Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
La cellulite : quelles solutions ?
La cellulite : quelles solutions ?
note des lecteurs
date et réactions
26 mai 2008
Auteur de l'article
David Elia, 34 articles (Gynécologue)

David Elia

Gynécologue
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
34
nombre de commentaires
0
nombre de votes
0

La cellulite : quelles solutions ?

La cellulite : quelles solutions ?

À l’origine il s’agit d’une accumulation de graisse en une région préférentielle de votre corps : la face externe de vos cuisses et éventuellement vos fesses....

Les différents types de cellulite

Les cellules à graisse (les adipocytes) sont enserrées comme des billes dans un certain nombre de sacs dont les cloisons sont faites de tissu conjonctif (un tissu élastique d’enveloppement). Le volume de la cellulite, et surtout son aspect esthétique, vont dépendre bien entendu de l’importance du volume de la graisse mais aussi de votre taille (elle sera plus visible sur une cuisse courte que sur une longue), de votre âge, de la qualité des muscles des fesses ou des cuisses, de l’élasticité de la peau (elle décroît régulièrement au fil des années), de l’état de la circulation veineuse de la peau des cuisses, de l’état de la circulation lymphatique,... et l’on comprend que chaque femme puisse prétendre à représenter un cas particulier.

On distingue néanmoins :

La cellulite de la très jeune femme, juste après la puberté

Elle est en général ferme, ne présente pas d’anomalies de la circulation veineuse ni lymphatique visibles à la surface cutanée ; la peau drape très convenablement l’amas graisseux ;

La cellulite commune, banale entre 25 et 50 ans

La peau s’est déjà un peu détendue, parfois même vergetée ; de petits signes d’insuffisance veineuse et lymphatique apparaissent ; un certain degré " d’infiltration d’eau " peut, selon les moments du cycle ou de la vie quotidienne (en particulier selon les stress), venir accentuer encore la proéminence. Lorsque l’on pince la peau entre le pouce et l’index, on met en évidence la " peau d’orange " qui n’est en fait que la traduction visible cutanée de l’accumulation sous-cutanée des amas graisseux ;

La cellulite " évoluée "

Les phénomènes vasculaires et lymphatiques sont en général très visibles avec une composante « infiltration d’eau » importante. La peau est particulièrement détendue et les amas de graisse sont souvent perceptibles tels des nodules au doigt qui palpe : le tissu conjonctif enveloppant les adipocytes s’est peu à peu, sous l’effet de l’âge, sclérosé, durci, tendu.


Les solutions à la cellulite

Vous en aviez peu ou pas entre 16 et 25/30 ans

Et il vous semble qu’elle " vous est venue " à l’occasion de circonstances qui, pour le gynécologue que je suis, restent stéréotypées :

– lors d’un stress majeur ;

– à l’occasion d’une grossesse ;

– à force de vous battre contre un méchant syndrome prémenstruel qui, mois après mois, ajoute à votre poids 100 g, puis 150, puis 80, puis 120, etc. ;

– vous vivez depuis plusieurs mois ou années une périménopause particulièrement agitée avec ses désordres hormonaux, ses poussées d’estrogènes, ses périodes épouvantables de bouffées de chaleur et de " coups de barre " ;

– vous êtes en pleine ménopause ou vous n’en finissez pas de la vivre, noyée dans les symptômes de l’insuffisance estrogènique (bouffées de chaleur, suées...). Vous faites donc partie de ces femmes qui nous annoncent lors de la consultation : " Docteur, je n’ai jamais eu de cellulite de ma vie et me voici maintenant envahie... ! "

Cette arrivée insolite de la cellulite vous désole mais elle s’explique fort bien en général par la prise de quelques kilos de graisse qui, parce que vous êtes une femme, iront tout préférentiellement se localiser sur vos cuisses et vos fesses — si vous étiez un homme cette graisse aurait décidé de s’implanter au niveau de l’abdomen. Vous avez " pris " des cuisses, certes, mais aussi souvent des seins, du visage, du ventre.

Si vous êtes ménopausée non traitée, la localisation de la graisse se fera en général de façon indifférente aussi bien sur vos cuisses que sur votre ventre ou plus haut : sans hormones estrogènes la graisse adopte une localisation indifférente et ne marque plus de préférence notable dans l’élection de son choix d’implantation.

