Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Et si le culte du corps était bénéfique ?
Et si le culte du corps était bénéfique ?
note des lecteurs
date et réactions
17 mai 2013
Auteur de l'article
Maxime St-Onge, 27 articles (Kinésiologue)

Maxime St-Onge

Kinésiologue
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
27
nombre de commentaires
0
nombre de votes
0

Et si le culte du corps était bénéfique ?

Et si le culte du corps était bénéfique ?

Il existe une forme d’hypocrisie dans le domaine du conditionnement physique qui tend à pousser les gens à se ranger derrière des positions parfois extrêmes sous l’influence d’un jugement plus émotif que rationnel. Ceci se manifeste tout particulièrement dans le cas du culte du corps, mouvement jugé par plusieurs comme étant futilement superficiel. Pourquoi s’entraîner pour avoir un corps svelte et athlétique alors que l’on devrait plutôt s’entraîner pour être en forme ? On anoblit ou diabolise les objectifs d’entraînement selon nos convictions.

Pourtant, avoir un corps svelte et athlétique peut s’avérer être un gage de santé. Cependant, lorsque Tom Pec mentionne qu’il souhaite s’entraîner pour avoir un corps de rêve sans faire mention d’un désir d’améliorer sa condition physique ou de diminuer ses facteurs de risques pour les maladies cardiovasculaires, on le classe dans la catégorie des gens superficiels. Comme si l’image de soi n’était pas un facteur dans la santé mentale ? Et que dire de Mônoncle Gérard, bedonnant et savourant quotidiennement sa bouteille de vin rouge (quoi ? C’est bon pour le cœur le vin rouge – sic ! —) qui vient s’entraîner en étalonnant ses nombreux objectifs de meilleure santé à son entraîneur alors que tout ce qu’il souhaite c’est de perdre sa protubérance faisant fonction de coussin à chien qui garnit sa devanture, afin de séduire les jeunes dames sur la plage ? Mônoncle s’entraîne pour les bonnes raisons alors que Tom Pec est un insignifiant rempli d’une superficialité puante.

S’entraîner pour améliorer son apparence physique n’est pas un crime loin de là. En fait, aimer un corps en santé est un gage de santé globale. À l’inverse, une personne souffrant d’embonpoint important ou d’obésité aimant son corps n’absout pas cette personne des facteurs de risque qui sont associés à sa composition corporelle. D’être bien dans sa peau n’est pas un vaccin contre la maladie. Lorsque ce sentiment d’acceptation devient une motivation pour maintenir le statu quo (je suis bien dans ma peau et c’est ce qui compte, je n’ai donc pas besoin de perdre mon poids). Je trouve, et c’est bien personnel, que ce type de raisonnement est une forme de fuite ou de résignation de la personne en surpoids. Je ne pourrai pas changer, alors aussi bien accepter mon état. Si psychologiquement cette forme d’acceptation peut favoriser l’estime de soi et la santé mentale, elle n’enlève en rien les risques d’hypertension artérielle ou de diabète de type 2. Il est rare d’observer ce comportement chez une personne qui vient de recevoir un diagnostic de maladie associée à la composition corporelle. Soudainement, le désir de perdre du poids réapparaît.

Là où le culte du corps devient un problème, c’est lorsque la fin en vient à justifier les moyens. Lorsque l’apparence prend le dessus sur la santé, lorsqu’avoir l’air en santé devient plus important que d’être en santé. Il s’agit d’une réalité qui est bien ancrée dans le domaine du fitness où le désir de triompher peut parfois prendre le dessus sur la raison. Toutefois, ce phénomène dépasse largement l’univers du fitness et on le retrouve désormais dans l’ensemble du milieu du conditionnement physique. Les dernières années ont marqué une transition des objectifs de « santé monotones » vers les transformations physiques plus « sexy ». Pour être franc, je n’ai aucun problème avec cette réalité et j’irai même jusqu’à l’encourager. Cependant, il est important d’encadrer ce processus de transformation tout comme il est important d’encadrer un entraînement visant l’atteinte d’objectifs de « santé monotones ». Alors que l’on paramètre l’atteinte des objectifs de « santé monotones » à l’aide de mesures (prise de pression artérielle, mesure de la glycémie, enzymes hépatiques, etc.), on paramètre beaucoup moins les transformations « sexy ». Outre les mesures de composition corporelle, on ne mesure aucun paramètre psychologique pour tenter d’évaluer l’estime de soi ou la perception du schéma corporel. On se soucie peu de ces choses, tant que les photos avant-après sont remarquables par leur distinction.

Cette forme d’emphase sur l’avant après pousse de plus en plus de participants à plonger dans l’univers du « la-fin-justifie-les-moyens » et risque de causer l’adoption de comportements incompatibles avec une notion de santé globale. Bientôt, il faudra prévoir des tests antidopage chez les participants de défis transformations « sexy ».

En fait, l’apparence et surtout la perception de soi sont des éléments très importants dans une perspective de bien-être holistique. Ils doivent cependant s’insérer dans une démarche honnête dans son approche et santé dans son dénouement.

Maxime St-Onge, Phd

POST-SCRIPTUM

  • Références

    1. Morgan AZ, Keiley MK, Ryan AE, et al. Eating regulation styles, appearance schemas, and body satisfaction predict changes in body fat for emerging adults. Journal of youth and adolescence 2012 ;41:1127-41.

    2. Sabiston CM, Crocker PR. Examining an integrative model of physical activity and healthy eating self-perceptions and behaviors among adolescents. The Journal of adolescent health : official publication of the Society for Adolescent Medicine 2008 ;42:64-72.

    3. Shaw JM, Ebbeck V, Snow CM. Body composition and physical self-concept in older women. Journal of women & aging 2000 ;12:59-75.

Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté