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La recrudescence des maladies nosocomiales
La recrudescence des maladies nosocomiales
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22 juillet 2008 | 5 commentaires
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Christelle, 7 articles (Rédacteur)

Christelle

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La recrudescence des maladies nosocomiales

La recrudescence des maladies nosocomiales

C’est une des plaies de l’hôpital…les maladies nosocomiales, infections associées au soins en milieu hospitalier, seraient en hausse de 16 % entre 2005 et 2006 malgré les mesures de précaution du personnel hospitalier.

Petit rappel

Une infection nosocomiale est une infection que l’on développe lors des soins pendant une hospitalisation. En France, les infections nosocomiales ont une prévalence de 6.87 % ( lors d’une hospitalisation, un individu aurait donc 6.87 % de risques de développer une infection liée aux soins). (1)

Les pathologies associées les plus fréquentes concernent majoritairement des infections urinaires dans 40 % des cas, infections de la peau et des tissus mous ( 10.8 % des cas), des infections du site opératoire (10.3%) et pneumopathies (10%). (2)

Il est difficile d’estimer précisément le nombre de décès liés aux maladies nosocomiales. Dans les pays de l’Union européenne, elles seraient responsables d’environ 50 000 décès chaque année (3). En France, selon une enquête de 2001, les maladies nosocomiales seraient impliquées dans 9.000 cas de décès chaque année (4). Sachant que parmi ceux-ci, 4.200 cas concernent des patients pour lesquels le pronostic vital n’était pas engagé à court terme à leur entrée à l’hôpital. Cela signifie qu’avant de contracter une infection nosocomiale, la vie de ces 4200 patients n’était pas menacée. On tablerait donc sur 4 200 décès directement liés au infections nosocomiales par an en France. On estime par ailleurs que les infections liées aux soins multiplieraient par 3 le risque de décès entre deux patients jugés « identiques ».

Une augmentation des infections nosocomiales

Selon l’étude publiée par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) en juillet 2008, les maladies nosocomiales font leur grand retour. Depuis 2001, les autorités sanitaires françaises ont en effet rendu obligatoire le signalement de certaines infections nosocomiales rares ou graves afin de les détecter précocement et favoriser les investigations et leur contrôle.

En 2006, 3239 infections nosocomiales rare ou graves ont ainsi été signalées aux autorités sanitaires, ce qui représente une hausse de 16 % par rapport à 2005. Quelques 431 établissements de santé sont concernés, sachant que 304 d’entre eux présentaient des cas d’infections groupés.

Les micro-organismes à l’origine des infections les plus fréquemment signalés sont :

- « Clostridium difficile » : 19% des signalements, bactérie très résistante, responsable de diarrhées survenant après des traitements antibiotiques et à l’origine d’une micro-épidémie dans le Nord Pas de Calais en 2006.

- « Staphylocoque doré » :11% des signalements, Peut être responsable responsable d’intoxications alimentaires, d’infections localisées suppurées, et dans certains cas extrêmes, de septicémies chez des sujets débilités (greffe, prothèses cardiaques)

- « Entérobactéries » : 9% des signalements. Bactérie proliférant dans l’intestin souvent à cause de traitement antibiotiques.

- « Pseudomonas aeruginosa » : 8% des signalements, correspondant majoritairement à des infections respiratoires survenues dans les services de réanimation.

Pour l’instant, personne n’explique la résurgence de ces bactéries.

De manière générale, pourquoi une augmentation des maladies nosocomiale ?

Il faut savoir que les infections nosocomiales sont liées au progrès de la médecine et à la prise en charge de patients de plus en plus fragiles. Les transplantés, les prématurés ou les personnes âgées, les malades en soins intensifs et les sujets immunodéficients sont, de par leur fragilité, les individus les plus souvent touchés par ce type d’infections.

L’augmentation des infections nosocomiales est donc à relativiser.


Le rôle préventif de l’INVS

Un nombre croissant d’établissement signalent les cas d’infections nosocomiales. En effet, toujours selon l’étude du BEH, pour 30% des établissement de santé, il s’agirait du premier signalement depuis 2001.

