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Couches jetables vs couches lavables
Couches jetables vs couches lavables
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28 mai 2008
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Bambin Nature, 43 articles (Site internet)

Bambin Nature

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Couches jetables vs couches lavables

Couches jetables vs couches lavables

Bien loin des langes qu’utilisaient nos grand-mères, les couches lavables font leur grand retour. Si pour certains, elles sont plus économiques, plus saines pour bébé mais surtout écologiques, pour d’autres, il s’agit d’un système bien trop contraignant, synonyme de retour en arrière.

Pour y voir plus clair, Bambin Nature s’est intéressé aux avantages et aux inconvénients de ces deux types de change.

1. Couches lavables : de quoi parle-t-on ?

Oubliez les carrés de coton à plier et ajuster sur l’enfant puis à fixer avec une épingle à nourrice, les couches lavables ont évolué et ressemblent désormais plus à leurs concurrentes jetables. Elles sont maintenant préformées, munies d’élastiques aux cuisses et à la taille, mais aussi de velcro pour fermer et repositionner aisément. Il existe de nombreux modèles qui diffèrent par la qualité et la nature du tissu, l’épaisseur, la coupe, la taille, la couleur, le système de fermeture…

Les couches lavables réutilisables sont composées de plusieurs niveaux :

- la culotte de protection, partie extérieure de la couche, qui assure l’imperméabilité du système

- la couche lavable qui constitue la partie absorbante,

- la doublure ou double-couche qui permet d’accroître la capacité d’absorption de la couche pour la sieste et la nuit voire en journée pour les enfants qui urinent beaucoup,

- le voile de protection ou papier absorbant qui sert à jeter les selles sans y toucher.

2. Au quotidien

Depuis l’apparition des couches jetables, bon nombre de parents voient les couches lavables comme un système archaïque et contraignant. Qu’en est-il réellement ? Voici un aperçu du mode d’emploi des couches lavables.

1- Assemblez la couche. Pour cela, placez, si besoin est (pour les grands mouilleurs ainsi que pour la nuit), un protège couche dans le fond de la couche lavable à l’aide des pressions prévues à cet effet puis ajoutez le voile de protection.

2- Placez la couche sur les fesses de bébé, de la même manière qu’une couche jetable. Une fois la couche lavable en place, ajoutez la culotte de protection par dessus. Assurez-vous bien que rien ne déborde de la culotte de protection, les fuites sont souvent dues à une culotte de protection mal positionnée.

Pour ceux que les deux premières étapes auraient déjà démotivé, sachez qu’il existe des couches lavables où il suffit de glisser la bande absorbante. Ça coûte plus cher mais c’est plus pratique.

3- Lors du change, retirez le voile souillé par les selles et jetez-le dans les toilettes.

4- Si, malgré la feuille de protection, la couche est souillée en profondeur, retirez le résidu sous l’eau. Les couches pré-rincées peuvent ensuite être stockées dans un seau fermé rempli d’eau à laquelle vous aurez ajouté 3 à 5 gouttes d’huiles essentielles de lavande ou d’arbre à thé (tea tree) qui constituent de puissants désinfectants naturels. L’eau devra être changée si vous stockez les couches plus de 4 jours. Il n’est pas nécessaire de laver les culottes de protection à chaque change ; vous pouvez les aérer en attendant une prochaine utilisation ou les rincer à l’eau.

5- Vous pouvez laver les couches à 40 °C, avec le reste de votre linge. N’utilisez pas d’adoucissant ou de blanchisseur, ces produits diminuent la capacité d’absorption des couches et doublures. Notez par ailleurs que lorsque vous achetez des couches lavables, vous devez les laver au moins 2 à 3 fois avant de les utiliser pour la première fois, sinon elles n’absorberont rien. Plus vous les laverez, plus elles seront absorbantes.

Ainsi, après analyse du temps consacré aux activités en relation avec le change de bébé [1], « il apparaît que, contrairement aux préjugés, le temps consacré à l’entretien des couches en tissu n’est pas tellement plus important que celui consacré à l’achat et l’évacuation des couches jetables ».

3. Au niveau du porte-monnaie

L’étude comparative du coût des différents modes de change a été très sérieusement réalisée par Anne-Sophie Ourth [2]. Pour cette analyse, elle a comparé les coûts liés d’une part aux couches lavables et d’autre part aux couches jetables, de la naissance jusque la propreté, soit jusqu’à 2,5 ans. Considérant que le nombre de changes est plus élevé dans le cas des couches lavables car les parents hésitent moins à changer leurs enfants, elle a évalué à 5 840 le nombre de couches lavables consommées jusqu’à la propreté, contre 4 380 couches jetables.

