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Mycoses vaginales, halte aux récidives !
Mycoses vaginales, halte aux récidives !
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23 novembre 2011
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R. Bartet, 52 articles (Journaliste )

R. Bartet

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Mycoses vaginales, halte aux récidives !

Mycoses vaginales, halte aux récidives !

Démangeaisons, pertes, douleurs à la miction ou lors de rapports sexuels…la mycose vaginale est facilement identifiable par près des 75% des femmes qui l’ont déjà expérimentée ! Très fréquente, puisqu’elle représente 20% des examens pratiqués en laboratoire d’analyses médicales, et plutôt bénigne, la mycose vaginale n’en est pas moins handicapante, surtout lorsqu’elle est récidivante. Zoom sur cette affection bien connue des gynécologues, le point sur ses facteurs de risques et les principaux traitements pour en venir à bout.

Presque toutes les femmes, quelque-soit leur âge, ont eu, ont, ou auront une mycose vaginale au moins une fois dans leur vie ! Le coupable est un hôte naturel qu’accueillent la plupart des femmes, sans même le savoir ou connaître son nom. Le candida albicans est un champignon de la famille des levures, très répandu dans notre corps et notamment présent au cœur du vagin, mais aussi de la cavité buccale ou de la peau. Il peut affecter n’importe quelle partie de l’organisme, parfois sans que l’on en ressente de symptômes. Sa contamination résulte bien souvent d’une modification de la composition microbienne de la flore vaginale. Cette barrière protectrice essentielle de la muqueuse vaginale est en effet garante du bon équilibre de la région. Or, une fois fragilisée ou mise à mal par différentes modifications hormonales, la voilà inapte à lutter contre la survenue d’infections génitales, dont la mycose est la forme la plus répandue.
 

Divers facteurs de risques

Grossesse, ménopause, période prémenstruelle ou allaitement peuvent être certains de ces changements, fréquents à différentes périodes de la vie d’une femme. Des maladies endocriniennes, un diabète mal équilibré, le Sida ou des virus peuvent également favoriser la survenue de mycoses vaginales. D’autres facteurs de risque entrent directement en ligne de compte, c’est le cas de la prise d’antibiotiques ou de certains traitements (corticoïdes et immunosuppresseurs notamment). Enfin, l’agression chimique des savons et gels douches trop acides ou du chlore des piscines n’est pas sans conséquence dans l’apparition des mycoses vaginales. Stress, tabac et contraception hormonale sont quant à eux incriminés, sans que leurs liens avec le développement de l’affection ne soient directement prouvés.
 

Gêne et douleurs, la consultation s’impose

Quelles qu’en soient les causes, les symptômes cliniques de la mycose sont souvent les mêmes : démangeaisons et irritation permanente de la vulve et de l’entrée du vagin, pertes blanches et épaisses, brûlures lors de la miction et douleurs durant les rapports sexuels en raison d’une insuffisante lubrification. Les mycoses, si elles peuvent se transmettre lors d’un rapport sexuel, ne sont pourtant pas des maladies à caractère sexuellement transmissibles. Elles peuvent aussi bien toucher aussi les femmes sexuellement actives que les jeunes filles ou les femmes vierges.
 

Mycoses vaginales aigues ou récidivantes, deux diagnostics distincts 

Il faut toutefois distinguer deux formes de mycoses vaginales existantes, comme le précise le docteur Monique Pelisse, médecin dermatologue à Paris et auteur de l’ouvrage La Vulve - De la clinique au traitement*. « Parmi les formes les plus fréquentes de mycoses, on trouve les formes aigues ou subaigües qui apparaissent plutôt brutalement et provoquent de fortes brûlures, des démangeaisons et des pertes importantes. Elles se diagnostiquent généralement par un prélèvement, qui n’est d’ailleurs pas forcément positif. La seconde forme rencontrée est celle de la candidose récidivante chronique ou vulvite cyclique qui va récidiver, souvent avant l’arrivée du cycle menstruel, et donner de faibles démangeaisons, un fond de brûlure et de douleurs avec des symptômes moins importants que précédemment évoqués. Formes aigues versus formes latentes, l’essentiel, comme le rappelle le Dr Pelisse, est d’éviter l’automédication ou « l’ autocandidose ». Tout ce qui gratte n’est pas forcément mycose. Consulter un professionnel de santé reste primordial, car la réponse apportée ne sera pas identique selon les formes et les femmes. Une mycose récidivante doit également être diagnostiquée, car le traitement a pu être mal adapté ou insuffisant.
 

Ovules, gels, comprimés… des traitements au cas par cas

« Les traitements sont aujourd’hui plus courts qu’avant » note le Dr Pelisse. Les médicaments de la famille des antifongiques vont être utilisés, d’abord en application locale et sous forme d’ovules vaginaux, puis à l’aide de comprimés oraux en seconde intention. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande différents traitements dans la prise en charge des candidoses dont les imidazolés en antifongiques locaux, le flunocazole et l’intraconazole pour les mycoses aigues et récidivantes, ainsi que la clotrimazole en application unique. Un médicament plus fort et uniquement sur prescription médicale existe pour les formes récidivantes : le Triflucan de la famille des fluconazole. Le traitement des formes aigues repose sur une prise d’un à deux ovules à compléter par une application locale de crème. Les longs traitements sont réservés aux formes récidivantes, soit plus de 4 épisodes annuels dont 2 au moins ont été diagnostiqués par un prélèvement. Le traitement de fond le plus efficace reste le gel à utiliser en application locale en complément d’un ovule par semaine pendant 10 jours ou d’une de prise 5 jours par mois après les règles, plus rarement en continu.
 

Soulager les troubles, des moyens existent

Que l’on se rassure, « Les mycoses ne peuvent pas donner lieu à des complications  » précise le Dr Pelisse. Gênantes, invalidantes et parfois même bloquantes, leurs conséquences ont cependant des retentissements sur la vie sexuelle de certaines femmes, notamment celles qui connaissent les récidives fréquentes. Troubles de la libido, sécheresse vaginale et douleurs peuvent fréquemment revenir et ainsi entretenir un cercle vicieux. Le Dr Pelisse conseille des séances de relaxation périnéale réalisées à l’aide de biofeed back et de sondes et pratiquées par des kinésithérapeutes. On peut également utiliser des gels lubrifiants, ou encore avoir recours à l’hypnose. L’utilisation de probiotiques pour rééquilibrer sa flore vaginale et prévenir les récidives, notamment lors de la prise d’antibiotiques, peut également être une solution à privilégier. L’essentiel reste de communiquer au sein de son couple sur ce trouble, qui, une fois diagnostiqué et correctement traité, ne devrait rester qu’un mauvais souvenir !
 
* La vulve-De la clinique au traitement, Dr Monique Pelisse, paru en 2004 chez Med’Com, collection : Guide pratique de la dermatologie.
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