"Le nombre de nouveaux établissements de santé signalant en 2006 confirme l’appropriation progressive de l’outil par un nombre croissant" d’entre eux. Par ailleurs, les délais de transmission des signalements ont nettement progressé depuis 2001, commente Jean-Michel Thiolet de l’INVS (Institut National de Veille Sanitaire).

"Toutefois, la sous-déclaration reste réelle et d’importantes disparités régionales persistent", de même que des variations selon le type d’établissement. Les délais de transmission des signalements" restent parfois incompatibles avec une fonction d’alerte", ajoutent les chercheurs.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces lacunes : une définition des événements à signaler estimée peu explicite, une protection du déclarant incertaine, une méconnaissance des objectifs ou une mauvaise ergonomie du système ainsi que, localement, des disparités dans l’organisation et des situations d’alertes particulières.


La recherche, avenir dans la lutte des infections nosocomiales ?

Au Portugal (3), l’unité des grands brûlés de l’hôpital Sao Joao teste depuis deux ans de nouvelles mesures dans le cadre d’un programme de recherche pour lutter contre un champignon, les « Candida Albicans ». Les maladies nosocomiales sont en effet dues à des micro-organismes comme les bactéries, les virus et les champignons.

Normalement le candida albican est relativement inoffensif et fait partie de notre flore mycosique de la peau et des muqueuses. Cependant, l’état de faiblesse de certains patients fait qu’ils se placent au 4ème rang des agents responsables de septicémies dans les hôpitaux du monde occidental avec un taux de morbidité élevé ( 30 à 50 %). 84 % des malades du sida sont colonisés par ce champignon au niveau de l’oropharynx et 55 % développent une maladie qui lui est liée.

Certaines mesures thérapeutiques favoriseraient la prolifération de ce champignon et son caractère pathogène. Mais au delà, c’est l’instabilité génétique du champignon qui expliquerait qu’il puisse devenir agressif et même mortel. Confronté à divers environnements, le champignon a ainsi la capacité de développer de nouveaux mécanismes de pathogénèse et de résistance, ce qui explique l’impossibilité l’éradiquer avec des antifongiques. Ces 20 dernières années, la candémie nosocomiale (présence dans le sang de candida) a augmenté de 500 % sans que l’industrie pharmaceutique ait pu développer des antifongiques efficaces.

Mieux connaître les mécanismes de ces micro-organismes peut donc permettre de lutter plus efficacement contre eux. Un des objectifs des chercheurs a été d’inverser la résistance des Candidas Albicans aux anti-fongiques. Les chercheurs ont ainsi découvert que les candidas albicans étaient capables d’annuler leur effet grâce à des pompes à efflux qui expulse la substance en quelque millionièmes de secondes. Or les chercheurs ont trouvé que ces pompes à efflux peuvent être bloquées grâce à un médicament très courant, l’ibuprofène, un anti-inflammatoire. Ces même chercheurs ont également développé une nouvelle méthode permettant d’évaluer la sensibilité du champignon ou de la cellule fongique afin d’optimiser les traitements utilisés.

Le jour est encore loin où la lutte contre les maladies nosocomiales rencontrera une victoire complète, mais la compréhension des mécanismes des micro-organismes qui en sont à l’origine permettra sans nul doute de minimiser les risques de décès des personnes hospitalisées.

_______________________________________

Sources :

(1) Enquête nationale de prévalence 2001

(2) Quelle est la prévalence de ces infections ?