Rien n’a été laissé au hasard dans les calculs ; les coûts totaux tiennent compte :

- pour les couches lavables, du coût des couches et accessoires, du savon, de l’énergie et de l’eau nécessaires pour la lessive mais aussi de l’amortissement de la machine à laver le linge,

- pour les couches jetables, du coût d’achat des couches mais aussi des sacs poubelle.

Après étude de diverses hypothèses (utilisation des couches lavables par plusieurs enfants de la fratrie, achat de couches réutilisables et jetables de qualité différente, nombre de couches lavables utilisées pour le roulement…), Anne-Sophie Ourth conclue [3] : « pour un achat très confortable de couches lavables, en changeant fréquemment l’enfant, pour un seul enfant, sans chercher à valoriser les couches à peine usées qui pourraient facilement être vendues, le coût total s’élève à 780€. Pour une consommation raisonnée de couches jetables, avec des couches bon marché, en changeant l’enfant un minimum de fois par jour, sans compter les frais liés aux déplacements pour acheter les couches et les soins pour prévenir et traiter les irritations, le montant total s’élève à 831€. Il apparaît donc que la solution la plus économique en couches jetables a un coût supérieur à une solution confortable en couches lavables, même pour un seul enfant ».

4. A l’échelle de la planète

Pour un seul enfant, les couches jetables représentent :

- 4,5 arbres,

- 25 kilogrammes de plastique obtenus avec 67 kilogrammes de pétrole brut,

- 4 500 couches jetées aux ordures ménagères, partiellement décomposables en plus de 200, voire 500 ans,

- 820 kilogrammes de déchets.

La fabrication des couches jetables nécessite beaucoup d’énergie et l’eau rejetée après la production de la cellulose est fortement chargée en polluants chimiques. Mais laver (et éventuellement sécher au moyen d’un sèche-linge) des couches presque quotidiennement augmente relativement la consommation d’eau et d’électricité... et ce n’est ni économique, ni écologique ! Autant d’éléments à prendre en considération et qui ne permettent de trancher facilement entre les deux types de couches pour choisir le moins polluant !

Différentes études ont tenté d’évaluer l’impact environnemental de ces deux types de change tout au long de leur cycle de vie. Selon le cabinet d’études Best Foot Forward [4], l’empreinte que laisse un enfant à cause des couches est estimée entre 4 440 et 8 000 m² s’il a consommé des couches jetables, 1 800 et 2 300 m² s’il a utilisé des couches lavables lavées à domicile. L’analyse réalisée par Lehrburger, Mullen et James [5], même si elle est à relativiser du fait de son ancienneté, conclue également à un éco-bilan plus positif des couches lavables, en considérant l’extraction des matières premières, les consommations d’énergie et d’eau et la production de déchets solides.

Ainsi, si on opte pour des couches lavables réalisées à base de matières textiles issues de l’agriculture biologique, que l’on les lave avec des lessives “vertes” et que l’on les laisse sécher à l’air libre, l’impact des couches réutilisables est bien moindre que celui des couches jetables.


5. Et pour les fesses de bébés

Les couches jetables nous garantissent « un bébé au sec ». Malheureusement, pour cela, la couche est gorgée de produits chimiques et doublée de plastiques étanches, qui interdisent à la peau de respirer. A l’opposé, il est admis que les couches lavables, fabriquées en tissu et totalement dépourvues de produits chimiques ajoutés, laissent respirer la peau de bébé mais conservent une certaine humidité. Quelles sont donc les conséquences pour les fesses de nos enfants ?

Il est unanimement reconnu que les irritations sont principalement causées par l’humidité sur la peau de bébé. Mais la chaleur, la décomposition de l’urine en ammoniaque et surtout les bactéries jouent également un rôle majeur. Un seul moyen pour neutraliser ces effets : changer souvent la couche, ce que les couches jetables n’incitent pas à faire, principalement car elles semblent sèches, mais aussi à cause de leur coût et l’envie de réduire les gaspillages.

