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Nos cosmétiques toxiques ? véritable danger ou psychose ?
Nos cosmétiques toxiques ? véritable danger ou psychose?
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25 novembre 2010 | 2 commentaires

Nos cosmétiques toxiques ? véritable danger ou psychose ?

Nos cosmétiques toxiques ? véritable danger ou psychose?

Scandales du parabène, triclosan, sels d’aluminium...Il ne se passe pas une année sans qu’une nouvelle étude scientifique dénonce les possibles dangers liés aux substances toxiques contenus dans les produits du quotidien. Parmi eux, ceux que nous appliquons directement sur notre peau : les cosmétiques.

Entre la réalité des faits scientifiques et les semi-vérités relayées par les médias, il est difficile pour le consommateur de s’y retrouver sans tomber dans la psychose. Et pour cause : il s’agit d’un problème complexe où subsiste une part d’incertitude.

Alors quels sont les vrais risques liés aux produits de beauté ? Voici l’avis d’une spécialiste des cosmétiques, Laurence Wittner, auteur de l’Observatoire des Cosmétiques. Cet ouvrage évalue chaque année, de façon indépendante, nos produits de beauté, en fonction de critères scientifiques, dont les risques de toxicité pour la santé humaine...

1. Malgré les mesures de précaution avant leur mise sur le marché, comment explique-t-on les polémiques sur les dangers supposés de certaines substances dans les cosmétiques ?

Laurence Wittner  : La réglementation cosmétique européenne (qui s’applique en France) est effectivement basée sur le principe qu’un cosmétique ne doit pas nuire à la santé humaine.
Chaque fabricant doit tenir à la disposition des autorités sanitaires un dossier prouvant qu’il a effectué les tests toxicologiques et de tolérance qui prouvent l’innocuité de son produit.
 
La réglementation prévoit d’autre part des interdictions pour les ingrédients avérés dangereux pour la santé comme les CMR ( substance cancérogène, mutagène ou toxiques pour la reproduction), ou des restrictions (en termes de pourcentage maximum autorisé dans le produit fini ou de limitation à certaines catégories de cosmétiques) pour toute une liste de matières premières cosmétiques.
 
Mais il est vrai que cette réglementation est élaborée à l’aune des connaissances du moment sur les différentes molécules utilisées dans les cosmétiques. Et il suffit d’une ou deux études scientifiques pour jeter le doute sur l’innocuité d’une substance. Vérifier ces études, faire valider leurs conclusions par les comités d’experts européens, et éventuellement les traduire dans la réglementation par de nouvelles restrictions peut demander plusieurs années… pendant lesquelles les doutes peuvent s’accentuer et les polémiques s’installer…
 

2. Quelles sont les dernières polémiques autour des dangers supposés liés aux cosmétiques ? Sur quelles substances ?

Laurence Wittner  : La principale polémique, récurrente et toujours d’actualité, concerne évidemment les parabens. Mais bien d’autres ingrédients font l’objet de questionnements, comme les nanoparticules notamment dans les produits solaires, les perturbateurs endocriniens (particulièrement dans les produits pour bébés), le Triclosan qui vient de faire l’objet de nouvelles réserves de la part des experts européens…
 

3. Ces polémiques sont-elles également une histoire de lobbying ? Si oui, qui sont ces groupes de pression ?

Laurence Wittner  : Si on veut envisager les choses sous cet angle, on peut effectivement considérer que l’industrie cosmétique a tendance à défendre les ingrédients qu’elle a l’habitude d’utiliser et qu’elle considère comme utiles à ses formulations, alors que des associations de consommateurs ou de défense de l’environnement œuvre davantage pur l’interdiction de nombreuses substances chimiques.
 

4. Comment expliquez-vous le manque de consensus de la part des experts sur le sujet, car personne ne semble d'accord sur le sujet ?

Laurence Wittner  : Il est parfois difficile de se forger une opinion tranchée sur un ingrédient. Selon la façon dont est menée une étude scientifique, ou le protocole d’une expérimentation, on peut arriver parfois à des résultats assez variables.
 
Certaines molécules (comme les perturbateurs endocriniens) sont également connues par être particulièrement nocives quand on est contact avec plusieurs d’entre elles (multiexposition) à de très faibles doses, alors qu’elles semblent inoffensives quand on les considère indépendamment les unes des autres, même à doses élevées. 
 
Il faut aussi bien différencier l’étude d’une substance isolée, et son action par la voie d’une application quotidienne via la formule complexe d’un cosmétique, les effets sur l’organisme pouvant s’avérer bien différents (ex emple : une substance nocive par ingestion peut être tout à fait inoffensive en application cutanée, surtout si ces molécules sont trop « grosses » pour traverser la barrière cutanée…)
 
Dans tous les cas, le débat ne peut être tranché que par des études et expérimentations scientifiques indépendantes, validées par les autorités sanitaires et réglementaires, ce qui peut demander beaucoup de temps…
 

5. Selon vous, quelles substances sont surmediatisées, et au contraire, celles qui devraient attirer davantage l’attention  ?

Laurence Wittner  : Il est incontestable que les parabens sont surmédiatisés.
On gagnerait certainement à parler davantage des générateurs de formol (cancérogène), des perturbateurs endocriniens, des molécules allergènes présentes dans de nombreux produits ainsi que des allergènes émergents
 

6. Au final, les consommateurs doivent-ils faire preuve de prudence dans le choix de leur cosmétique ? Comment ?

Laurence Wittner  : Chaque consommateur peut faire jouer, à titre personnel, un principe de précaution allant au-delà des garanties apportées par la réglementation cosmétique. 
 
Il peut pour ce faire apprendre à lire correctement une étiquette, à décoder une liste d’ingrédients (présente sur tous les emballages de cosmétiques) et seul outil réellement complet et pertinent pour juger de la composition d’un produit.
L.P

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Commentaires
1 vote
par gnagnette (IP:xxx.xx4.193.72) le 25 novembre 2010 a 15H20
gnagnette (Visiteur)

sur le même thème :

un article intelligent sur le même sujet : http://www.ecoconso.be/spip.php?art...

"Les étiquettes sans prise de tête" un guide bien fait sur le sujet : http://www.ecoconso.be/spip.php?art...

Je me demande si le guide Cosmétox de Greenpeace a été mis à jour depuis 2007.

1 vote
par Pierrot (IP:xxx.xx1.210.184) le 26 novembre 2010 a 09H38
Pierrot (Visiteur)

L’article est intéressant et montre bien les difficultés. Il est difficile et long de faire une évaluation toxicologique sur des substances chimiques car cela dépend du mode d’utilisation peau, ... et surtout de la quantité de produit (c’est la masse qui fait le poison) et des interactions éventuelles entre plusieurs substances ainsi que les métabolites des substances. L’autre difficulté est qu’il est inexacte d’additionner des toxiques pour un risque de pathologie identique. Le meilleur exemple est le benzène (C6H6) cancérigène, le toluène (C6H5-CH3) neurotoxique mais le mélange des 2 substances est de toxicité moins élevée que l’addition de chacune. La neurotoxicité des sels d’aluminium est contestable grace aux barrières biologique. La toxicité du bisphényl A semble dépendre de la quantité absorbée. En conclusion, il me semblerait pertinent que la législation des produits cosmétiques soit la même que celle pour les produits pharmaceutiques. Bien sûr cela aurait un impact négatif sur l’innovation et le prix des produits mais la sécurité est à ce prix. Bonne journée.