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Vous attendez bébé… Surveillez-vous pendant toute votre grossesse !
Vous attendez bébé… Surveillez-vous pendant toute votre grossesse !
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26 mai 2011
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Bien-être et santé, 172 articles (Magazine Santé)

Bien-être et santé

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Vous attendez bébé… Surveillez-vous pendant toute votre grossesse !

Vous attendez bébé… Surveillez-vous pendant toute votre grossesse !

Même quand la grossesse ne pose a priori aucun problème, examens, analyses et précautions sont indispensables tout au long de ces 9 mois. Pour la santé de la mère comme de l’enfant.

La grossesse n’est pas une maladie, mais une surveillance régulière s’impose tout de même. Au premier trimestre, sauf problème connu avant la mise en route du bébé, une seule consultation médicale suffit, mais elle est importante pour calculer la date d’accouchement et… pouvoir vous inscrire très tôt dans une maternité.

Quelles analyses ?

Le gynécologue procède tout d’abord à un petit interrogatoire : Votre âge ? Un de vos parents est-il diabétique, cardiaque ? Existe-t-il dans votre famille ou celle du futur père des maladies héréditaires d’origine génétique ? Le but : savoir si votre grossesse est à risque et doit faire l’objet d’une attention particulière ou pas.
Ensuite, après un examen général (pesée, mesure du bassin, prise de tension artérielle, auscultation cardiaque et pulmonaire) et gynécologique (examen des seins, du col et du corps de l’utérus, frottis de dépistage et si nécessaire prélèvements des sécrétions vaginales), il vous prescrira des examens de laboratoire.

  • Analyse d’urine

Elle permet de rechercher la présence de sucre pour dépister un diabète éventuel, et d’albumine (on dit maintenant protéines) qui peut être le signe d’une hypertension artérielle, d’une infection urinaire, d’anomalies rénales.

  • Analyse de sang

Elle détermine votre groupe sanguin et le rhésus, et permet de vérifier votre protection contre certaines maladies à risque pour le fœtus.


- Rubéole : si vous n’avez pas eu la maladie ou n’avez pas été vaccinée dans l’enfance, vous n’êtes pas immunisée, or cette maladie contagieuse est très grave pour le fœtus (malformations). Il faudra surveiller durant toute la grossesse.
- Toxoplasmose : si vous n’avez pas d’anticorps protecteurs, une prise de sang par mois est nécessaire pour vérifier, car la maladie, qui passe souvent inaperçue, entraîne chez le fœtus, surtout en début de grossesse, des lésions cérébrales gravissimes, voire mortelles. Pour éviter le parasite responsable : lavez-vous régulièrement les mains après avoir manipulé de la viande crue ou jardiné, rincez fruits et légumes, cuisez bien la viande et pas de contacts avec les chats ni leur litière.
- Virus HIV (sida) : ce test, non obligatoire, est vivement recommandé et accepté par plus de 90 % des femmes enceintes. En cas d’infection, le traitement pendant la grossesse permet dans 99 % des cas de ne pas transmettre le virus au bébé.
- Hépatite B : cette infection virale se transmettant facilement au bébé, un test est recommandé un peu plus tard, au sixième mois. Si vous êtes porteuse du virus sans que la maladie soit déclarée, votre bébé pourra être vacciné juste après l’accouchement.


Trois échographies

Indispensables aussi pour vérifier le développement du fœtus, du placenta et du cordon, et dépister un éventuel problème : les échographies. Contrairement aux radiographies, formellement contre-indiquées et réalisées seulement en cas d’absolue nécessité, avec un tablier de plomb sur l’abdomen pour protéger le bébé, les échographies, qui utilisent les ultrasons, sont sans danger pour le fœtus. Si la grossesse se déroule normalement, trois suffisent, remboursées par la Sécurité sociale.

  • La première, entre la 12e et la 14e semaine d’aménorrhée, c’est-à-dire 12 à 14 semaines après le début des dernières règles, permet de dater la grossesse à 3 ou 4 jours près, de déterminer le nombre de fœtus et de déceler certaines anomalies.
  • La deuxième, entre la 22e et la 24e semaine d’aménorrhée (5e mois), sert à examiner et mesurer les différents organes, avec une attention particulière pour le cœur, les membres et la tête, observer le comportement du fœtus, analyser les échanges mère/enfant et permet ainsi de prendre en charge tôt les anomalies détectées.
  • La troisième, dite du « bien-être fœtal », est réalisée au 3e trimestre, en général entre la 32e et la 34e semaine d’aménorrhée. Le médecin passe en revue tous les organes, mesure à nouveau le bébé et vérifie son bon développement.


Amniocentèse après 38 ans

Que penser des échographies 3D-4D, qui donnent une image plus nette que l’échographie 2D classique et en volume, et sont proposées en « souvenir » par des sociétés commerciales ? La plupart des gynécologues mettent en garde contre ces pratiques et recommandent par précaution de ne pas soumettre inutilement le fœtus à ce type d’examens. Beaucoup plus utile, et possible à partir de 13 ou 14 semaines d’aménorrhée, l’amniocentèse consiste à prélever du liquide amniotique via l’abdomen et à l’analyser afin de dépister des anomalies génétiques (trisomie 21), dont le risque s’élève avec l’âge. Mais, compte tenu du petit risque de fausse couche, cet examen n’est pas systématique. Il est fortement recommandé, et remboursé, aux femmes de plus de 38 ans, et indiqué chez les femmes plus jeunes ayant un risque particulier (antécédents médicaux, signes à l’échographie par exemple).

Attention à la tension

Même si le médecin trouve qu’a priori tout va bien, ne relâchez pas la surveillance. Une prise de tension mensuelle, et plus souvent en cas de problème, est nécessaire. Certaines femmes développent une hypertension pendant leur grossesse, soit en continu au fil des mois, soit au cours du troisième trimestre, un vrai danger pour la mère et l’enfant (accouchement très prématuré, décès même) si elle n’est pas traitée. Une analyse d’urine, également chaque mois, permet de continuer de surveiller les taux de sucre et d’albumine.

Pas d’alcool !

L’hygiène alimentaire a également une grande importance tout au long de la grossesse. Tout d’abord pour éviter une toxi-infection comme la toxoplasmose ou, plus rare, la listériose, transmise par des aliments d’origine animale ou par contact avec un animal contaminé. La maladie, qui évoque un syndrome grippal, passe généralement inaperçue et fait courir de gros risques au fœtus.

Prenez donc quelques précautions : évitez produits de la mer crus, poissons fumés, viandes et poissons crus, charcuteries, germes de soja crus, fromages au lait cru non pasteurisé, retirez la croûte de tous les fromages et désinfectez régulièrement votre réfrigérateur.

Autre sage précaution : supprimez complètement l’alcool. C’est prouvé aujourd’hui, même des quantités modérées d’alcool favorisent la prématurité et un petit poids de naissance et ce risque augmente rapidement à partir de 2 verres de vin par jour. Enfin, limitez les aliments trop caloriques. Le surpoids ou l’obésité maternelle multiplie les risques d’hypertension, de diabète, d’accidents thrombo-emboliques et de césarienne. Il ne s’agit pas de manger pour deux, mais de manger deux fois mieux que d’habitude ! Une alimentation saine, variée et équilibrée a une influence directe sur la santé de bébé : elle lui assure un bon développement physique et mental. Un argument… de poids.

Soleil et masque

En été, ne vous exposez pas au soleil, évitez absolument la tranche 12-16 heures et protégez-vous consciencieusement (écran total, chapeau, ombre). Sous l’effet des hormones, la peau est en effet fragilisée et un masque de grossesse inesthétique, ou chloasma, peut apparaître sur le visage. Or, ces plaques hyperpigmentées ne disparaissent pas toujours totalement après l’accouchement. Prudence !

Sophie Albanel


Les signes d’alerte

Ils doivent vous faire consulter immédiatement.

  • Douleurs abdominales persistantes ou violentes. À distinguer des petits tiraillements et des pesanteurs au début de la grossesse et des contractions annonçant l’accouchement.
  • Pertes de sang, abondantes ou non, rouge brun ou noires, accompagnées ou non de crampes. Peuvent annoncer une anomalie du placenta ou du développement de l’enfant, ou un début de fausse couche.
  • Disparition ou diminution des mouvements du bébé. Révélatrice d’un problème grave au niveau du placenta ou du liquide amniotique, par exemple.
  • Brûlures en urinant. Il peut s’agir d’une simple cystite, mais aussi d’une infection urinaire sérieuse qui, sans traitement, peut léser les reins et provoquer un accouchement prématuré.
  • Gonflement soudain du visage, des doigts, du corps, avec vision floue, maux de tête violents, bourdonnements… Il y a urgence, tension trop élevée et protéinurie peuvent être mortelles pour la mère comme pour le fœtus.

Conseils d’expert :

Pr René Frydman, service de gynécologie-obstétrique à l’hôpital Antoine-Béclère, Clamart*.

Et les voyages lointains ?

« Si tout va bien et sauf avis contraire du médecin, il n’est pas interdit de voyager pendant la grossesse. Le deuxième trimestre est le plus propice : les risques de fausse couche sont passés, ceux d’un accouchement prématuré loin encore. Il est toutefois déconseillé de voyager dans les pays tropicaux en raison de la gravité du paludisme, des risques infectieux (fièvre jaune, dengue, chikungunya, parasitoses) et des conditions sanitaires. En avion, pour minimiser le risque thromboembolique quand le voyage est long, mobilisez régulièrement vos jambes en vous levant, en vous massant, en vous étirant. Le port de bas de contention est obligatoire. Et n’oubliez pas de vous hydrater correctement. »

• Auteur de Médicaments et grossesse et Environnement et grossesse, éd. Hachette pratique, 2011, 6,50 Euros chacun.


L’avis du pharmacien : Médicaments autorisés

  • En cas de nausées ou de vomissements au cours du premier trimestre de la grossesse : anti-nauséeux classiques ou homéopathiques.
  • Pour la constipation, également fréquente : suppositoires à la glycérine et, si le problème persiste, laxatifs à condition qu’ils soient doux.
  • Pour les douleurs (maux de tête en début de grossesse surtout, lombalgies dues à la posture cambrée) : paracétamol, mais ni aspirine ni anti-inflammatoires, toxiques pour le fœtus. Évitez les médicaments associant du paracétamol à de la codéine ou de la caféine, dangereux en fin de grossesse.
  • Si vous dormez mal les derniers mois : homéopathie et phytothérapie. Les comprimés de doxylamine, sans ordonnance, sont contre-indiqués et la famille des benzodiazépines proscrite. Quand les troubles du sommeil sont dus au stress et à l’inquiétude, un tranquillisant peut être utile, mais ne prenez rien sans l’avis de votre médecin, car certaines molécules sont incompatibles avec la grossesse.

À lire

En attendant bébé…, Carley Roney, éditions Hachette pratique, 2011, 16 Euros

Numéro Mai 2011

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Cet article est extrait en exclusivité du magazine Bien-être & Santé - Tous droits réservés
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