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Chirurgie esthétique : Le prisme déformant de la starification
Chirurgie esthétique : Le prisme déformant de la starification
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24 septembre 2015
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Mezhoud

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Chirurgie esthétique : Le prisme déformant de la starification

Chirurgie esthétique : Le prisme déformant de la starification

Les pages actualités des moteurs de recherche retournent des résultats navrants quand on fait une recherche sur la chirurgie esthétique. On y trouve que des références aux interventions réelles ou supposées de stars. Mais notre discipline ne s’arrête pas à cela. 

La chirurgie esthétique serait-elle vouée à n'être que la médecine des riches ou des stars, ce qui est bien souvent la même chose ?
Rappelons à titre liminaire que la chirurgie plastique de reconstruction prend son essor dans le contexte tragique de l'après guerre 14-18 et que sa destination première est de réparer les visages abîmés des poilus.
A l'envie d'oublier ce conflit sanglant les sociétés concernées ajoutent le besoin de mettre à distance la figure du combattant dont le visage porte les stigmates d'une horreur sidérante pour l'époque.

Pourquoi ce rappel historique ? Pour nous souvenir que notre discipline a des vertus que le couple chirurgie-stars fait oublier. De quoi s'agit-il ? La chirurgie plastique revient sur l'inné et sur l'acquis. Elle prétend agir sur une forme que l'hérédité ou les accidentés ont installé et qui pose un problème.
De sorte que sans devoir se prévaloir de corriger pour améliorer la santé(rhinoplastie fonctionnelle par exemple) , notre médecine peut se prévaloir d'améliorer une notion technique floue-le bien-être-mais très prégnante dans son ressenti.

A l'instar de l'irruption sur la scène médicale de pionniers comme Suzanne Noël ou Willis au sortir de la première guerre mondiale, les chirurgiens plasticiens contemporains acceptent d'accompagner des patients qui sont rejetés dans leur milieu.
La formule n'est pas exagérée. A partir de l'instant où un être peut ressentir une forme d'ostracisation du fait d'un quelconque fait physique, il est de fait dans une situation d'exclusion.
Si la notion de norme a bien un sens, c'est précisément en vertu du fait que la société de manière consciente ou non crée des exclus pour se structurer.

Au travail, il faut être dynamique, souriant et si son métier a une dimension commerciale, il est préférable de ne pas avoir de poches sous les yeux et être plutôt mince qu'en surpoids.
Pour plaire, il vaut mieux avoir des yeux d'une certain couleur et un nez qui ne sort pas trop de l'ordinaire.

Or, tous ces standards imposés qui suscitent des formes de mise à l'écart sont largement issus de l'influence des personnalités publiques du cinéma ou de la télévision.
Du coup, en associant leur image au recours à la chirurgie esthétique, on a le sentiment diffus que celle-ci encourage les vecteurs de rejet au sein des sociétés.
A qui serait permise l'intervention de chirurgie esthétique, sinon à la vedette déjà bien dotée par la nature et qui souhaite corriger un petit défaut sur sur son nez ou sur ses hanches ?

Ce prisme déformant a au moins une vertu. Il nous permet de comprendre que même dans le travers de la course à l'image parfaite, il y a dans la personnalité publique une individualité qui peut éprouver une forme de complexe.

Si vous multipliez par 10 les effets psychologiques, voire psychosomatiques de ce complexe chez les personnes ordinaires, vous comprenez la fonction civilisationnel du chirurgien esthétique. 

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