Accueil du site
> Je gère ma santé > L’Asthme > Les médicaments de (...) > En savoir plus sur...
Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter

Les médicaments de l’Asthme

Asthme & Allergies, 23 articles (Association)

Asthme & Allergies

Association

Les médicaments de l’Asthme

Les médicaments de l'Asthme


Le traitement médical de l’asthme repose sur deux grandes catégories de médicaments :
• ceux qui empêchent la survenue des crises, le traitement de fond,
• ceux qui stoppent la crise d’asthme.

 

Traitement de fond

Le traitement de fond de l’asthme a pour objectif de réduire l’inflammation chronique de la muqueuse bronchique, et ainsi de réduire la survenue de crises. Pour qu’il soit efficace, il est indispensable qu’il soit pris quotidiennement. Le plus souvent, il s’agit de médicaments à inhaler sous forme de spray, en poudre ou aérosol-doseur.
 

Les différents médicaments :

 
Les corticoïdes : Ils ont pour rôle de réduire l’inflammation des bronches. Ce sont des dérivés de la cortisone. Les corticoïdes par voie inhalée constituent la base du traitement de fond. Lorsque l’inhalation est correcte, le médicament tapisse les parois des bronches et provoque une diminution de l’inflammation. Le gonflement des parois bronchiques s’amoindrit et il y a une réduction de la production des crachats, de la toux et de l’essoufflement. Exemples de molécules prescrites : Béclometasone (ex : Becotide®), Budesonide (ex : Pulmicort®), Flunisolide (ex : Bronilide®), Fluticasone (ex : Flixotide®)
A noter : ces médicaments agissent de façon progressive mais durable à condition d’être pris tous les jours, ceci même en l’absence de symptômes de la maladie. La cortisone inhalée aux doses thérapeutiques habituelles permet de contrôler efficacement la maladie avec des effets secondaires systémiques minimes.
 
Les bêta –2 mimétiques de longue durée d’action : ils peuvent être ajoutés quand l’asthme n’est pas bien stabilisé par les corticoïdes inhalés seuls. Leur longue durée d’action permet deux prises quotidiennes. Ils peuvent être associés aux corticoïdes dans le même dispositif d’inhalation facilitant ainsi la prise du traitement. Exemples : Asmelor®, Bricanyl LP®, Foradil ®, Oxeol®, Séretide®, Symbicort®…
 
Les antileucotriènes : il s’agit d’une classe de médicaments anti-inflammatoires qui est donnée sous forme de comprimés. Ce médicament se fixe sur les parois bronchiques et bloque les récepteurs aux leucotriènes, substances qui entraînent l’inflammation des bronches. Ce médicament est indiqué en complément des corticoïdes inhalés quand les signes de l’asthme ne sont pas bien contrôlés et dans le traitement préventif de l’asthme d’effort, en prises régulières. Ce traitement ne se substitue pas au traitement par la cortisone. Exemple : Singulair ®
 
La théophylline : elle est efficace mais de moins en moins utilisée car la dose thérapeutique qui permet la bronchodilatation est très proche de la dose toxique. Elle peut être prescrite en traitement de fond de l’asthme persistant. Les effets indésirables les plus fréquents sont notamment les nausées, les vomissements, les douleurs abdominales, les maux de tête, l’excitation, l’insomnie et la tachychardie (accélération du rythme cardiaque normal). Exemples : Dilatrane®, Euphylline LA®, Theostat LP®, Xanthium LP®
 
Les anti-IgE pour l’asthme sévère : Lorsque les traitements classiques à forte dose échouent pour l’asthme sévère d’origine allergique, des anti-IGE peuvent être prescrits en complément. Les anti-IgE vont permettre de mieux contrôler l’asthme en inhibant les principaux anticorps responsables de la réaction allergique. Ex : Xolair® (Omalizumab)
 
L’oxygène  : c’est un médicament. Dans le cas de l’asthme, il est utilisé, soit dans le cas de crises d’asthme sévères, soit lorsque l’asthme a évolué vers l’insuffisance respiratoire.
 

Traitements associés possibles :

 
L’asthme est souvent associé à une rhinite allergique dans 8 cas sur 10. Des traitements associés comme des anti-histaminiques peuvent être prescrits.
Une immunothérapie spécifique peut également être recommandée. Il s ‘agit d’une désensibilisation effectuée soit par voie injectable ou par voie sublinguale. Ce traitement a pour but de diminuer la sensibilisation de l’asthmatique aux différents allergènes provoquant de l’asthme. Au préalable, un bilan allergologique sera effectué par l’allergologue afin d’identifier précisément les allergènes responsables des crises d’asthme. A désensibilisation est un traitement spécifique, long, et qui nécessite l’adhésion du patient.
 
Certains asthmatiques souffrent parfois d’un Reflux Gastro-Oesophagien (RGO) associé, une remontée acide du liquide gastrique pouvant atteindre les poumons principalement la nuit. Le RGO risque d’aggraver les symptômes d’asthme, il est donc nécessaire de le traiter par des médicaments anti-reflux (anti-acides, antagonistes H2, etc.).
 
 

L’avis de l’expert : Lorsque le traitement échoue, quelles causes possibles ?

 
Pr. Daniel VERVLOET, Pneumologue-Allergologue, Association Asthme & Allergies : « Divers facteurs peuvent expliquer l’échec du traitement médicamenteux chez un asthmatique. En premier lieu, les médicaments peuvent être inadaptés en cas de mauvais diagnostic. Si le malade souffre par exemple d’une bronchite chronique, un traitement pour l’asthme sera inévitablement sans effets. Autre possibilité ; il peut y avoir une pathologie associée à l’asthme qui demeure mal soignée. Par exemple une rhinite allergique ou un reflux gastro-œsophagien qui feront perdurer les symptômes. Egalement, lorsque les causes de l’asthme, principalement les allergies, ne sont pas correctement identifiées, il sera difficile d’éviter les allergènes et l’asthme se manifestera malgré le traitement médicamenteux. Parfois, il faut rechercher l’interaction avec certains médicaments comme les bétabloquants qui peuvent annihiler l’effet des bronchodilatateurs. Quelquefois, la persistance des symptômes d’asthme peut être due à une sous-estimation des doses du traitement par rapport à la sévérité de l’asthme. Il est important de souligner que la mauvaise observance du traitement est un facteur important débouchant souvent sur un mauvais contrôle de l’asthme. Les statistiques montrent ainsi que 50 % des asthmatiques ne prennent pas correctement leur traitement de fond. Enfin, et malheureusement, certains asthmes très sévères demeurent encore difficiles à traiter efficacement. »
 
 

En pratique : Comment bien inhaler son traitement de fond ?

 
Un quart des asthmatiques ne savent pas bien inhaler leur traitement de fond. Simple en apparence, c’est une technique qu’il faut apprendre à maîtriser en fonction du type d’inhalateur utilisé - spray, diskus, autohaler, turbuhaler, novolizer-.
 
Dans le cas d’un spray, voici les différentes étapes à respecter :
  • Enlever le capuchon, secouer le spray,
  • Expirer à fond – vider l’air des poumons- et mettre le spray dans la bouche,
  • Inspirez à fond tout en appuyant sur le spray,
  • Bloquer la respiration pendant quelques secondes, le temps que le produit se dépose dans les bronches.
Remarque : Se rincer la bouche après avoir pris votre traitement permet d’éviter le développement de mycoses.
 
 
 

Traitement de la crise

 
Les médicaments pour les crises d’asthme ont pour but de soulager rapidement en permettant la réouverture des bronches. Ils appartiennent à deux familles de médicaments, les bronchodilatateurs et les corticoïdes administrés par voie générale, en comprimés, gouttes ou injections.
 
