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Mythe 2 : le VO2max fait foi de tout
Mythe 2: le VO2max fait foi de tout
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5 septembre 2011
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Daniel Riou, 12 articles (Kinésiologue)

Daniel Riou

Kinésiologue
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Mythe 2 : le VO2max fait foi de tout

Mythe 2: le VO2max fait foi de tout

Je dois avouer que je ne suis pas tombé là-dessus par moi-même. Dans mon Bac en kinésiologie, on nous a appris que le VO2 max est la variable la plus importante dans les épreuves d’endurance. Eh bien, il faut croire que la science évolue. Ou du moins, que la science met les choses en perspective. Je suis récemment tombé sur une revue de littérature de Steve Magness (qui coach dans un groupe commandité par Nike : le Oregon project). Sa revue de littérature s’intitule : Les facteurs qui affectent la performance en course à pied. Je vais vous faire un petit résumé de la partie de sur le VO2 max, agrémentée de mes commentaires.

Premièrement, pourquoi se questionner sur le VO2 max ? Voici quelques exemples :

  1. Lance Armstrong, malgré son VO 2 max de tracteur (85ml environ, ne courut « que » 2h59 lors de son premier marathon.
  2. Paula Radcliffe, en faisant passer son kilométrage hebdomadaire de 50km/semaine à 250km/ semaine n’a pas vu son VO2max changer. Et ce, malgré une hausse notoire de son volume et de l’intensité de son entraînement. Plus important encore, les performances de Radcliffe ont augmenté de façon importante durant cette période.

Je trouve que des contre-exemples ont une faible valeur scientifique. Par contre, ça attire un peu l’attention, et il me semble que ces chiffres ouvrent l’esprit.

Petit historique du VO2 max :

Depuis les années 1920, on est capable de mesurer le VO2 max par divers procédés. Étant à l’époque la seule variable mesurable, le VO2 max a donc été très étudié. Comme l’explique Steve Magness, « Chaque fois qu’un nouveau paramètre est découvert, beaucoup d’emphase est mise sur ce paramètre dans la recherche ». La réaction initiale de plusieurs scientifiques est de donner beaucoup (trop) d’importance au nouveau paramètre, comme si ce paramètre allait répondre à toutes les questions. C’est presque comme si c’est la nature humaine de passer au travers de ce processus de découverte-exagération de l’importance des nouvelles découvertes. On peut voir cette tendance dans plusieurs champs de la science.

Cela nous emmène à penser que l’importance du VO2max a peut-être été exagérée au cours des années. En effet, dernièrement, différents arguments contre l’importance du vo2 max dans l’entraînement ont vu le jour. Entre autres, une théorie a été développée par Tim Noakes appelée « modèle du gouverneur central ». En gros, ce modèle prédit qu’un large éventail de signaux biologiques est surveillé afin de toujours terminer l’exercice avant la perte de l’homéostasie dans le corps. En gros, votre cerveau vous empêche d’utiliser tout l’oxygène disponible par vos muscles et s’assure de rester en vie et en équilibre.

Avec ce modèle en tête, on s’est rendu compte que les athlètes qui performent un test de VO2 max n’atteignent pas de plateau comme prévu. En fait, environ la moitié des athlètes atteignent véritablement un plateau, chez les autres, la courbe s’aplatit, mais on ne peut pas parler de plateau. Leur performance n’est donc pas limitée par le VO2 max, puisqu’ils n’ont pas atteint le-dit plateau. Un autre argument contre l’utilisation du VO2 max est que cette valeur change selon le sport pratiqué. Votre VO2 max n’est pas le même à vélo qu’à la course à pied.

Finalement, le facteur le plus important contre l’utilisation du VO2max dans l’entraînement en course à pied est que ce n’est pas un très bon prédicteur de performance. Notamment, dans une étude de Vollard et al. (2009), les changements dans le VO2 max des athlètes n’étaient pas corrélés avec les changements dans leur VO2 max.

L’autre point soulevé par Steve Magness est que l’entraînement à un pourcentage donné du VO2 max donnera des réactions différentes chez des coureurs différents. Cela dépendra de leur seuil de lactatémie, leur composition de fibre musculaire, etc.

Sommes toutes, plus d’attention devrait être portée à améliorer la performance, qu’à améliorer un paramètre tel que le VO2max, et l’entraînement devrait être basé sur les résultats en compétition plus que sur le résultats de tests.

Mon point de vue :

S’entraîner avec la VO2max pure est un peu absurde. Déjà, utiliser la VAM (vitesse aérobie maximale, la vitesse maximale que vous pouvez tenir pendant 5 minutes) est plus recommandé. Pourquoi ? Cette valeur prend en ligne de compte votre efficacité biomécanique. On a donc déjà un résultat plus près de la réalité. De plus, le test de 5 minutes est presque comme une compétition, il teste donc le sujet dans une situation semblable à ce qu’il vivra lors de ses épreuves importantes. Le VO2 max est un bon prédicateur de la VAM, mais n’est pas aussi bon pour prédire les performances des athlètes. C’est pourquoi je trouve que les tests en laboratoire avec mesure des échanges gazeux sont inutiles.

Récemment, on a commencé à utiliser un autre paramètre en conjonction avec la VAM, l’indice d’endurance. Cet indice est trouvable par les résultats de compétitions sur plusieurs distances, combiné à un test de VAM. On s’approche ainsi de la réalité du coureur, de ses forces, de ses faiblesses et de ses performances actuelles. Avec ces 2 variables, on est capable d’obtenir des entraînements plus précis et mieux ajustés à chaque coureur. Du moins, c’est ce que je propose en attendant que la science de l’activité physique ne fasse encore quelques pas !

Article publié sur courseapied.ca

Daniel Riou, kinésiologue, couseapied.ca
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