Accueil du site
> Femmes & Grossesses > Vérité sur...
Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Peut-on prendre des antidépresseurs pendant la grossesse ?
Peut-on prendre des antidépresseurs pendant la grossesse ?
catégorie
note des lecteurs
date et réactions
22 février 2012 | 1 commentaires
Auteur de l'article
Pr. Antoine Pelissolo, 41 articles (Psychiatre)

Pr. Antoine Pelissolo

Psychiatre
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
41
nombre de commentaires
0
nombre de votes
3

Peut-on prendre des antidépresseurs pendant la grossesse ?

Peut-on prendre des antidépresseurs pendant la grossesse ?

Beaucoup de femmes bénéficiant d’un traitement antidépresseur depuis plusieurs mois, et souhaitant avoir un bébé, se posent légitimement la question.

De même, des femmes enceintes rencontrant des problèmes de dépression et d’anxiété importants peuvent être amenées aussi à cette interrogation. Aujourd’hui, il est clair que la réponse générale à cette question est positive : il est possible de prendre un antidépresseur pendant la grossesse, quand cela est absolument nécessaire bien sûr. Plus qu’à toute autre période, les patientes enceintes souhaitent initialement éviter de prendre tout médicament, et c’est naturellement la meilleure solution quand cela est possible. Mais les risques liés à une prise d’antidépresseurs pendant la grossesse sont, dans l’ensemble, bien connus et ils sont réellement très minimes.

Les risques de malformation, qui existent lors de toute grossesse, ne sont pas du tout ou seulement très marginalement augmentés avec la plupart des antidépresseurs. En revanche, ne pas traiter ou arrêter le traitement d’un état dépressif sévère ou d’un trouble anxieux intense (TOC, attaques de panique, etc.) peut exposer à des rechutes graves et donc à une perturbation majeure de la grossesse, délétère pour l’état de santé et le bien-être de la mère et parfois du bébé. La décision doit bien sûr être prise en étroite concertation entre la patiente et le médecin qui s’occupe d’elle, car ce sont toujours des choix individuels.

Parmi les antidépresseurs les plus courants qui peuvent être pris à tous les stades de la grossesse (et donc même au moment de la conception), on peut citer la sertraline (Zoloft), l’escitalopram (Séroplex), le citalopram (Séropram), la venlafaxine (Effexor) et la fluoxétine (Prozac). La paroxétine (Déroxat), est plutôt déconseillée durant les 3 premiers mois de la grossesse, même si ce risque n’est pas vraiment démontré. Parmi les antidépresseurs plus anciens, et parfois plus actifs dans les dépressions sévères, on peut aussi prescrire la clomipramine (Anafranil) ou l’imipramine (Tofranil).

L’anesthésiste et l’obstétricien doivent être prévenus du traitement en cours lors de l’accouchement, mais sans l’arrêter. Avec certains antidépresseurs, une surveillance un peu plus rapprochée du bébé peut être nécessaire dans les premières heures, mais sans gros problèmes à craindre. La phase du « post-partum » (jours suivant l’accouchement) étant la plus sensible pour les mères ayant des antécédents dépressifs ou anxieux, il est tout particulièrement nécessaire de conserver le traitement à cette période. Ceci peut avoir un certain impact sur les possibilités d’allaitement, plusieurs antidépresseurs étant contre-indiqués car ils passent dans le lait maternel. Si la mère souhaite malgré tout allaiter, le choix doit alors se porter vers la sertraline, la paroxétine ou la clomipramine.

Il est donc possible de vivre une grossesse dans de très bonnes conditions malgré des antécédents de troubles émotionnels. A noter cependant que ce qui précède ne concerne que la classe des antidépresseurs, et donc pas les autres psychotropes (anxiolytiques, somnifères, thymorégulateurs, antipsychotiques) qui posent des problèmes différents à examiner spécifiquement.

Pr Antoine PELISSOLO, psychiatre
Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
Commentaires
0 vote
par Docteur David Vincent (IP:xxx.xx9.86.37) le 25 février 2012 a 18H23
Docteur David Vincent, 74 articles (Médecin généraliste)

On peut aussi vivre dans un monde sans antidépresseurs. Il y a des tas de solutions naturelles. Evidemment je parle du tout venant dans mon cabinet, et je ne suis pas une professionnelle de la psychiatrie.