Mon conseil : vous devez maigrir et vous débarrasser de quelques kilos (entre 2 et 6, voire plus). La stratégie est triple : il faut créer un déficit calorique quotidien de quelques centaines de calories, faire, ou refaire, du sport aérobic (vélo, rameur, natation...) et vous décider à la musculation. En général, la perte de poids s’accompagnera d’une perte des proéminences nouvellement acquises sur les cuisses. Faites attention et ne laissez pas s’installer trop durablement cette graisse car elle sera d’autant plus difficile à déloger.


Vous en avez toujours eu

Depuis votre puberté, même lorsque vous avez votre poids de forme, que vous n’êtes pas trop grosse, vous notez cette proéminence de vos cuisses qui vous désespère. On peut dire que vous êtes " faite ainsi ", comme… la majorité des femmes !

Vous avez bien tenté de maigrir, mais sans aucun résultat sur la cellulite : vous êtes parvenue à creuser vos joues, à faire tomber vos seins, à faire dire à votre entourage : " Quelle sale mine tu as ! " Mais la cellulite, elle, est toujours restée là, têtue et obstinée. Vouloir changer cet état de choses dans votre corps c’est vouloir qu’il exécute un programme qui lui est totalement étranger, de la même façon que vous voudriez vous servir d’un programme MAC sur un ordinateur PC !

À vrai dire, faire " fondre " cette cellulite est impossible, sauf chirurgie, de la même façon que la réduction éventuelle de votre poitrine d’un 90B à un 80C ne pourrait se faire sans l’aide du bistouri !


Que faire alors ?

Tout d’abord un grand principe de base : éviter de vous faire arnaquer et d’être la " gogo " de service !

  • Les massages lymphatiques


Ces massages, qui doivent être exécutés par des kinésithérapeutes ou des médecins (les seuls habilités à les pratiquer), n’ont aucun impact particulier sur la cellulite mais peuvent apporter un soulagement intéressant aux sensations de " jambes lourdes, d’infiltrations, d’œdèmes ", souvent contemporaines de la cellulite dont elles ne sont pas une composante mais, je le répète, des facteurs indépendants. À raison de 20 à 100€ la demi-heure de massage, on peut considérer qu’il s’agit d’une stratégie chère, mais qui a néanmoins le mérite d’améliorer " un petit quelque chose " local en comparaison de la multitude des autres techniques proposées qui, au mieux, ont un effet nul et qui coûtent bien plus cher.

  • La prescription de médicaments veinotoniques


Il en existe une multitude de marques. Le plus souvent administrés par la bouche, ont pour avantage d’agir sur la composante veineuse des troubles localisés aux cuisses et aux jambes. Ils n’ont évidemment aucune action sur la cellulite mais peuvent la rendre plus esthétique, moins inconfortable, surtout lorsqu’elle s’accompagne de désordres veineux ou lymphatiques.

En fait, lorsque, comme pour plus de 80 % des femmes, votre cellulite n’exprime absolument pas un surpoids — on ne peut donc espérer venir à bout par un régime alimentaire quelle qu’en soit la sévérité —, il vous reste deux moyens :

– un moyen non agressif : les crèmes cutanées,

– un moyen plus agressif : la lipoaspiration chirurgicale.


  • Les crèmes cutanées


Ces produits sont proposés sous la forme de crèmes ou de gels. Ils revendiquent tous des propriétés amincissantes.

Vous en faites une grande consommation : il s’agit d’un marché annuel d’environ 20 millions d’€ pour 1,5 million de tubes achetés. Une Française sur sept a déjà eu recours à l’une de ces crèmes. Éliminons tout de suite les produits " cosmétiques " qui, du fait de la réglementation, n’ont pas le droit d’agir plus profondément que... sur la couche supérieure de l’épiderme ! Il faut dire que, la plupart du temps, on vous propose des crèmes à base de plantes et nous voici à nouveau entraînés dans la saga du lierre, du marron d’Inde, dont l’efficacité à faire fondre les graisses (à supposer que ces molécules atteignent la couche graisseuse) est nulle.

Intéressons-nous plutôt aux produits contenant de la caféine dont certains ont une autorisation de mise sur le marché délivrée par le ministère de la Santé, c’est-à-dire qu’ils peuvent alors — sans déroger à la réglementation et grâce à leur statut de médicament — pénétrer jusqu’aux couches profondes sous-cutanées. Seules en effet les crèmes à base de caféine (Percutaféine® en particulier qui représente près de la moitié des achats français) peuvent revendiquer une action sur la fonte graisseuse.

