Accueil du site
> Médicaments & Soins > Risques
Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Laboratoire Clandestin : des criminels derrière la fabrique de médicaments ?
Laboratoire Clandestin : des criminels derrière la fabrique de médicaments ?
catégorie
note des lecteurs
date et réactions
1er juillet 2008 | 10 commentaires
Auteur de l'article
Jean-Luc Martin-Lagardette, 33 articles (Journaliste)

Jean-Luc Martin-Lagardette

Journaliste
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
33
nombre de commentaires
1
nombre de votes
0

Laboratoire Clandestin : des criminels derrière la fabrique de médicaments ?

Laboratoire Clandestin : des criminels derrière la fabrique de médicaments ?

Le démantèlement d’un laboratoire clandestin de fabrication de médicaments non autorisés a été présenté par la presse et les autorités judiciaires et sanitaires comme la fin d’un trafic purement criminel. La réalité est sans doute plus complexe : elle pourrait être un symptôme du débat mal engagé entre médecine conventionnelle et médecines complémentaires.

(Article paru une première fois dans Ouvertures n° 3)

Vous avez tous vu les images de cette descente des enquêteurs de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp), menée le 4 juin près de Lyon dans un laboratoire clandestin de fabrication de médicaments non autorisés. Neuf personnes, dont un couple de retraités qui dirige l’association « Choisis la vie » dans la région lyonnaise, ont été placées en garde à vue à Messimy (Rhône) où s’est déroulée l’opération de démantèlement.
Certains journaux ont précisé que le laboratoire clandestin fabriquait « des produits Solomidès, du nom de Jean Solomidès, médecin qui a mis au point dans les années 50 les physiâtrons synthétiques ».
Les faits sont indéniables. Les médicaments n’avaient effectivement pas d’autorisation légale. L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a raison de dire que « les conditions de fabrication et de distribution des produits saisis n’apportent pas les garanties de qualité et de sécurité recherchées ». Et que « l’intérêt thérapeutique et l’innocuité de ces produits n’ont pas été démontrés ».
Mais quand le président de l’Ordre des pharmaciens affirme qu’on est là devant « un véritable charlatanisme qui a une réelle dimension criminelle et devrait être punie en tant que telle » (1), il y a là une accusation terrible pour le moins précipitée.
En effet, ces produits sont diffusés à des personnes très malades, déjà traitées par la médecine académique, mais dont les résultats laissent, dans leur cas, à désirer. Dans leur désespoir, ces malades cherchent des voies complémentaires - et non substitutives, comme les autorités ou la presse tentent de le faire accroire.
Jean-Rémy Lepan, président du Groupe de recherche et d’études des thérapeutiques allopathiques et complémentaires (Gretac), soutient que les personnes de ce réseau sont pour la plupart des bénévoles, « des gens dévoués et désintéressés », que les produits, « peu onéreux » sont diffusés « à titre compassionnel » par l’association « Choisis la vie ». Cette dernière, tout à fait déclarée, payait les cotisations sociales de son personnel, au demeurant très réduit.

Une association connue des autorités de longue date

Elle était d’ailleurs bien connue des autorités puisqu’elle avait été, selon M. Lepan, l’objet d’une commission rogatoire il y a douze ans : « En 1992, on leur a reproché la même chose. Mais on les avait laissé continuer leur activité, sans doute parce qu’ils rendaient service malgré tout ». Sinon, pourquoi ne pas avoir démantelé le laboratoire à l’époque ?
Il reconnaît que les produits n’ont pas d’autorisation officielle, mais « s’il y avait eu beaucoup d’accidents, depuis toutes ces années, cela se saurait su ! ».
L’association « Choisis la vie » a été constituée en 1985 par d’anciens malades et de familles de malades ayant recours aux produits Solomidès. Ils se sont regroupés pour pouvoir disposer de ces produits destinés surtout « à soulager, à diminuer la douleur, à améliorer l’état général » des patients.