Malgré l’humidité que certaines couches réutilisables peuvent maintenir, il semble qu’elles permettent, du fait de l’aération de la peau qu’elles favorisent, de protéger les fesses de bébé des fameux érythèmes fessiers. Par ailleurs, la sensation d’humidité qu’elles procurent à l’enfant lorsque elles sont mouillées n’est pas sans intérêt. En lui permettant de ressentir le moment où il est en train d’uriner, les couches lavables favorisent la propreté de bébé. Il est reconnu qu’un enfant qui porte des couches réutilisables est en moyenne propre plus tôt. En 1961 alors que le lange en coton était le plus répandu, 90 % des enfants étaient propres à 2,5 ans ; en 1997, ils n’étaient plus que 22 %.

Les couches jetables, fermées par une culotte plastique occlusive, seraient par ailleurs responsables d’une élévation de la température au niveau des bourses des petits garçons. En bloquant le mécanisme physiologique de refroidissement des testicules, les couches jetables soumettraient les bourses à une température plus élevée (en moyenne d’un degré) et ne permettraient pas qu’elles se développent normalement. Ce phénomène pourrait être une cause de stérilité.

Enfin, même si les couches jetables sont testées dermatologiquement, il est toujours possible que votre bambin présente des réactions allergiques. Celles-ci peuvent être produites par les lotions et autres parfums incorporés à la couche mais également par les produits chimiques qu’elle contient. Différentes études font état de la présence de TBT [6] ou de composés organiques volatiles nocifs dans les couches jetables. Le blanchiment au chlore des couches jetables génère par exemple de la dioxine dont on trouve des traces dans les couches elles-mêmes. Sous l’appellation “dioxine”, on retrouve pas moins de 200 molécules chlorées, dont 17 sont réputées toxiques. Absorbées par la peau, les molécules de dioxine se concentrent dans les cellules graisseuses où elles peuvent séjourner pendant près de 30 ans. Or, l’Organisation Mondiale de la Santé a reconnu qu’il s’agissait de substances cancérigènes à long terme.

Selon Anne-Sophie Ourth [7], « il n’existe à l’heure actuelle aucune étude prouvant que ces substances, dans les concentrations rencontrées, sont nocives pour la santé des enfants. Cependant, la nature cancérigène de certaines et les effets négatifs d’autres sur l’environnement ou la santé devraient conduire à prendre des précautions quant à l’utilisation de ces couches. Si rien ne prouve la toxicité de ces produits dans les couches, aucune étude suffisamment longue ne prouve non plus leur innocuité (…) Le sage principe de précaution devrait inciter à ne pas mettre les enfants en contact permanent durant les 2 premières années de leur vie avec ces produits potentiellement dangereux pour leur santé ».

6. En guise de conclusion...

Les avantages des couches lavables sont nombreux ; ils sont aussi bien économiques, écologiques que sanitaires. Pour autant, il est indéniable qu’il demeure des inconvénients. L’entretien peut, dans une certaine mesure, être contraignant. Aussi, pour ceux et celles que le nettoyage des couches lavables rebute foncièrement, sachez que les services de location et lavage de couches, avec ramassage à domicile ou sur le lieu de travail, fleurissent un peu partout.

Par ailleurs, comme l’usage des couches réutilisables peut s’avérer parfois difficile, notamment lors des sorties ou en voyage, rappelons qu’il existe quelques fabricants qui produisent des couches jetables plus écologiques, biodégradables et sans capteurs chimiques nocifs. Une bonne alternative aux couches jetables classiques !

7. Pour aller plus loin

« Les couches lavables constituent une alternative moderne, écologique et économique aux couches jetables » par Anne-Sophie Ourth

Couverture Les couches lavables ça change tout

« Les couches lavables ça change tout » par Christelle Beneytout aux éditions La Palge


Notes

[1] « Les couches lavables constituent une alternative moderne, écologique et économique aux couches jetables » par Anne-Sophie Ourth, thèse annexe présentée en vue de l’obtention du grade de docteur en environnement, Faculté universitaire des sciences agronomiques de Gembloux (Belgique), 2003, p.4

[2] Ibidem, pp.5-8

[3] Ibidem, p.7

[4] « Sharing nature’s interest : using ecological footprints as an indicator of sustainability » par Nicky Chambers, Craig Simons et Mathis Wackernagel aux éditions Earthscan Publications, 2001

[5] « Diapers : environmental impacts and lifecycle analysis » par Lehrburger, Mullen et James, janvier 1991

[6] Le tributylétain (TBT) est un composé organique de l’étain reconnu comme un perturbateur endocrinien.

[7] « Les couches lavables constituent une alternative moderne, écologique et économique aux couches jetables » par Anne-Sophie Ourth, p.10

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