L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a rendu son verdict
dans la controverse liée aux contraceptifs dernier cri, et qui secoue
actuellement la France. L’autorité, qui estime que « la délivrance des
pilules de 3ème et 4ème génération est excessive,
en raison notamment du risque trombo-embolique associé », propose leur
prescription soit réservée à des spécialistes. Les médecins jugent
toutefois cette décision de nature à créer « une restriction de l’accès à
la contraception ». Une trentaine de femmes seraient prêtes à saisir la
justice. Des concertations, qui ont lieu entre les différents acteurs
de santé, devraient se poursuivre dans les prochains jours.
Serait-ce le scandale de l’hiver ? Les contraceptifs de 3ème et 4ème génération, apparus au début des années 2000 avec un dosage hormonal modifié, étaient censés faire moins grossir et donner moins d’acné que leurs prédécesseurs. C’était sans compter sur des effets secondaires. En 2007, déjà, la Haute autorité de santé pointait pour ces nouvelles pilules un risque de complications thrombo-veineuses, c’est à dire une altération de vaisseaux sanguins, deux fois plus important que pour les anciens contraceptifs.
Le 14 décembre dernier, Marion Larat, handicapée à 65% suite à un AVC survenu en 2006, a porté plainte contre Bayer. Elle est convaincue que son état est du à une pilule de 3ème génération proposée par le laboratoire. Depuis, trente autre femmes se disent prêtes à en faire de même. La ministre de la Santé Marisol Touraine a certes annoncé la fin du remboursement par la Sécurité sociale de ces pilules dernier cri, qui pourrait intervenir le 30 septembre de cette année, mais la tournure de l'affaire suscite d'amples discussions.
L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) aimerait ainsi limiter la prescription de la pilule de 3ème génération aux spécialistes que sont notamment les gynécologues et les endocrinologues. Et c’est en ce 2 janvier qu’une concertation a été lancée avec les professionnels pour aborder le sujet. Près de 2 millions de femmes font actuellement appel à la contraception de 3ème génération. Ce qui, aux dires de Dominique Maraninchi, directeur de l’ANSM, représente une « sur-consommation ». L’intéressé devrait se prononcer davantage sur ces pilules le 14 février prochain, date à laquelle l’agence tiendra un séminaire sur le sujet.
En attendant que toute la lumière soit faire sur ces contraceptifs, il y a tout de même de quoi rassurer les utilisatrices de la pilule de 3ème et 4ème génération. Cité dans les colonnes du Parisien, le gynécologue Sylvain Mimoun affirme ainsi que « les femmes qui prennent ces pilules depuis plus d’un an sans avoir eu de problème ni aucun effet secondaire peuvent continuer sans crainte. Car les problèmes de thrombose se manifestent dans les premiers mois qui suivent le début de la prise du contraceptif ».