(3) « Ne pas laisser les champignons faire les malins », Courrier International, N° 924, 17-23 juillet 2008

(4) Des conséquences lourdes pour le patient comme pour la société

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Commentaires
4 votes
par pat30 (IP:xxx.xx1.94.103) le 22 juillet 2008 a 18H57
pat30 (Visiteur)

C’est vrai que ces bestioles sont de plus en plus résistantes aux antibiotiques, mais elles ne sautent pas sur les gens comme ça. Se sont les petites mains mal lavées des soignats qui les apportent. Mais on ne peut pas en vouloir aux soignants qui sont de moins en moins nombreux et de plus en plus débordés et surchargés de travail. C’est aux différents gouvernements, toutes couleurs confondues, qui laissent se délabrer les hôpitaux depuis toujours sous prétexte de faire des économies. Ce n’est pas en supprimant le personnel hospitalier qu’on fait des économies, la preuve : les infections nosocomiales augmentent alors qu’à une époque elles marquaient le pas.

1 vote
par une auvergnate (IP:xxx.xx5.11.164) le 22 juillet 2008 a 21H54
une auvergnate (Visiteur)

Intéressant mais les chiffres ne me semblent pas très logiques, 40% étant des infections urinaires (c’est probable) mais sachant que ce sont des entérobactéries le plus souvent responsables, je pense qu’elles devraient en réalité être les plus nombreuses. Candida albicans comme Clostridium difficile est également responsable de diarrhées suite à la prise de certains antibiotiques. Candida albicans n’est pas au 4e rang des septicémies en Auvergne, c’est certain... on le retrouve en septicémie sur des patients atteints de SIDA ou immunodéprimés sinon il est généralement responsable de mycoses vaginales ou buccales chez les patients immunocompétents. Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet et notamment le fait qu’elles sont mieux détectées et déclarées grâce à des systèmes informatiques et statistiques que ne possédaient pas les établissements il y a quelques années. Il faut cependant rester vigilant sur l’hygiène mais le manque de personnel ne favorise pas une amélioration...

0 vote
par Robert Marcel (IP:xxx.xx2.52.85) le 23 juillet 2008 a 15H04
Robert Marcel (Visiteur)

Votre article est construit sur des éléments partiels et non valides. Vous utilisez comme "preuves" les déclarations obligatoires remontées à la tutelle (DDASS) et à l’InVS, qui ne couvrent qu’une partie de la totalité des infections contractées à l’hopital. De plus nous savons que les professionnels de santé rechignent à déclarer à l’"extérieur" de leurs murs ; même cette partie de l’information est douteuse.

0 vote
(IP:xxx.xx5.11.164) le 23 juillet 2008 a 21H30
 (Visiteur)

Les statistiques sont à la fois sous-évaluées et sur-évaluées... sous évaluées car malgré l’obligation de déclaration certaines doivent en effet ne pas remonter, il faut dire aussi que que le travail administratif nécessaire se fait au détriement des fonctions principales des soignants... sur-évaluées car à mon avis certaines infections nosocomiales d’origine endogène ne devraient pas être prises en compte ; faire une mycose où une diarrhée aprés un traitement antibiotique est un phénomène banal, même chez soi...

http://www.caducee.net/dossierspeci...

1 vote
(IP:xxx.xx9.117.200) le 25 juillet 2008 a 18H41
 (Visiteur)

Curieux...curieux...car des médecins qui ont opérés dans des cuisines après avoir chassés les poules vivent encore ; Ils ne sont jamais , mais alors jamais interrogés...leurs malades vivaient très bien après ! Je me suis promené au bras de l’un d’eux autour de son village et les éloges et remerciements ont abondé ; Alors, que se passe-t-il ? il n’y a plus de flambées à l’alcool des instruments avant l’opération ? ou bien...ou bien...ils avaient de bonnes journées les pauvres fermiers ! le labour derrière le cheval du matin au soir sous cette petite pluie fine et froide et c’était la même pluie pour le médecin qui devait faire du cheval pour parcourir sa campagne ! alors, ils étaient plus résistants ? plus habitués aux microbes ? A ce propos, un lièvre ’faisandé’ pendant une bonne semaine et cuit à la royale...ça remet la santé en place ou bien ça tue ? ALORS, faut-il être plus rigoureux en aseptie ou bien faut-il être en meilleure répartion de microbes ( bactéries,champignons, virus dans et autour des organismes ) ??? le principal : c’est d’être en bonne santé !