Jean Solomidès n’était pas un illuminé. Docteur en médecine à l’Université de Paris, bactériologue à la Faculté de médecine de Paris, attaché de recherches au CNRS, détaché durant huit ans à l’Institut Pasteur, il n’avait pas réussi à faire valider toutes ses recherches, malgré les résultats obtenus sur des malades. Seuls trois de ses physiâtrons synthétiques avaient obtenu le visa du ministère de la Santé publique. M. Solomidès expliquait qu’il avait obtenu les visas tant qu’il s’agissait d’eczéma et de bronchite, mais pas pour le cancer, « à cause de la partialité des instituts Gustave-Roussy et Curie et de l’absence de contre-expertise » . Comme il avait continué à diffuser les médicaments contestés, il a été condamné pour exercice illégal de la médecine et de la pharmacie.
Ces médicaments sont autorisés voire remboursés dans d’autres pays européens.
Alors, charlatanisme ou médecine complémentaire ? Il faut au minimum, dans cette affaire, conserver le point d’interrogation. C’est ce que faisait cette enquête sur les peroxydases du Pr. Solomidès diffusée sur FR3 en septembre 1984 et diffusé sur le site de l’Institut national de l’audiovisuel (Ina).

>> Commentaire : Que l’ordre des médecins et celui des pharmaciens défendent la médecine académique, ils sont dans leur rôle. Mais, tant qu’une étude impartiale et exhaustive des thérapies "différentes" n’est pas menée à bien, et selon des protocoles adéquats, ils seraient avisés d’être prudents dans leurs jugements des approches non conventionnelles.
La conscience de leurs limites face aux malades que les praticiens "officiels" ne parviennent pas à guérir, ainsi que la permanence de nombreuses maladies et l’émergence de nouvelles, devraient les inciter à la modestie et à un minimum de compréhension envers ceux qui cherchent désespérément une issue à leur souffrance et envers ceux qui les aident sur des chemins encore mal balisés...

_________________________________________

(1) Source AFP 4 juin.

JL ML jlml.fr / ouvertures.net
Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
Mêmes thématiques
Mots-clés :
Commentaires
15 votes
(IP:xxx.xx3.176.209) le 1er juillet 2008 a 15H15
 (Visiteur)

Simple : On ne peut mourir des effets secondaires d’un médicament, ou de son absence de tout effet, que s’il a été, préalablement, validé par l’AFSSAPS.

L’influence du lobby de l’industrie pharmaceutique est TRES, TRES importante, en France.

17 votes
(IP:xxx.xx5.155.81) le 1er juillet 2008 a 15H44
 (Visiteur)

les cancereux qui se soignent avec les produits solomides n’ont plus qu’à aller les chercher en belgique, bon courage pour eux, ici apparemment il ne reste que l’impitoyable chirurgie et chimiothérapie qui ne fait pas dans le détail... c’est scandaleux de faire passer choisis la vie pour des escrocs, et les malades pour des escroqués. effectivement depuis le temps que ce labo exerce s’il y avait eu un dérapage cela se saurait su. A qui profite le crime ?

4 votes
par Cantalou (IP:xxx.xx5.252.249) le 6 août 2008 a 20H20
Cantalou (Visiteur)

Bravo, bien répondu. Je rajouterai seulement que les médecins prescrivaient, la police secrète était au courant mais celà dérangeait big pharma, l’ordre des médecins, et politiciens.

9 votes
par François-Xavier Prévot, Marcheur-Photographe (IP:xxx.xx5.159.16) le 4 juillet 2008 a 00H14
François-Xavier Prévot, Marcheur-Photographe (Visiteur)

Mauvais sujet, faux débat : les seules drogues autorisées sont celles commercialisées et fortement conseillées par l’Etat, c’est tout.

Les autres drogues, ben, elles sont forcément illicites : c’est simple, non ?

"Que ton aliment soit ton meilleur médicament". Hyppocrate.

"Que ton médicament soit ton meilleur aliment". Hyppocrite.

PS : à voir absolument en DVD pou ceux qui l’ont raté au cinéma (’béciles...) le film "The constant gardener", avec Ralph Fiennes et Rachel Weisz, pour tout savoir sur les "pratiques" (soyons clairs : les crimes) des laboratoires pharmaceutiques dans le monde (y compris français, comme Sanofi Adventis, entre autres), et en Afrique en particulier.

RE-PS : le film finit très, très mal...

4 votes
par Cantalou (IP:xxx.xx5.252.249) le 6 août 2008 a 20H27
Cantalou (Visiteur)

Là aussi, bravo car bien répondu.

Et pour parler de Sanofi, faites des recherches sur AGREAL et vous serez surpris : des milliers de femmes mises sous neuroleptique caché (neuroleptique pour schyzophrènes) ; un produit des labos Sanofi.

Et c’est NOUS qui creusons le fameux trou de la SS !!