Les broncho-dilatateurs les plus utilisés sont les bêta-2 mimétiques (ou bêta-2 agonistes) d’action rapide et de courte durée. Ils sont le plus souvent employés par voie inhalée mais peuvent aussi être injectés. Ces médicaments sont appelés ainsi car ils vont se fixer sur la paroi des bronches au niveau de capteurs microscopiques dénommés « récepteurs bêta 2 ». Cette fixation va entraîner un relâchement des muscles des parois des bronches très rapidement et permettre à l’air de mieux circuler. Exemples : Ventoline®, Salbutamol* Teva®, Asmasal® …
 
Les atropiniques de synthèse ou anticholinergiques n’existent que sous forme inhalée. Ils agissent moins rapidement (trente minutes) et ont un effet de relaxation sur les muscles bronchiques moins puissant que celui des bêta-2 mimétiques. Ils peuvent s’associer à ceux-ci mais ne doivent pas se substituer à eux. Les effets indésirables de ces deux classes de médicaments sont rares. Exemple : Atrovent ®, Ipratrogen®…
 
Les corticoïdes administrés en comprimés, gouttes ou injections sont indispensables à la maîtrise des crises d’asthme prononcées ou prolongées. En effet, dans ces deux dernières situations, l’obstruction des bronches est due, non seulement au spasme des muscles situés autour de la bronche, mais aussi à l’inflammation de la bronche qui est épaissie et remplie de glaires épaisses. Ce traitement bref n’est pas responsable d’effets indésirables sérieux. Dès que possible, cette forme de cortisone sera remplacée par la cortisone à respirer qui est sans risques aux doses habituellement prescrites. Exemples : Betnesol ®, Celestene ®, Cortancyl ®, Solupred®…
 
 

Le DEP et le traitement de fond : A quoi ça sert ?

Le débit expiratoire de pointe ou Peak Flow est un petit appareil permettant de mesurer la capacité respiratoire du patient où qu’il soit. Il consiste à expirer le plus fort et le plus vite possible pour obtenir la vitesse maximum de l’air expiré. Le chiffre obtenu est ensuite comparé à la « valeur normale » définie par le médecin. Si le DEP est inférieur au débit normal, alors il y a gêne respiratoire et le traitement médicamenteux doit être adapté selon les instructions du médecin. Le DEP est donc une aide utile dans le suivi du souffle pour le patient qui pourra modifier le traitement de l’asthme lorsque c’est nécessaire.

 

Les médicaments contre-indiqués ou à prescrire avec prudence en cas d’asthme

 
- Médicaments de la famille des bêtas-bloquants, médicaments surtout utilisés en comprimés dans les maladies cardiaques et en particulier dans l’hypertension artérielle ou en collyre dans les glaucomes. Ils sont en effet susceptibles de révéler ou d’aggraver un asthme car leur action s’oppose à celle des médicaments bêta-2 mimétiques. Ils peuvent fermer les bronches.
 
- Médicaments appelés inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine. Ils sont régulièrement prescrits dans le traitement de l’insuffisance cardiaque. Ils peuvent être responsables d’une forte toux susceptible de faire penser que l’asthme s’aggrave. Cette toux disparaît quand la prise du médicament est arrêtée.
 
- L’aspirine et les anti-inflammatoires sans cortisone largement prescrits dans le traitement des douleurs, en particulier rhumatismales peuvent déclencher ou aggraver 10% des asthmes.
 
- Certains antibiotiques et certaines substances anesthésiques peuvent provoquer des crises d’asthme accompagnées ou non de manifestations allergiques.
 
- Chez l'asthmatique, l'injection de produits de contraste iodés peut comporter un risque. Le patient signalera à son médecin une éventuelle réaction qu'il aurait pu avoir lors de l'injection antérieure d'un produit de contraste iodé. En fonction de la nature de cette réaction antérieure, l'allergologue pourra être amené à conseiller la réalisation de tests cutanés avec ces produits ou à prescrire des médicaments anti-allergiques à prendre avant l'examen radiologique.
 
>> Cette liste n’est pas exhaustive. Il faut que le patient signale tous les traitements qu’il prend, y compris sous forme de collyre, aux médecins.
Mots-clés :
Asthme