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Traitement de l’insuffisance rénale chronique

Ligue Rein & Santé, 16 articles (Association)

Ligue Rein & Santé

Association

Traitement de l’insuffisance rénale chronique

Traitement de l'insuffisance rénale chronique

Si l’insuffisance rénale est irréversible, il est toutefois possible de ralentir sa progression et ainsi de retarder de plusieurs mois, voire années, le recours au traitement de suppléance, dialyse ou greffe qui peuvent même être parfois évités. Le stade terminal n’est donc pas inéluctable.

La prise en charge de l’insuffisance rénale chronique pour objectif de ralentir la progression de la maladie, grâce à plusieurs leviers :
 

Contrôler la tension artérielle

90% des insuffisants rénaux présenteraient des antécédents d’hypertension artérielle. Dans les premières phases de la maladie, l’objectif de la prise en charge de l’IRC (l’insuffisance rénale chronique) aura pour but principal le contrôle de l’hypertension. L’hypertension est à la fois une cause et une conséquence de l’insuffisance rénale. Plus la pression est basse, mieux la tension artérielle sera contrôlée et plus la dégradation de la fonction rénale sera lente. Le contrôle de l’hypertension passe peut passer par l’instauration d’un régime alimentaire adapté (limitation des apports en sel) et/ou des médicaments hypertenseurs(les inhibiteurs de l’enzyme de conversion et les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine2 sont le plus fréquemment prescrits). La pression artérielle ne doit pas dépasser 130/80 mmHg.
 
 

Instaurer un régime alimentaire adapté

Une réduction de l’apport en protéines animales est souvent nécessaire car celles-ci augmentent le travail des reins. Des symptômes d’urémie (nausées, crampes, etc.) peuvent apparaître si elles sont présentes en trop grande quantité.
En fonction du degré de gravité de l’Insuffisance Rénale Chronique, les apports en phosphore, sodium (sel), potassium (fruits, chocolats, …) et en lipides (graisses) seront éventuellement limités.
La réduction de la consommation de liquides pourra également être conseillée.
 
En cas d'insuffisance rénale secondaire à un diabète
L'obtention d'un équilibre glycémique parfait est indispensable pour réduire le risque de complications. Cet objectif impose une parfaite observance du régime alimentaire et du traitement médicamenteux. Il est dans ce contexte essentiel de maintenir la pression artérielle à sa valeur optimale (130/80 mmHg).
 
Maîtriser les autres facteurs de risque cardio-vasculaires
  • L’arrêt du tabac est préconisé en cas d’Insuffisance rénale car il a été démontré que celui-ci accélère la dégradation de la fonction rénale. Les métaux lourds de la fumée ont tendance à s’accumuler dans les reins provoquant des lésions. Associé à des pathologies comme le diabète ou l’hypertension, le tabagisme devient un cocktail empoisonné pour la fonction rénale et il est vivement conseillé d’arrêter de fumer.
  • Limiter l’hypercholestérolémie, un taux important de cholestérol peut par le biais de l'athérosclérose, favoriser la survenue d’une hypertension artérielle qui elle-même constitue un des tous premiers facteurs de risque d’insuffisance rénale. Le mauvais cholestérol est par ailleurs néfaste à la bonne irrigation des reins, des plaques d'athérome s'accumulent à leur niveau pouvant provoquer à terme un infarctus rénal. L’hypercholestérolémie se traite grâce à un régime alimentaire adapté, associé si nécessaire à un traitement médicamenteux et une bonne hygiène de vie.

 

Eviter les produits néphrotoxiques

Certains médicaments sont toxiques pour le rein. Il s’agit de certains antiviraux, d'antibiotiques de la famille des aminosides, des anti-inflammatoires non stéroïdiens, des médicaments à base de lithium (traitement des troubles bipolaires).
 
En cas d’IRC, certains médicaments sont formellement contre-indiqués en raison de la diminution de l'élimination de certains de leurs métabolites toxiques pour l'organisme (certains antidiabétiques, …), tandis que pour d’autres, les posologies doivent être adaptées au niveau de fonction rénale.
 
 

Pallier aux insuffisances des reins

  • Compenser l’anémie : cela permet une meilleure oxygénation des organes et en particulier des reins et du cœur, avec comme conséquence, une diminution de la sensation de fatigue et une amélioration des capacités physiques. En cas d’IRC, les reins ne sécrètent plus suffisamment d'érythropoïétine, hormone stimulant la production de globules rouges par la moelle osseuse. Il est donc nécessaire de compenser ce manque grâce à des médicaments favorisant l'érythropoïèse. La prescription de fer doit souvent être prescrite conjointement pour favoriser la fabrication des globules rouges.
  • Pallier au manque de calcium : le manque de production de vitamine D sous forme active (calcitriol) peut provoquer une décalcification et se compliquer d'hyperparathyroïdie. Des apports de calcium et de vitamine D peuvent être prescrits afin de maintenir une calcémie normale et éviter un fonctionnement excessif des glandes parathyroïdes qui risquent de mobiliser le calcium à partir des os qui deviendront plus fragiles.
  • L'augmentation du phosphore dont l'élimination rénale est diminuée nécessite à côté d'un régime l'utilisation de chélateurs du phosphore afin d’empêcher son absorption lors de la digestion.
  • Rétablir l’équilibre acido-basique : en cas d’IRC, les reins éliminent plus difficilement les acides et l’équilibre acido-basique de notre métabolisme n’est plus maintenu. L'apport de bicarbonates grâce à des gélules de bicarbonate ou des eaux bicarbonatées telles que l’eau de Vichy peuvent être nécessaires.
  • Eliminer l’excès d’eau et de sel : des diurétiques sont parfois nécessaires pour rétablir un équilibre hydro-sodé quand les reins ne jouent plus leur rôle de fine régulation.
 

Avis de l’expert : En pratique, qu’est-ce qui détermine le succès d’un traitement contre l’insuffisance rénale chronique ?

 
Professeur Francis DIDELOT, Néphrologue : « Les clefs de succès d'un traitement dans le cadre d'une IRC sont :
- l'information, la compréhension et l'acceptation de la maladie par le patient ; c'est l'information pré-thérapeutique ;
- une parfaite observance des prescriptions hygiéno-diététiques et médicamenteuses, ainsi que des rendez-vous de consultation et des analyses ; c'est l'éducation thérapeutique ;
- une nouvelle organisation permettant aux patients des contacts rapides avec les professionnels de santé pour répondre aux questions inopinées (comme un possible effet indésirable d'un médicament) ; c'est ce qui peut être mis en place avec la télémédecine
- un partenariat solide entre les différents professionnels de santé concernés, certes médicaux, mais également paramédicaux (pharmaciens, biologistes, diététiciens, infirmiers, …) et médico-sociaux (assistantes sociales, …)
Toutes ces clefs doivent évidemment être mises en place de manière la plus précoce qui soit, grâce à un dépistage permettant l'intervention initiale du néphrologue qui coordonne la prise en charge. »