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Nike Fuelband à la rescousse de la perte de poids ?
Nike Fuelband à la rescousse de la perte de poids ?
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7 décembre 2012
Auteur de l'article
Maxime St-Onge, 27 articles (Kinésiologue)

Maxime St-Onge

Kinésiologue
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Nike Fuelband à la rescousse de la perte de poids ?

Nike Fuelband à la rescousse de la perte de poids ?

Je me suis récemment procuré un Nike Fuel band, l’accéléromètre mis en marché par Nike il y a quelques mois déjà. Étant donné mon penchant avoué pour les accéléromètres (habituellement les modèles de plus haut de gamme), j’ai décidé d’effectuer une comparaison entre le Nike Fuelband et le GT3x+ d’Actigraph (probablement un des modèles étant le plus souvent utilisé en recherche). Les deux modèles d’accéléromètres se portent au poignet et le GT3x+ se porte également à la ceinture (en fait, le port à la ceinture est la mesure de référence pour le GT3x+ pour la quantification de l’activité physique).

Pour vous situer, le Nike Fuelband est un accéléromètre triaxial (qui mesure les accélérations selon 3 vecteurs : avant-arrière, côté-côté et haut-bas). Les dimensions de ce bracelet vont de 147 mm (27g) de diamètre pour le modèle le plus petit jusqu’à 197 mm (32g) de circonférence pour le plus grand. Il possède également un capteur photosensible qui ne sert malheureusement qu’à régler l’intensité de l’affichage. Ce même affichage nous permet d’obtenir l’heure, les Fuel (unité arbitraire de l’activité physique propre à Nike), les calories et le nombre de pas. L’appareil est également équipé d’une connexion Bluetooth qui permet une liaison avec un téléphone intelligent où l’on peut obtenir plus d’informations (distance, historique, liens avec réseaux sociaux, etc.). Les 2 piles ion-polymères fournissent une autonomie maximale de 4 jours (l’appareil se recharge à l’aide d’une connexion USB, une recharge complète prend un peu plus d’une heure). Le bracelet est à l’épreuve de l’eau, mais ne peut tolérer une immersion continue (lire : pas waterproof, mais splash proof). Je n’ai pas réussi à trouver de l’information sur la mémoire de l’appareil ni sur sa fréquence d’échantillonnage (intervalle de temps entre les mesures des accéléromètres). Il en coûte environ 150 dollars canadiens (117 euros) pour se le procurer, les logiciels d’accompagnement sont gratuits.

Le GT3x+ d’Actigraph est un accéléromètre triaxial doté d’un capteur photosensible et d’un inclinomètre. L’appareil peut se porter au poignet, à la ceinture, à la cuisse et même à la cheville (normalement, on l’utilise à la ceinture comme mesure de référence, mais je préfère le poignet, car plus pratique et plus facile d’utilisation malgré une perte de validité). Il mesure 4.6 cm x 3.3 cm x 1.5 cm pour un poids total sans bracelet de 19 g. Le GT3x+ peut enregistrer jusqu’à 40 jours à une fréquence d’échantillonnage de 30 Hertz et les piles ion-lithium fournissent une autonomie maximale de 31 jours. L’appareil est à l’épreuve de l’eau (1 m d’immersion continue pendant 30 min). Afin d’obtenir les données, il faut connecter l’appareil à l’aide d’une connexion USB et d’un dispendieux et complexe logiciel (il existe une version sans fil également, le wGT3x+). Il est possible d’obtenir une quantité faramineuse d’informations : activité physique en minutes, en kcal, selon différents niveaux d’intensité, temps de sommeil, orientation spatiale du corps (assis, debout, couché) et j’en passe. Une recharge complète prend entre 1 et 2 h. Il en coûte un peu plus de 250 dollars canadiens (195 euros) pour se le procurer et le logiciel coûte près de 1000 dollars canadiens (780 euros)…

Dans un contexte de recherche, la question ne se pose pas, le GT3x+ remporte la palme haut la main (malgré ses défauts, mais ceci, est une autre histoire). Cependant, comme outil de promotion de l’activité physique, la convivialité et l’accessibilité du Nike Fuelband sont des avantages notables. Mais, est-ce que les chiffres qui sont fournis par l’appareil sont valides ? Voilà pourquoi j’ai effectué la comparaison entre le GT3x+ porté à la ceinture du coté gauche (mesure de référence), le Nike Fuelband porté au poignet gauche et le GT3x+ porté au même poignet.

Le tableau 1 présente les résultats de la comparaison sur une période de 5 jours. Il est important de comprendre qu’il s’agit d’une analyse comparative légère et qu’il me faudrait étendre mes tests à un échantillon plus vaste de participants afin de conclure de façon définitive sur le produit. Néanmoins, je tiens à vous présenter les valeurs afin que vous puissiez prendre conscience des forces et faiblesses de l’appareil.

