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Prothèses mammaires PIP : Un scandale à échelle mondiale
Prothèses mammaires PIP : Un scandale à échelle mondiale
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22 décembre 2011 | 1 commentaires
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Léa Belleval, 97 articles (Rédacteur)

Léa Belleval

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Prothèses mammaires PIP : Un scandale à échelle mondiale

Prothèses mammaires PIP : Un scandale à échelle mondiale

Alors que 30 000 femmes porteuses de prothèses PIP attendent, dans l’hexagone, un plan d’action du gouvernement qui devrait être dévoilé avant Noël, l’affaire des implants mammaires défectueux s’étend au reste de la planète. Au Royaume-Uni, pas moins de 250 femmes porteuses de ce type de prothèses ont porté plainte contre six des cliniques ayant pratiqué les mammoplasties. En Amérique du Sud, paradis de la chirurgie esthétique, les implants avaient été vendus en nombres par la société varoise PIP dans plusieurs pays, avant d’être interdits en 2010. En Suisse, 280 porteuses PIP ont été recensées. En Allemagne et en Espagne, la vigilance a été décrétée par les autorités sanitaires… une position qui pourrait être adoptée par l’Italie, le Suède, la Belgique, les Pays-Bas, le Portugal, l’Iran, la Turquie, Israël, la Syrie, les Emirats, l’Australie, la Thaïlande, le Japon, Singapour et la Chine et plusieurs pays d’Europe de l’est… Autant de territoires sur la carte du monde qui ont été fournis par la société PIP.

Patrick Baraf, chirurgien plastique et esthétique, se rappelle de Jean-Claude Mas, fondateur et PDG de Poly Implant Prothèse (PIP). Et c’est au micro d’Europe 1 qu’il a livré son témoignage : « Il était charcutier et puis il s’est mis à faire des prothèses mammaires, et il a monté un laboratoire à Toulon en 1991 ». Dans la décennie qui a suivi, l’ancien vendeur de jambon n’a pas eu à regretter d’avoir troqué son tablier de charcutier contre sa blouse de fabricant de prothèses mammaires : Il lui a suffi de quelques années pour devenir le numéro trois mondial de la spécialité, s’étendant jusqu’au Moyen Orient et en Asie. C’est au début des années 2000, avec l’arrivée de concurrents plus incisifs, que Jean-Claude Mas se serait tourné vers le silicone industriel, moins cher que celui qui est normalement réservé à l’usage médical.

Le bricolage proposé par PIP est dès lors constitué d’une coque en silicone sujette aux ruptures remplie d’un gel non conforme à celui autorisé et irritant. Le subterfuge tient le temps de renflouer un peu les caisses, mais en 2007 c’est le début de la fin : De l’autre côté de la Manche, suite à la plainte d’une centaine de britanniques, la société PIP est condamnée en justice pour "prothèses jugées défectueuses". En Amérique du Sud, terre traditionnellement favorable à la chirurgie, et qui représentait plus de la moitié des ventes totales de PIP dans la fin des années 2000, les autorités sanitaires de différents pays interdisent les unes après les autres les prothèses PIP au tournant de 2010 : Chili, Venezuela, Brésil, Colombie, Argentine…

La société de Jean-Claude Mas est en liquidation judiciaire la même année. Et c’est en France que l’affaire prend une tournure résolument grave : Une quinquagénaire est décédée le mois dernier des suites d’un lymphome des glandes mammaires, et les soupçons portent fortement sur les implants défectueux de la société PIP. Outre l’inquiétude qui gagne les 30 000 femmes françaises porteuses de ce type de prothèses, l’affaire touche à nouveau le Royaume-Uni, où l’on recense de 40 000 à 50 000 porteuses de prothèses PIP.

Et si 250 des personnes intéressées ont porté plainte, l’Agence britannique de surveillance des produits de santé (MHRA) estime pour l’heure qu’il n’y a aucune preuve d’un lien éventuel entre les prothèses en question et l’apparition d’un cancer. Il est vrai que le Royaume-Uni, contrairement à la France, dispose depuis 1993 d’un registre des prothèses mammaires en silicone qui autorise un suivi des problèmes sanitaires liés à ces implants, en évaluant ainsi l’apparition d’éventuels problèmes de santé. Suzanne Ludgate, porte-parole de la MHRA a d’ailleurs estimé sur la BBC que « les femmes concernées ne doivent pas paniquer. Nous avons mené de très nombreux tests chimiques de génotoxicité et nous n’avons trouvé aucune preuve de leur toxicité ».

Il n’est pas certain que ce ton rassurant soit de mise en France, où 2 000 plaignantes ont laissé éclaté leur colère. Et selon leur avocate, Esyllt Hughes, « les poursuites sont engagées contre les cliniques ». ll y a de fortes chances pour que le ministre de la Santé Xavier Bertrand, qui devrait s’exprimer vendredi dans la journée, s’aligne sur la position du Professeur Laurent Lantieri, membre du comité de suivi ministériel dans l'affaire des prothèses PIP, et celle du directeur général de la Santé, favorables à un retrait des implants chez les femmes porteuses de l’hexagone. Ce "plan d’action" sera-t-il suivi, à des degrés variables, dans chacun des 65 pays où Jean-Claude Mas a pu vendre son silicone industriel ?
 

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Commentaires
2 votes
(IP:xxx.xx8.90.112) le 24 décembre 2011 a 17H02
 (Visiteur)

Dans cette société marchande tout se joue sur les deux tableaux, une façon de faire 2x plus d’argent, on pose les implants, une première facture, on retire les implants, une seconde facture, la chirurgie « esthétique » n’est pas épargnée par les intérêts du capitalisme et par l’obsolescence programmée, ne soyez pas naïves, ce temps est révolu.