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L’insuffisance rénale terminale

Ligue Rein & Santé, 16 articles (Association)

Ligue Rein & Santé

Association

L’insuffisance rénale terminale

L'insuffisance rénale terminale

Lorsque les reins ont perdu 85 % de leurs capacités fonctionnelles et que les complications liées à l’IRC deviennent trop graves (fatigue, hypertension, etc.) un traitement de substitution devient alors indispensable. Le choix de la méthode de suppléance se prépare à l’avance, en collaboration avec le néphrologue, le patient et le médecin traitant,. Chaque technique présente en effet ses avantages et ses inconvénients et il existe pour certaines des contre-indications.

 

La dialyse

La dialyse consiste à nettoyer le sang à la place des reins. Le sang est épuré grâce aux échanges entre le sang et un liquide de dialyse (le dialysat) contenant des électrolytes à une concentration déterminée au cas par cas. Il s’agit d’un traitement lourd qui aura de nombreuses conséquences dans la vie du patient.
 
Deux techniques sont possibles :
  • Avec l’hémodialyse, le sang est prélevé par ponction dans une veine artérialisée du bras. Pour cela, on programme à l’avance la confection d’une fistule (communication entre une veine et une artère) le plus souvent au niveau de l’avant-bras ou du bras. Le sang est ensuite transféré vers un dialyseur, qui fait office de rein artificiel et filtre le sang en traversant une membrane semi-perméable. Le sang épuré est ensuite restitué par une seconde ponction veineuse. L’hémodialyse doit se faire 3 à 4 fois par semaine pendant au moins 4 heures d’affilée. Elle est le plus souvent pratiquée à l’hôpital, mais peut se faire dans des unités d'auto dialyse ou à domicile sous certaines conditions.
  • Pour la dialyse péritonéale, le dialysat est directement introduit dans l’abdomen par l’intermédiaire d’un cathéter (petit tuyau) préalablement mis en place. La filtration du sang se fait alors au travers d'une membrane naturelle, le péritoine. Le liquide est ensuite retiré par le même cathéter pour remplacer le dialysat. Ces dernières années, la Dialyse Péritonéale Automatisée s’est développée et offre la possibilité aux patients d’effectuer leur dialyse pendant la nuit, leur permettant ainsi de mener une activité normale pendant la journée.
 
 

Avis de l’expert : En quoi la mise sous dialyse est-elle un choc dans la vie d’un patient ?

 
Professeur Francis DIDELOT, Néphrologue  : « Le début de la dialyse peut être qualifié de "coup de grâce" succédant à différents chocs.L’annonce de la maladie rénale est déjà un événement important, qui donne une toute autre signification à l'éventuelle maladie sous-jacente, hypertension artérielle ou diabète, car c'est un tournant dans la maladie. La maladie rénale est irréversible ; il faut assumer cette réalité. L'annonce de la nécessité d'une substitution de la fonction rénale est une épreuve difficile à surmonter ; le travail de deuil correspondant à la perte du fonctionnement de ses reins doit être fait et accompagné par les professionnels de santé.
La dialyse est un véritable bouleversement de la vie professionnelle et familiale ; la dialyse est effectuée au moins 3 fois par semaine, à raison de 4 heures par séance. Ce traitement est appliqué dans une unité de soins appropriée, parfois éloignée du domicile du patient, imposant de nombreux transports particulièrement longs et pénibles. 
L’alternative à la dialyse est la transplantation rénale, redoutée par certains, espérée par d'autres qui ont du mal à comprendre les délais d'attente avant sa réalisation. La transplantation préemptive, c’est-à-dire réalisée avant que la dialyse n'ait débutée, est encore une pratique peu répandue ; la greffe à partir de donneur vivant rend tout à fait envisageable cette possibilité. La greffe à partir de donneur vivant (la famille en principe) est un sujet extrêmement délicat, source de difficiles problèmes moraux qui doivent être pris en compte par des professionnels spécialisés et rompus à cette problématique.
Ces difficultés, dont la liste n'est malheureusement pas exhaustive, donnent toute son importance à la qualité des relations entre le patient et les différents professionnels de santé qui participent à la prise en charge de cette maladie si particulière qu'est l'IRC. »
 
 

La greffe rénale

La transplantation rénale reste la meilleure solution pour retrouver une vie presque normale lorsqu’on souffre d’insuffisance rénale terminale. Pour certains malades, elle est vitale lorsque la dialyse ne permet plus d’enrayer la dégradation générale de l’état de santé. La greffe d’un rein permet en outre de retrouver certaines hormones comme l'érythropoïétine ou le calcitriol dont le déficit est responsable d’une fatigue excessive.
 
La greffe rénale peut s’effectuer avec un rein prélevé chez une personne en état de mort cérébrale, ou à partir d'un donneur vivant, en général quelqu’un de la même famille pour des raisons de compatibilité. Cependant, les progrès des traitements antirejet permettent actuellement d'élargir les indications (entre époux notamment).
 
Normalement, l’activité rénale reprend dans les jours qui suivent la greffe. Les deux principaux inconvénients de la greffe rénale sont : la greffe ne guérit pas au sens strict du terme ; son efficacité est limitée dans la durée, bien que le greffon puisse être efficace largement plus d'une dizaine d'années ; par ailleurs, un traitement immunosuppresseur est nécessaire aussi longtemps que le greffon est en place, afin d'éviter le rejet du rein, ce qui rend le patient plus fragile face aux infections.