Pas un ministre de la santé n’a répondu aux divers courriers et surtout pas Mme Bachelot. Beaucoup de femmes se sont suicidées suite à ce pseudo médoc mis sur le marché pour faire du fric, d’autres sont handicapées à vie, d’autres sous morphine.....

Tout n’est que question de fric.

9 votes
par Martin-Lagardette (IP:xxx.xx8.23.35) le 4 juillet 2008 a 07H06
Martin-Lagardette (Visiteur)

Ce n’est pas si simple que vous le dites ! Vous faites semblant de croire que tout va bien dans le meilleur des mondes et que les drogues autorisées par l’Etat le sont selon des procédures parfaitement rigoureuses, objectives et transparentes.

Certes, les mécanismes d’homologation ont fait beaucoup de progrès ces dernières années.

Mais l’administration n’a pas vraiment les moyens de toujours contrôler concrètement la validité des infos délivrées par les labos pharmaceutiques, dont les experts fournissent le gros des vérificateurs à l’origine des autorisations de mise sur le marché.

Ensuite, nombre de médicaments dûment homologués sont ensuite déclassés, soit en raison d’effets secondaires mal mesurés, soit en raison d’un service rendu insuffisant.

Enfin, l’homologation d’un médicament est une question autant "politique" que scientifique. En effet, nombre de chercheurs indépendants se sont vu refuser même l’étude de leurs produits parce qu’ils gênaient les labos ou les politiques en place.

La recherche de l’intérêt général, dont l’Etat est le garant, n’est pas toujours la valeur suprême des décisions. Une preuve ? Si cela l’était vraiment, si on cherchait honnêtement et sincèrement à lutter contre les maladies, la proportion des budgets consacrés à la prévention sanitaire (c’est-à-dire à l’évitement des maladies) serait nettement supérieure, alors qu’elle n’atteint que quelques pour cents actuellement des dépenses publiques de santé...

12 votes
par Marcel (IP:xxx.xx1.114.146) le 6 juillet 2008 a 19H46
Marcel (Visiteur)

En 1952, année de la naissance de son huitième enfant, une leucémie a été diagnostiquée chez une mère de famille. La médecine traditionnelle lui a donné 6 mois de vie. Grâce aux bons soins du Docteur Jean Solomides, elle a continué de tenir son épicerie et d’être aimée de ses enfants jusqu’en 1971, date de son décés. Cette dame s’appelait Estelle et je suis son sixième enfant. Je remercie Jean Solomides de l’avoir sauvée et de nous l’avoir gardée 18 ans de plus !

13 votes
par Alain (IP:xxx.xx6.80.132) le 14 juillet 2008 a 06H40
Alain (Visiteur)

Nous sommes belges et mon épouse souffre d’une (LLC) leucémie limphoïde chronique depuis plus de 5 ans. Au début, n’étant soignée que par un hémathologue, elle devait subir de la chimiothérapie tous les 6 à 8 mois. Un jour, nous avons été mis en contact avec un médecin qui lui a prescrit un traitement mis au point par l’association "Choisis La Vie" à Messimy en France, traitement qu’il fallait commander que nous recevions par la poste jusqu’à ce mois de juillet. Ce traitement s’est immédiatement avéré très efficace au point que l’hémathologue ne comprenait absolument plus rien. Depuis, ses taux se sont régularisés et il n’y a plus eu de chimiothérapie. Mis au courant, le service d’hémathologie a procédé à des analyses du produit en question et il n’y a été décelé aucune toxicité. Maintenant que cette association a été démantelée par la justice française, elle ne pourra plus bénéficier de ce traitement et va donc devoir recommencer le cycle infernal des chimiothérapies qui, au fil du temps vont devenir de plus en plus proches. Tous renseignements nous seraient utiles, par exemple, s’il est possible de se procurer ce produit en Belgique ou dans un autre pays ou s’il existe une association des patients de "Choisis La Vie". Merci.

0 vote
par bbrgt (IP:xxx.xx4.104.81) le 18 février 2013 a 12H15
bbrgt (Visiteur)

Merci pour votre publication . Je souffre d’un Ca du colon et aimerais trouver les produits Solomides . Il parait qu’ils sont en vente en Belgique . Merci a vous pour votre aide Bernard

0 vote
par marie (IP:xxx.xx8.100.188) le 21 octobre 2012 a 21H15
marie (Visiteur)

Je remercie le docteur solomidès car ses produits ont sauvé ma soeur d’une maladie de hodgkin au stade 4 vers les années 1980