que les effets soient bénéfiques sur les joueurs, ne serait-ce que pour séduire aussi les parents.

Dans ces conditions, on peut espérer que les performances du neurofeedback thérapeutique seront rapidement incorporées aux nouvelles consoles de jeux vidéo. Mais cette intégration harmonieuse demandera sans doute plusieurs années, avec quelques effets secondaires sur les joueurs le temps que les concepteurs de jeux réalisent pleinement que faire du neurofeedback n'est pas anodin et qu'on ne peut pas faire n'importe quoi.

Passé ces quelques écueils, l'idée du neurofeedback et de ses effets bénéfiques devrait devenir de plus en plus populaire et le neurofeedback pourrait ensuite être intégré à des appareils électroniques de la vie courante : lecteur mp3, lecteur de DVD, télévision, etc... Il deviendra alors un outil d'hygiène quotidienne au même titre que la brosse à dent.

A ce moment-là nous serons sans doute déjà en 2020 ! Non pas que la technologie nécessaire ne soit disponible dès aujourd’hui : elle l’est. Ce sont les utilisateurs qui ne sont pas prêts : le neurofeedback, vous connaissiez ?

________________________


A consulter également, d'autres articles sur le Neurofeedback :

- Neurofeedback, une arnaque ?, L'actualité.com

- Neurofeedback, un traitement prometteur contre la dépression ?, passeportsante.net, 31/05/2007

Emmanuel Renauld-Dehlinger - Président de l'Association pour la Diffusion du Neurofeedback en France - www.adnf.org - adnf@adnf.org

SOURCES

Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
Commentaires
2 votes
par Mélissendre (IP:xxx.xx2.128.8) le 20 août 2008 a 13H18
Mélissendre (Visiteur)

L’auteur a eu raison de parler de cette technologie qui est encore assez peu connue en France comparé au Canada ou au Etats-Unis ! J’ai regretté qu’il ne parle pas des progrès acquis sur les enfants autistes ou handicapés !

1 vote
par clostra (IP:xxx.xx1.141.77) le 20 août 2008 a 14H13
clostra (Visiteur)

Se pourrait-il que nous puissions nous passer les uns des autres ?

Il me semble que ceci aurait à voir avec le "New Age" et un Institut dont j’ai entendu parler et qui m’a fait frémir...

Excepté pour des thérapies précises qui auraient également à voir avec les rééducations post amputation dont on a parlé, toutes ces thérapies "hight tech" qui vont voir le jour, dont certaines pourraient être inquiétantes, il me semble que la régulation culturelle existe : prise de conscience en lien avec une expérience antérieure etc...

Ne risque-t-on pas de passer à côté de l’humain qui se définit dans son historicité, ici et maintenant. Chaque histoire est singulière et l’affect est indissociable de l’espace-temps.

N’allons-nous pas effectivement créer des êtres virtuels ?

Vaste questionnement au vu de ces nouvelles prothèses hight tech...