Vous êtes à même de constater qu’il existe un écart substantiel pour l’ensemble des mesures (bienvenus dans l’univers de la mesure de l’activité physique !). Si statistiquement, le Nike Fuelband démontre une similitude intéressante avec le GT3x+ porté à la ceinture (inutile de rappeler qu’il s’agit de la mesure de référence que nous avons utilisée), il n’en demeure pas moins que nous observons un écart potentiel de plus de +2000 pas, +821 kcal dépensées et de +264 min d’activité physique (en moyenne, par jour).

Le prochain carrousel vous permet de visualiser à l’aide de graphiques le comparatif entre le Nike Fuelband, le GT3x+ au poignet, le GT3x+ au poignet avec mon algorithme de correction et le GT3x+ à la hanche. Dans l’ensemble, le Nike Fuelband offre des performances intéressantes et son avenir me semble prometteur, non pas pour une utilisation en recherche, mais bien comme un outil intéressant et versatile en promotion de l’activité physique et pourquoi pas, en gestion de poids.

Il est bien évident que je préfère avoir recours à mes GT3x+, car ils me fournissent une plus grande quantité d’information (intensité des activités, sommeil, orientation spatiale, etc.) afin de structurer mon intervention. Cependant, le Nike Fuelband offre des avantages non négligeables. Jusqu’à présent, les données que j’ai recueillies avec le Nike Fuelband me semblent probantes et la plateforme utilisée pour visualiser les données est attrayante et pertinente. À défaut d’une précision extrême, la combinaison du bracelet avec l’application (mobile ou sur PC) s’avère être une source de motivation importante. L’utilisation de bornes, de rappels et de marqueurs de réussite indique un souci de la part de Nike de conserver l’utilisateur motivé.

Je me demande si les grandes instances du conditionnement physique au Québec vont finalement se décider à réellement prendre le virage technologique et à canaliser leurs efforts (et investissements) non pas uniquement pour ce qui se passe entre leurs murs, mais pour aussi intervenir concrètement sur ce qui se passe sur 24 h. L’utilisation d’accéléromètres afin de mesurer l’activité physique de leurs clients est d’une nécessité criante, principalement pour toute intervention visant l’atteinte d’un poids santé.

L’utilisation du Nike Fuelband comme mesure continue de son niveau d’activité physique peut s’avérer un choix judicieux afin de tenter de créer un déficit énergétique pour la perte de poids. L’unité arbitraire des Nike Fuel permet d’obtenir une quantification journalière de son niveau d’activité physique. Lorsqu’utilisés conjointement avec un journal alimentaire et une pesée, ces « points » Nike peuvent permettre d’établir si notre niveau d’activité physique convient ou non à nos apports nutritionnels. Par exemple, si en moyenne vous accumulez 3500 points Nike par jour et que votre poids est stable, vous pouvez en déduire que votre niveau d’activité physique vous permet d’être en équilibre énergétique. Afin de perdre du poids, il vous faudra donc accumuler plus de points Nike ou bien vous devrez songer à réduire vos apports quotidiens en boustifailles.

Ceux et celles qui lisent régulièrement mon blogue argumenteront qu’un podomètre peut effectuer le même travail et que bien des gyms en vendent au comptoir. Mais, il y a un mais…

L’avantage d’un accéléromètre et du Nike Fuelband (possiblement) réside dans sa capacité à quantifier l’intensité (et c’est ce qu’i me reste à tester avec ce bidule, mais c’est un peu plus compliqué) et ainsi offrir une discrimination des activités physiques. Plus on se déplace avec vigueur, plus la quantité de points Nike devrait être élevée (à vérifier, comme je vous disais. Mais, si Nike s’est limité à uniquement faire un podomètre à partir d’un accéléromètre triaxial, je vais être sérieusement déçu et je vis devoir aller leur porter mon CV…). Je dois malheureusement souligner que je suis extrêmement déçu que Nike n’ait pas songé à inclure un algorithme de détection du sommeil. Cela aurait été une addition très utile qui n’aurait en rien modifiée les composantes du Fuelband (il s’agit d’utiliser des algorithmes déjà publiés et accessibles qui utilisent des valeurs d’accélérométrie à partir du poignet). Selon moi, une grave erreur et surtout un manque de vision de la part de Nike.

Alors, on achète ou non le Nike Fuelband ? On achète si on souhaite avoir une mesure objective « correcte » de son activité physique en conservant un look cool et décontracte. Toutefois, on magasine et on regarde également du côté du Fitbit (je sais, mauvais choix de nom…) et du Jawbone UP (retiré du marché, mais un retour en force est prévu pour 2013) et fort probablement chez Adidas, Reebok et autres qui vont assurément emboiter le pas en 2013.

Utiliser un accéléromètre, c’est comme utiliser Internet pour faire des recherches alors qu’utiliser un podomètre, c’est fouiller dans les microfiches de la bibliothèque. Dire que je prônais l’utilisation d’accéléromètres en 2004… Mieux vaut tard que jamais !

Maxime St-Onge, Phd
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