Avec ce gel, vous êtes certaine d’au moins une chose : le produit passe la barrière cutanée au-delà de laquelle il dépose une molécule (la caféine) dont on sait qu’elle a une action scientifiquement prouvée sur la graisse. Ce produit est, de plus, l’un des moins chers du marché (vous devez pouvoir trouver un tube à moins de 15€).

Mais il ne faut pas vous attendre à des résultats " époustouflants ". Vous ne ferez pas, sauf exception, disparaître une cellulite importante. En revanche, l’aspect de la peau est constamment amélioré au bout de plusieurs semaines d’utilisation et l’action favorable sur le volume de la cellulite souvent appréciable. Autant vous dire que je considère que les autres crèmes ou gels (qu’ils soient thermo-amincissants, " aux extraits végétaux ", ou autres placebo) ne me semblent pas être dignes de figurer en bonne place dans votre " arsenal " anticellulite.

  • La caféine fait fondre la graisse, mais comment ?


La caféine fait partie de la famille de ce qu’on appelle les bases xanthiques qui peuvent avoir, entre autre, un effet d’accélération de la fonte graisseuse. C’est la raison pour laquelle elle retient toute l’attention des scientifiques dans le contexte de l’amaigrissement. En 1965, on a montré que l’absorption par voie orale de 250 mg de caféine augmentait le taux sanguin d’acides gras (par dégradation de la graisse) : la démonstration venait d’être faite que l’on pouvait mobiliser une partie de la réserve graisseuse du corps (bien entendu, rien ne disait précisément laquelle).

Mais les effets du café à haute dose sont bien connus : excitation nerveuse, insomnie, palpitations cardiaques...). C’est pourquoi l’idée de concevoir une crème qui pourrait avoir un effet local s’imposa assez rapidement. Et ce d’autant plus que la caféine passe relativement facilement la barrière cutanée.

Restait encore à comprendre par quel mécanisme la caféine pouvait ainsi se targuer d’induire une fonte graisseuse. Les expériences menées sont aujourd’hui définitivement confirmées ; elles ont toutes établi que la caféine était responsable de la stimulation d’une enzyme, la triglycéride-lipase, qui " casse " les molécules de gras.

  • La lipoaspiration chirurgicale


C’est un médecin français, Guy Illouz, qui en décrit la première version en 1977 : grâce à des canules qui, avec le temps, verront leurs diamètres diminuer de plus d’un centimètre à quelques millimètres (3 ou 4), le chirurgien " aspire " la graisse grâce à de minuscules petites ouvertures cutanées permettant l’introduction de la canule. C’est une intervention chirurgicale qui doit être réalisée par un médecin compétent à l’hôpital ou en clinique. Je vous déconseille en particulier de vous faire opérer en d’autres endroits (un cabinet médical de ville par exemple...).

Il y a bien évidemment des indications, des contre-indications, des incidents, des accidents attribués à cette technique, comme toute technique médicale ou chirurgicale en comporte...

En particulier, la peau doit être encore de bonne qualité, propre à se " retendre " sur les parties débarrassées de la graisse sinon, attention, ça va " gondoler ", " faire des vagues ", prendre un aspect de tôle ondulée.

D’autre part, l’aspiration ne peut se faire sans créer un certain nombre de micro-traumatismes, en particulier circulatoires ; car elle détruit veinules et artérioles, ce qui peut aggraver les problèmes veineux préexistants.

La " peau d’orange " restera le plus souvent visible dans la mesure où l’aspiration, pour ne pas créer de traumatisme important de la peau (par exemple nécrose gravissime), doit rester profonde : à vouloir " curer " la graisse immédiatement sous-cutanée, on risque de priver la peau de sa vascularisation et de son innervation.

Enfin, si l’effet de lipoaspiration est durable, il n’est peut-être pas aussi définitif que l’on a bien voulu le dire : de nouveaux adipocytes peuvent se développer, se charger en graisse et être la cause de " récidive ".

Un conseil donc : adressez-vous à l’un des chirurgiens esthétiques détenant une compétence reconnue dans leur spécialité. Vous pouvez vérifier la qualification de votre médecin en vous renseignant auprès du Conseil de l’Ordre départemental.

Cela dit, lorsqu’elle est effectuée dans un contexte — en particulier cutané — adéquat et par un chirurgien compétent, la lipoaspiration chirurgicale donne des résultats vraiment très satisfaisants.

Tous les articles du docteur David Elia sur www.docteurdavidelia.com
Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
Mots-clés :
Beauté